Pin It

mohammad shariatmadari ministre coopératives travail iranCSDHI - Le ministre iranien des coopératives, du travail et des affaires sociales a qualifié d’ « opportune » la décision du responsable du pouvoir judiciaire du pays d'examiner les peines inhabituellement sévères prononcées la semaine dernière à l'encontre de plusieurs militants syndicaux.

Ebrahim Raisi, le chef du pouvoir judiciaire conservateur iranien, est personnellement intervenu et a ordonné un réexamen des peines de prison pouvant aller jusqu'à 20 ans d'emprisonnement pour les militants syndicaux.

Raisi a chargé le chef du département de la justice de Téhéran de superviser l'examen et de lui faire un rapport le plus rapidement possible.

Dans une lettre à Raisi, le ministre des coopératives, Mohammad Shariatmadari, a déclaré que « les verdicts contre certains des travailleurs de Haft Tapeh étaient choquants », dans la mesure où l'administration du président Hassan Rouhani avait décidé de constituer un comité composé des ministres de la justice et du travail, avec le conseiller juridique du président, afin d’examiner les affaires et les procédures judiciaires.

L’administration présidentielle a peu d’influence sur la magistrature iranienne, qui est sous le contrôle du Guide suprême Ali Khamenei.

Les individus qui ont été condamnés aux peines de prison sévères étaient impliqués dans des grèves et des manifestations de travail en 2018 dans un grand complexe de transformation du sucre à Haft Tapeh, dans la province riche en pétrole du sud-ouest du Khouzistan.

Pendant ce temps, Shariatmadari a insisté pour que l’affaire des protestations syndicales et des militants soient abordés avec une approche amicale et bienveillante.

L'article 27 de la Constitution de la République islamique stipule que « les rassemblements et manifestations publics peuvent être librement organisés, à condition que les armes ne soient pas portées et qu'ils ne portent pas atteinte aux principes fondamentaux de l'islam. »

« Protester contre les conditions de travail est le droit absolu de la force de travail », affirme Shariatmadari.

Cependant, le gouvernement iranien ne reconnaît pas les syndicats créés par les travailleurs et ils ont été régulièrement réprimés lors de rassemblements de protestation organisés par des syndicats « illégaux ». Au lieu de cela, le gouvernement a mis en place une « Maison des travailleurs » qui appuie la position du gouvernement contre les travailleurs et qui n’a jamais été vue en train de défendre les droits des travailleurs, bien qu'elle ait toujours été représentée au parlement au cours des dernières décennies.

Source : Radio Farda