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FIFA iranCSDHI - La BBC a annoncé, mardi 18 juin, que la fédération internationale de football, la FIFA, s'était excusée et s'était engagée à appliquer différemment sa politique après que deux supporteurs eurent été expulsés du match de la Coupe du Monde Féminine opposant le Canada et la Nouvelle-Zélande en raison de slogans sur leurs t-shirts.

Les slogans reflétaient les efforts du mouvement « Open Stadiums » pour convaincre les autorités iraniennes de revenir sur leur interdiction, imposée depuis des décennies, de présence de spectatrices lors des manifestations sportives masculines.

La FIFA maintient une interdiction générale des slogans politiques parmi la foule à ses jeux. Cependant, un témoin de l’expulsion des supporters s’est dit « indigné » par la « folle ironie » de la situation, dans la mesure où l’organisation s’opposait effectivement à une campagne pour un accès élargi et non discriminatoire à ses propres événements. La FIFA a ensuite reconnu que les supporters et leurs t-shirts auraient dû être autorisés à rester. Dans sa déclaration à cet effet, elle a ensuite déclaré que les règles « doivent être appliquées avec un sens des proportions » et que, dans tous les cas, les slogans proposés ne sont pas contraires aux règles car ils font référence à une question « sociale et non politique ».

Le témoin, Petr Kuzmin, a exprimé son soulagement que la FIFA ait publié cette déclaration, « même si cela a pris trois jours », et il a ajouté « c'est bon signe qu'ils s’intéressent à la promotion de l'accès des femmes aux stades en Iran ». Mais pour d'autres supporters du mouvement « Opens Stadiums », l’incident pourrait bien soulever de nouvelles questions quant à la portée réelle de cet intérêt. La FIFA a été critiquée dans le passé pour ne pas avoir imposé de conséquences graves à la République islamique, comme en l’empêchant d’accueillir des manifestations internationales, en raison du maintien de l’interdiction.

La FIFA a exercé des pressions verbales sur les autorités sportives nationales iraniennes au fil des années, mais cela n’a toujours pas entraîné de changement significatif. Et le va-et-vient prolongé de l'interdiction contraste avec la décision des gardes de la sécurité de faire appliquer les règles de manière très stricte, samedi dernier, en expulsant les spectateurs du stade français sans avertissement ni discussion.

L’approche plus conciliante adoptée par les principaux responsables de la FIFA a permis à l’Iran de gagner du temps. Et cela s’est avéré efficace, donnant parfois l’impression que les stades tendent vers un compromis sur l’interdiction, pour renverser la situation après coup. Ces signes éphémères de compromis ont inclus l’admission de certains groupes de femmes, à savoir les épouses des joueurs et les dignitaires étrangers, dans des sections réservées aux femmes dans les stades iraniens.

Mais même lorsque les autorités sont allées au bout des choses avec des signes aussi superficiels, les interdictions imposées à la population féminine en général sont restées inchangées. En fait, certains signes donnent à penser que ces interdictions ne seront appliquées que de manière plus vigoureuse au fil du temps, même à la suite des pressions internationales de la FIFA et de divers groupes de défense des droits des femmes.

La semaine dernière, dans l’Independent, un problème dans le système de billetterie en ligne de la fédération iranienne de football avait permis la vente de billets pour des sièges masculins et féminins lors d’un match opposant les équipes nationales iranienne et syrienne. Les fans de football et les militantes des droits des femmes ont saisi l’opportunité d’acquérir des billets avant que le problème ne soit réglé, puis se sont présentées au stade pour y entrer.

Bien que les femmes syriennes en visite aient été autorisées à pénétrer dans la section réservée aux femmes, conformément au compromis superficiel du régime face aux pressions étrangères, les Iraniennes ont été agressivement refoulées, puis attaquées sans discernement par les forces de sécurité iraniennes. Le Conseil national de la Résistance iranienne a déterminé qu'au moins deux femmes avaient été arrêtées, mais il n'a pas été en mesure d’indiquer où elles avaient été emmenées ou si elles faisaient l'objet d'accusations. D’autres femmes ont été légèrement blessées après avoir été frappées et traînées au sol par les forces de sécurité dans le but apparemment de disperser la foule de femmes et de perturber toute manifestation des droits des femmes avant même qu’elle ne se développe.

Source : INU