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contrôle information iranCSDHI - Il a été annoncé jeudi que Twitter avait supprimé des milliers de comptes qui semblaient participer à une campagne de désinformation soutenue par le gouvernement iranien.

Ce n'était pas la première annonce de ce type faite par Twitter ou d'autres plateformes de médias sociaux qui ont eu du mal à gérer un contenu faux et trompeur depuis la révélation d'une ingérence étrangère lors de l'élection présidentielle américaine de 2016. Bien que la plupart des discussions publiques sur la manipulation coordonnée des médias sociaux se soient concentrées sur la Russie, d’autres adversaires des États-Unis ont adopté une tactique similaire et les capacités de l’Iran ont, à cet égard, apparemment considérablement augmenté au cours des derniers mois.

La dernière nouvelle concerne la suppression de 4 779 comptes identifiés comme étant soit affiliés au régime théocratique iranien, soit explicitement protégés par celui-ci. Ces comptes désactivés côtoient maintenant environ 2 800 autres qui auraient été supprimés début mai. Les retraits en cours, ainsi que l’augmentation du nombre de comptes en cause, soulignent ce qui a souvent été dit sur la trajectoire de cette problématique. Alors que les opérations des gouvernements étrangers deviennent de plus en plus sophistiquées, les experts en cybersécurité prévoient que Twitter, Facebook et d'autres entreprises auront du mal à suivre le rythme de la prolifération de nouveaux faux comptes qui surgissent pour remplacer les anciens.

À l'heure actuelle, il ne semble pas y avoir de moyen de s'attaquer de manière exhaustive à ce problème ni d’enrayer les campagnes de désinformation à leur source. La stratégie la plus efficace pour contrer ces campagnes impliquerait vraisemblablement non seulement des tentatives de démantèlement en cours, mais également des efforts pour atteindre un public international avec des informations plus fiables sur les sujets ciblés par les réseaux de désinformation. Mais cela présente des difficultés en soi, car les auteurs de ces campagnes ont également tendance à utiliser divers moyens pour supprimer les informations à la fois à l’intérieur de leur pays et au sujet de leur pays.

Les différentes informations faisant état de perturbations des réseaux de désinformation iraniens se sont accompagnées de nouvelles informations concernant des attaques contre des journalistes indépendants et la presse en général. Celles-ci ont pris la forme d’arrestations directes, ainsi que de la saisie massive, l’année dernière, de biens appartenant à des personnes ayant contribué au service persan de la British Broadcasting Corporation. Et dans un exercice plus subtil du pouvoir étatique, le régime iranien a parfois simplement retiré aux reporters, leur accréditation, les rendant incapables de poursuivre légalement leur travail alors même qu’ils n’étaient techniquement pas emprisonnés dans les prisons iraniennes.

C'est dans ces circonstances que Thomas Erdbrink, correspondant du New York Times à Téhéran, se débat depuis quatre mois. Le rejet inexpliqué de l’accréditation d’Erdbrink n’a été révélée publiquement que cette semaine, bien qu’il soit incapable de travailler depuis février. La décision du journal de s’exprimer sur la situation était apparemment motivée en partie par la frustration suscitée par des assurances vagues mais souvent répétées selon lesquelles le cas du journaliste serait expliqué et son accréditation rétablie.

Alors que les médias traditionnels et sociaux continuent de fonctionner comme un champ de bataille d'idéologies et un moyen de fournir des informations à la fois exactes et fausses, le régime iranien peut également trouver des encouragements supplémentaires pour cibler spécifiquement les reporters étrangers en vue de les arrêter.

Parallèlement à la répression contre les ressortissants étrangers et les personnes ayant des liens avec l’Occident, le régime iranien a récemment déployé des efforts concertés pour réaffirmer les principes moraux fondés sur l’interprétation fondamentaliste de l’islam donnée par le régime. Ces efforts comprennent une ségrégation accrue entre les sexes et une application plus agressive des lois du pays sur le voile obligatoire, bien que le public, majoritairement jeune et bien éduqué, s’oppose de plus en plus à ces restrictions.

Source : INU