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rouhollah sadrosadati disparition iranCSDHI - Un jeune fervent ecclésiastique iranien et son frère politicien, plus âgé, qui avaient mystérieusement disparu mercredi en Iran, ont refait surface sur les médias sociaux, affirmant qu'ils se cachaient, craignant pour leurs vies.

Le frère aîné, Ruhollah Sadrosadati, est membre de la puissante Assemblée des Experts (AE), composée de membres du clergé. Elle est chargée de superviser les activités du Guide suprême de la République islamique, l’ayatollah Ali Khamenei, et d’élire son successeur en cas d’incapacité ou de décès.

Le frère cadet, Mehdi Sadrosadati, est connu pour avoir dénoncé sur les médias sociaux, une présumée corruption entre les élites politiques et gouvernantes.

Les trois frères sont des membres du clergé au turban noir ; c'est-à-dire présumés être des descendants du prophète Mahomet.

Le représentant de la province méridionale de la province d'Hormozgan auprès de l'AE, Sadrosadati, a révélé sur la chaîne Telegram de son frère que, menacés par des personnes anonymes dans sa circonscription, ils se cachaient par peur pour leurs vies.

Sadrosadati est allé encore plus loin en accusant explicitement les services du renseignement des pasdarans (IRGC) d’avoir voulu l’arrêter et l’emprisonner dans le passé.

Les publications sur les réseaux sociaux ne révèlent toujours pas où se trouvent les frères et si elles sont publiées par eux ou par d’autres personnes qui pourraient avoir leurs mots de passe.

Le drame a commencé tôt mercredi matin lorsque Ruhollah Sadrosadati ainsi que deux de ses frères et un compagnon ont disparu en se rendant à Téhéran pour prendre un vol à destination de Bandar Abbas, la capitale de sa circonscription, Hormozgan, située dans le Golfe Persique.

Sans entrer dans les détails, le plus jeune membre de l'AE a également réitéré son intention de s'envoler pour Bandar Abbas afin de se renseigner sur « certaines affaires », mais il a changé d'avis car « sa vie était menacée ».

Sadrosadati a donc écrit sur Telegram ; nous avons éteint nos téléphones cellulaires pour effacer nos traces.

Toutefois, il n’a pas dit qui les menaçait, ni pourquoi.

Entre-temps, il a affirmé avoir été menacé dans le passé pour ses efforts en tant que membre de l'AE et apparemment pour avoir enquêté sur des « problèmes ».

Évitant toujours de nommer qui que ce soit, Sadrosadati a affirmé que « par l'intermédiaire du bureau du Guide suprême de la République islamique, l'ayatollah Ali Khamenei, dans les universités du pays, et du gardien de la mosquée Jamkaran, dans la ville de Qom, ces individus ont répandu des rumeurs, le qualifiant d’ « anti -révolutionnaire islamique ».

Sadrosadati a affirmé que non seulement ils ont menacé de mort ma vie, mais ils ont également dit à ma femme qu'ils allaient me tuer, affirmant que c'était un signe d'anomalie lorsqu'ils menaçaient la vie d'un membre du groupe AE.

Selon Sadrosadati, le responsable de l'organisation de protection du renseignement de l'IRGC dans la ville de Qom l'a menacé à plusieurs reprises de l'arrêter, d'attaquer son domicile et de harceler sa famille.

Il a également affirmé avoir des enregistrements des menaces, prêts à être divulgués.

Pendant ce temps, Sadrosadati a déploré avoir envoyé de nombreuses lettres à Khamenei pour demander justice, mais ses correspondances n'ont jamais reçu de réponse.

J'ai même utilisé des intermédiaires pour transmettre mes inquiétudes à Khamenei, a écrit Sadrosadati, ajoutant qu'ils avaient également échoué dans leur mission.

Ruhollah Sadrosadati, âgé de 36 ans, a battu Gholam Ali Naeim Abadi, membre sortant de l'AE et représentant de Khamenei à Hormozgan, lors des dernières élections de février 2016.

Source : Radio Farda