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bahais iranCSDHI - Treize bahaïs iraniens arrêtés dans la commune de Gilanvand, dans la capitale iranienne, à Téhéran, ont été privés de visites de leur famille et d’appels téléphoniques, 13 jours après leur arrestation.

Trois hommes et femmes ont été identifiés, il s’agit de Monireh Bavil Saflaie, Minoo Zamani et Gholamhossein Mazloumi qui sont maintenus dans la prison d'Evine dans un état indéterminé.

Les responsables de la prison refusent de donner à leurs familles une réponse sur la situation de leurs proches en dépit de leurs demandes constantes.

Les familles des bahaïs iraniens emprisonnés se sont rendues au tribunal d'Evine six fois au cours des deux dernières semaines pour s'enquérir de leur état. Les familles sont particulièrement inquiètes car Monireh Bavil Saflaie, Minoo Zamani et Gholamhossein Mazloumi souffrent de diverses affections. Lors de leur dernière visite au tribunal d'Evine, les responsables pénitenciers ont refusé de prendre les médicaments que les familles avaient apportés pour leurs proches.

On leur a dit que les prisonniers étaient privés de visite familiale et d'appels téléphoniques jusqu'à la fin des interrogatoires.

Monireh Bavil Saflaie, Minoo Zamani et Gholamhossein Mazloumi ont été arrêtés samedi 10 août par des agents du ministère du renseignement. Les rapports indiquent que les agents ont perquisitionné leur domicile et confisqué certains de leurs effets personnels, notamment leurs ordinateurs portables, leurs téléphones portables et leurs photos religieuses.

Selon certaines informations, les trois hommes auraient été arrêtés à la suite de la profanation d'une tombe appartenant à une femme bahaïe de Gilanvand.

Le corps de Shamsi Aghdasi Azamian a été retiré de sa tombe à Gilandvand, une ville de Damavand, quelques jours après avoir inhumé au cimetière bahaï Golestan Javid en octobre 2018. Son corps a été jeté dans les champs environnants.

Bien que l'acte de profanation ait été perpétré par des inconnus, les forces de sécurité ont averti les bahaïs de Gilandvand qu'ils n'étaient pas autorisés à enterrer leurs proches décédés dans ce cimetière et qu'ils devaient les enterrer à Téhéran.

Auparavant, un tribunal d’une province du nord-est de l’Iran avait condamné neuf bahaïs iraniens à de lourdes peines de prison.

Le tribunal de Birjad, dans la province du sud du Khorasan, a condamné chacun des hommes et des femmes bahaïs à six ans de prison et a confisqué l’argent collecté par la communauté bahaïe de la ville.

Des sources non officielles disent qu’il y a plus de 300 000 personnes qui suivent la foi bahaïe en Iran. Toutefois, la Constitution de la République islamique d’Iran ne reconnaît que l’islam, le christianisme, le judaïsme et le zoroastrisme et ne reconnaît pas le bahaïsme.

Depuis la révolution islamique de 1979 en Iran, les bahaïs iraniens ont été systématiquement persécutés dans le cadre de la politique gouvernementale. Au cours de la première décennie de cette persécution, plus de 200 bahaïs d'Iran ont été tués ou exécutés, des centaines d'autres ont été torturés ou emprisonnés et des dizaines de milliers ont perdus leurs emplois, leur accès à l'éducation et à d'autres droits – tout cela uniquement à cause de leurs croyances religieuses.

Les attaques contre des bahaïs iraniens ou des propriétés appartenant à des bahaïs demeurent impunies, ce qui crée un sentiment d’impunité pour les agresseurs. Depuis 2005, par exemple, il y a eu au moins 52 incendies criminels contre des propriétés bahaïes, infractions pour lesquelles personne n'a été arrêté.

Au cours de la même période, au moins 60 incidents de vandalisme ou de profanation dans des cimetières bahaïs ont été enregistrés. Comme l’a souligné un haut responsable des droits de l’homme des Nations Unies, la persécution dirigée par le gouvernement s’étend « à tous les domaines d’activité de l’État, depuis les dispositions du droit de la famille jusqu’à l’école, l’éducation et la sécurité. »

Source : Iran News Wire