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arrestation femme mal voilée iranCSDHI - Le régime iranien a intensifié ses mesures de répression contre les femmes sous le prétexte de « voile inapproprié ».

Plus récemment, 2 000 équipes de lutte contre le vice ont été formées dans la province de Guilan, dans le nord de l'Iran, pour donner des avertissements verbaux et pratiques aux femmes dites "mal-voilées".

Mohammad Abdollahpour, commandant de la Force Qods de Guilan, une des multiples forces chargées de la répression, a applaudi cette nouvelle: « La Force Qods de Guilan soutient la milice du Bassidj et d'autres forces pour promouvoir et relancer la promotion de la vertu et la prohibition du vice. La question de la chasteté et du voile n'est pas une question ordinaire, mais une question d’importance politique et de sécurité pour le pays ».

Il a précisé que 22 000 miliciens du Bassidj et des gardiens de la révolution de la province patrouillaient dans divers secteurs chaque semaine.

De son côté, Mohammad-Reza Eshaghi, commandant des gardiens de la révolution de Guilan, a également déclaré avoir « interpellé 28 328 femmes » accusées d’être mal voilées au cours de cette année dans la province et a déclaré que les patrouilles avaient dirigé 2 321 femmes mal voilées vers la sécurité morale et ont obtenu des engagements écrits de leur part. Des poursuites judiciaires ont été engagées contre 64 femmes auprès du Département de la justice.

Falahati, l'imam du vendredi à Racht, a évoqué la question du voile inapproprié lors d'un rassemblement de patrouilles anti-vice, en déclarant : « Malheureusement, la situation de la chasteté et du voile dans la société est indésirable. Certaines personnes sont allées jusqu’à promouvoir publiquement le retrait du voile », a rapporté l'agence de presse officielle Mehr, le 4 juin 2019.

La publication d’une vidéo illustrant le recours à la force brutale par la police contre une jeune femme a permis de mieux comprendre la portée de la répression imposée aux Iraniennes.

La vidéo, qui a été tournée dans un lieu inconnu du pays, montrait comment une jeune femme sans voile avait été sauvagement emmenée par les forces de sécurité après avoir été surprise à jouer avec un pistolet à eau avec des amis.

Dans la vidéo, on voit des agents, debout autour d'une voiture de police, tentant d’arrêter la jeune femme.

Elle se débat pendant qu'un agent la traîne vers l'arrière de la voiture, puis la jette dedans avant de claquer la porte.

On entend d'autres personnes sur les lieux, principalement des filles, crier et demander à la police de la « laisser tranquille ».

Répondant à la vague massive de haine publique contre le traitement réservé à cette femme, le procureur général a déclaré mercredi 3 juillet : « Le pouvoir judiciaire soutient les forces de police puissantes. Le pouvoir judiciaire n’accorde aucune attention à ce genre de battage médiatique. »

« Nous ne pouvons pas sacrifier la sécurité morale et sociale à cause de choses qui ont été dites ou faites par des éléments malveillants sur Internet », a-t-il ajouté. Selon l'agence de presse Mehr, le procureur a encouragé la police à réprimer les « anomalies sociales » et a rappelé que « le pouvoir judiciaire était tenu de donner des autorisations à la police chaque fois que cela était nécessaire».

Le procureur a dénoncé les vidéos montrant la brutalité policière, assurant qu'elles avaient été « préparées à l'avance ».

Par ailleurs, un autre clip vidéo sur les médias sociaux montrait une jeune femme battue par les forces de sécurité dans une station de métro de Téhéran parce qu'elle était jugée "mal-voilée". La jeune femme sanglote et dit que des agents des forces de sécurité de l'État l'ont battue et jetée à terre.

De même, le régime cherchait à placer des patrouilles dans des zones de loisirs pour surveiller le code vestimentaire, selon l'agence ISNA du  24 juin 2019)

Hossein Rahimi, chef de la police de Téhéran, a estimé que : « enlever le voile ou être mal-voilée, sont considérés comme des infractions flagrantes ». (Agence ROKNA - 1er juin 2019)

Ahmad Alam-ol Hoda, imam du vendredi de la seconde ville d'Iran - Machad -  a également noté que « enlever le voile et le mal prter relève de la corruption et de la promotion du péché ». (Agence IRNA - 30 mai 2019)

Source : Les droits de l’homme en Ian