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amputation main condamnation iranCSDHI - Vingt-trois prisonniers reconnus coupables de vol croupissent dans la prison de Fashafoyeh, le Grand Pénitencier de Téhéran, attendant une amputation de la main. La main d'un des prisonniers doit être amputée dans les prochains jours.

L’un de ces prisonniers s’appelle Alireza Khan Baluchi et des informations indiquent que sa peine a été envoyée au Service d’exécution des peines.

Baluchi a été reconnu coupable de vol, il y a sept ans. Sa main doit être amputée alors qu'il a remboursé le bien volé.

Les enquêtes montrent que les prisonniers sont condamnés à l'amputation pour des délits mineurs. La plupart d’entre eux ont volé des biens d’une valeur de 5 à 10 millions de tomans (environ 270 à 530 Euros).

Les Iraniens sont condamnés à l'amputation pour des petits vol alors que la corruption de l’État est institutionnalisée au sein du régime.

Le procureur général de l’Iran a récemment critiqué le « faible nombre » de peines d’amputation en Iran en réponse aux condamnations des droits humains et l’a qualifié de « malheureux ».

Dans des commentaires rapportés par l’agence de presse officielle, Fars, Mohammad Jafar Montazeri a déclaré que les mains des voleurs devaient être amputées, mais que « malheureusement, pour ne pas être condamnés pour des questions relatives aux droits humains par les Nations Unies, nous avons abandonné certaines des lois divines ».

« L'une des erreurs que nous commettons est que nous avons peur de la propagande relative aux droits humains et que les organisations internationales chargées des droits humains puissent dire : Vous traitez les voleurs avec violence », a-t-il ajouté lors d'une réunion avec les commandants de police, le 16 janvier 2019.

Le procureur général iranien a également déclaré que les vols avaient augmenté en Iran par rapport à l’année dernière.

« Selon les statistiques du pouvoir judiciaire et de la police, le vol qualifié se situe malheureusement à la seconde place en terme de délits dans la société », a déclaré Montazeri, ajoutant que le vol représentait jusqu'à 28 % de tous les délits en Iran.

Le haut responsable judiciaire a critiqué le faible taux d’amputation, tout en reconnaissant que l’augmentation du nombre de vols qualifiés était due à la situation économique désastreuse de l’Iran.

Il a déclaré que le « chômage » et la « fermeture d'usines » se répandent dans la société en nombres très élevés.

La dernière amputation de la main rapportée en Iran a eu lieu le 18 janvier 2018. La victime était un homme de 34 ans, lequel a été identifié par son prénom, Ali.

L'amputation de la main a été réalisée à la guillotine, comme il est d'usage en Iran.

L'homme a été condamné à l'amputation pour vol de bétail et d'autres objets de valeur provenant de plusieurs villages de la province du Khorasan Razavi, dans le nord-est du pays.

Amnesty International a qualifié l'amputation de la main d’ « acte de cruauté choquant » dans un communiqué.

« Appliquer des châtiments si effroyablement cruels est à l’opposé de la justice, cela sert juste à souligner le mépris total des autorités iraniennes pour la dignité humaine. Une telle justice n'a pas sa place dans un système de justice pénale efficace », a déclaré à l'époque, Magdalena Mughrabi, directrice adjointe du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord pour Amnesty International.

En réponse aux manifestations généralisées à la suite de l’amputation, le chef du pouvoir judiciaire de Khorasan Razavi a déclaré que « l’amputation du voleur de moutons était une punition divine ».

La Fondation Abdorrahman Boroumand a indiqué qu'entre 2007 et 2017, les autorités iraniennes avaient prononcé au moins 215 condamnations à une amputation et effectué 125 amputations, dont au moins six ont été effectuées en public.

Selon Amnesty International, les autorités iraniennes ont toujours défendu l'amputation, qui constitue le meilleur moyen de dissuader les voleurs, regrettant qu'elle ne puisse être pratiquée en public et à grande échelle sans condamnation internationale.

Dans une déclaration choquante devant le Conseil des droits humains des Nations Unies, en octobre 2010, Mohammad Javad Larijani, président du Conseil des droits humains de l'Iran, a nié que de telles peines soient assimilables à de la torture, affirmant qu'elles étaient « justifiées sur les plans culturel et religieux ».

Source : Iran News Wire