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mojtaba dadashi étudiant condamné fouet prison iranCSDHI - L'un des étudiants iraniens Mojtaba Dadashi, 23 ans, a été condamné à trois ans de prison et à 74 coups de fouet pour avoir partagé une vidéo sur les médias sociaux critiquant la République islamique comme étant « non islamique », a appris le Centre pour les droits de l'homme en Iran (CDHI).

« Ce jeune homme a été condamné à trois chefs d'accusation dans un procès à huis clos, simplement pour avoir publié une vidéo dans laquelle il a fait des critiques pendant quelques minutes », a déclaré une source informée du dossier de Dadashi, le 9 avril. « C'est totalement injuste. De toute évidence, le tribunal a pris une revanche politique ».

La source a poursuivi : « Mojtaba n'avait pas d'avocat car il pensait qu'il allait être acquitté. Il a seulement préparé une déclaration détaillée pour sa propre défense et a comparu devant le tribunal avec certains de ses professeurs. Mais on leur a dit que le procès était fermé au public et que les professeurs n'étaient pas autorisés à entrer ».

Dadashi était au dernier semestre de ses études de premier cycle en sciences politiques à l'Université Hakim Sabzevari de Sabzevar, dans la province du Khorasan Razavi, lorsqu'il a été arrêté le 13 février 2019, neuf jours après avoir posté la vidéo sur Twitter (puis retirée), puis sur l'application de messagerie Telegram.

Il a été libéré sous caution quatre jours plus tard.

« Ce régime n'est ni islamique, ni une république, ni un révolutionnaire », a déclaré Dadashi dans une vidéo s'adressant au Corps des gardes de la révolution islamique, branche d'élite de l'armée iranienne (c’est-à-dire les pasdarans) et aux membres de la force paramilitaire Basij. « Ce régime est dirigé par une minorité qui aspire le sang de ce pays depuis 40 ans ».

Dadashi a été accusé d'avoir « insulté l'ayatollah Ali Khamenei », de « propagande contre l'État » et d'avoir « insulté les responsables des trois branches de l'État ».

Tenu à huis clos à Sabzevar, le 16 mars 2019, le procès de Dadashi était présidé par le juge Mohammad Gholami.

« Ils lui ont rasé la tête et l'ont amené dans la salle d'audience avec des menottes aux poignets et aux chevilles », a déclaré la source, qui a requis l'anonymat pour des raisons de sécurité, au CDHI. « Il n'a fait que critiquer. Il n’a pas commis de délit ».

« Pour protester contre la procédure judiciaire, injuste, dans son affaire, il ne va pas faire appel », a ajouté la source. « S'il demande à faire appel, cela signifie qu'il approuve le processus judiciaire ».

Le 3 avril, jour où il a été informé du verdict, Dadashi a posté une autre vidéo condamnant sa condamnation comme une mesure allant à l'encontre de « la liberté et la justice ».

« Je suis traité de la pire façon, même si, dans le discours prononcé par le Guide suprême à Mashhad le 21 mars 2019, M. Khamenei a déclaré que les opposants à l'État sont libres de parler et que personne ne les causerait des ennuis », a déclaré Dadashi.

Il a ajouté : « J'invite M. Khamenei et tous les autres hauts responsables du pays à un débat ouvert… Je suis certain que les gens vont manquer de patience. Mon dos est prêt pour votre fouet ».

Dans un discours prononcé en mars 2018, Khamenei a faussement déclaré : « Personne sous la République islamique n'est poursuivi ou mis sous pression pour s'être opposé au gouvernement ».

CDHI a publié une vidéo sur certains des cas les plus connus de personnes condamnées à une peine de prison en Iran pour s'être opposées pacifiquement aux politiques de l'État.

Source : Le Centre pour les droits de l’homme en Iran