Pin It

Orient le jour iranL’Orient Le Jour (AFP), le 17 mai 2019 - Au moins dix employés grévistes d'une sucrerie  ont été arrêtés depuis le 9 mai dans le sud-ouest de l'Iran après avoir protesté contre leur direction, rapporte mercredi l'agence de presse iranienne Ilna.

Un nombre indéterminé d'ouvriers de l'usine sucrière Haft Tapeh de Suse, ville de la province du Khouzestan à plus de 500 km au sud de Téhéran, ont fait grève le 9 mai, selon Ilna, qui ne donne pas davantage de précisions sur les raisons de cet arrêt de travail.

Depuis, plus de 14 ouvriers de l'usine ont été arrêtés, ajoute l'agence, proche des réformateurs, citant "quelques ouvriers".

Quatre ont été relâchés sous caution, selon la même source, ramenant le nombre de grévistes arrêtés à dix.

Les ouvriers de la sucrerie Haft Tapeh avaient mené une longue grève fin 2018 pour réclamer le paiement d'arriérés de salaires et protester contre des activités criminelles présumées de la part des nouveaux propriétaires de l'usine.

Un des meneurs de cette grève, Esmaïl Bakhshi, ainsi qu'une activiste ayant soutenu les grévistes, Sepideh Gholian, sont emprisonnés depuis janvier.

Selon la télévision d'Etat, tous deux auraient reconnu avoir des liens avec des activistes basés en Europe et "dont le but est de renverser l'Etat".

La nouvelle des interpellations à Suse survient après un nombre indéterminé d'arrestations en marge d'une manifestation le 1er mai à Téhéran à l'occasion de la fête du Travail, jour non férié en Iran.

Dans un communiqué publié mardi à Beyrouth, l'organisation de défense des droits humains américaine Human Rights Watch affirme qu'"au moins huit activistes ou journalistes", arrêtés à cette occasion, sont encore détenus et appelle les autorités à les libérer "immédiatement et sans condition".