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bahaïs iranCSDHI – New York, le 28 août 2019 - Les bahaïs d'Iran - la plus grande minorité religieuse non musulmane du pays - ont été victimes des « pires formes de répression, de persécution et de victimisation » au cours des 40 dernières années, note Javaid Rehman, Rapporteur spécial de l’ONU sur la situation des droits humains en République islamique d'Iran, ajoutant que les autorités iraniennes devraient veiller à ce que toutes les minorités religieuses soient reconnues et puissent jouir de leur droit à la liberté de religion ou de conviction.

Dans son compte-rendu adressé à l'Assemblée générale des Nations Unies, le Rapporteur spécial décrit une série de violations des droits humains perpétrées contre la communauté bahaïe d'Iran et d'autres minorités ethniques et religieuses, et formule un certain nombre de recommandations aux autorités iraniennes.

« L'absence de reconnaissance constitutionnelle et juridique des minorités non reconnues entraîne le déni des droits fondamentaux de leurs membres. En dehors du cadre juridique national, les groupes religieux minoritaires non reconnus tels que les bahaïs, les chrétiens convertis [et] les soufis… sont la cible de lois et de pratiques discriminatoires », lit-on dans le rapport.

Le document ajoute que « les menaces constantes de perquisitions, d'arrestations, de détention ou d'emprisonnement… restent les principales caractéristiques de la persécution des bahaïs par le pays », et appelle les autorités iraniennes à modifier tous les articles du code pénal islamique qui font de la discrimination, sur la base de la religion ou de la croyance.

« Étant donné que la foi bahaïe est considérée comme une « secte égarée » et que le culte et les pratiques religieuses bahaïs sont considérés comme une hérésie, ils font souvent l'objet d'accusations telles que « atteinte à la sécurité nationale », « propagande contre le saint régime de la République islamique », « activités de propagande contre le régime iranien dans l’intérêt de la secte bahaïe », ajoute le document.

Le rapport décrit en plus :

Depuis 1979, plus de 200 bahaïs ont été exécutés, uniquement sur la base de leurs convictions religieuses, dont près de la moitié représentent les membres élus des conseils d’administration locaux et nationaux des bahaïs. Considérés par les autorités iraniennes et par le système de justice pénale iranien comme des « infidèles non protégés », les bahaïs ont été assassinés en toute impunité et aucune enquête n’a été ouverte sur les violations de leurs droits fondamentaux.

95 bahaïs au total auraient été arrêtés en 2018, contre au moins 84 en 2017 et 81 en 2016. Cela donne à penser que, même si le nombre de ces arrestations arbitraires chaque année peut fluctuer, la persécution ne diminue pas.

Plus de 800 incidents de violation des droits économiques des bahaïs ont été enregistrés depuis 2013, notamment des fermetures arbitraires de magasins, des licenciements abusifs et la révocation effective ou imminente des permis d'exploitation.

Les cimetières bahaïs ont été profanés et les bahaïs n’ont pas été autorisés à enterrer leurs morts conformément à leurs lois religieuses. Les cimetières locaux de Téhéran et d’autres grandes villes ont été transformés en parcs et bâtiments culturels.

Selon les déclarations de première main entendues par le Rapporteur spécial, des bahaïs seraient arrêtés par les autorités iraniennes sur la base de fausses accusations d'espionnage en faveur des États étrangers et « utilisation de leurs activités afin de changer la culture islamique ». Le Rapporteur spécial a également attiré l’attention sur le refus d’accès à l’enseignement supérieur pour les bahaïs.

La communauté internationale bahaïe se félicite de la publication du compte-rendu et appelle les autorités iraniennes à mettre en œuvre les recommandations qui y figurent.

« Les autorités iraniennes ont à plusieurs reprises nié devant les tribunes de l’ONU et d’ailleurs que les bahaïs en Iran étaient persécutés en raison de leur religion. Ce dernier rapport, bien documenté, éclaire la réalité sur le terrain. Nous espérons sincèrement que le gouvernement iranien va enfin prendre en compte et réparer une injustice qui est en contradiction avec les principes islamiques et leurs obligations en matière de droits humains. Les chiffres dans le document ne sont qu’un échantillon de la véritable étendue de la persécution, qui prive souvent des dizaines de milliers de Bahaïs d’un enseignement universitaire dans un grand nombre de familles d’une source de revenu », a déclaré Bani Dugal, représentant principal de la communauté internationale bahaïe auprès des Nations Unies.

« Les Bahaïs d’Iran n’ont pas d’objectif autre que le bien-être de leurs compatriotes et de la société dans son ensemble. Nous attendons avec impatience le jour où la persécution insensée contre les bahaïs cessera et où les bahais et d’autres minorités pourront vivre en paix aux côtés de leurs concitoyens. »

Source : Iran Press Watch