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répression manifestations novembre iranCSDHI - A ce jour, mardi 3 décembre, on estime que le bilan des manifestations en Iran, qui ont commencé le 15 novembre 2019, est de 750 morts, 4000 blessés et 12 000 arrestations. La répression est gigantesque et les informations qui nous parviennent malgré Internet qui fonctionne au ralenti, sont effrayantes en terme de droits humains.

Réactions Internationales
France 24 - 30 novembre 2019

« Samedi, l’Iran a contesté le bilan des morts, publié à l’étranger, à la suite des massacres qui ont éclaté lors des manifestations contre le prix du carburant dans le pays, après qu’un groupe de défense des droits humains ait déclaré que plus de 160 manifestants sont décédés. Les manifestations ont éclaté à la mi-novembre, en réaction à la hausse de 200%, en l’espace d’une nuit, du prix de l'essence dans la république islamique.

Les autorités iraniennes n'ont pas encore précisé combien de personnes sont mortes lors des violences qui ont suivi, notamment l'incendie des banques, des stations-service et des postes de police.

Amnesty International, un groupe de défense des droits humains basé à Londres, a déclaré vendredi dans un tweet que la répression avait coûté la vie à 161 manifestants. Le vice-ministre iranien de l'intérieur, Jamal Orf, a contesté ces chiffres. « Les statistiques des organisations internationales sur les personnes tuées lors des récents incidents ne sont pas crédibles », aurait-il déclaré à l'agence de presse officielle IRNA. Orf a accusé les sources, qui ont rapporté ces chiffres, d’ « exagération ». Le service des poursuites, a-t-il ajouté, devait annoncer les chiffres en fonction de ceux qu’il reçoit du bureau du procureur.

Avant son dernier tweet, Amnesty International avait déclaré le lundi précédent que 143 manifestants avaient été tués dans le cadre de la répression, citant ce qu’il a appelé des « informations crédibles ».

Les gouvernements des États-Unis, de la France et de l'Allemagne ont condamné l'Iran pour l'effusion de sang. »

Menaces et réactions officielles
Commission des affaires étrangères du CNRI - 30 novembre 2019

« Lors d’une allocution prononcée devant l’assemblée de la prière du vendredi à Téhéran, Ali Akbari, chef de la prière, a exprimé sa panique devant les dimensions considérables du soulèvement du peuple iranien.

« Cet épisode implique une planification très dangereuse. Ils ont dépensé beaucoup d’argent, ont fourni une formation précise et un soutien logistique. C’est, selon leurs propres mots, le résultat de deux années de travail organisationnel approfondi, d’identification des objectifs, de formations, d’équipements et d’armements… C’était un complot très dangereux et planifié », a-t-il déclaré. Tout en exigeant l’exécution des manifestants, Akbari a ajouté : « La peine de faire la guerre à Dieu [exécution] – le summum des peines islamiques - est envisagée pour ces personnes. Le pouvoir judiciaire doit arrêter ces personnes et agir rapidement. » (Agence de presse IRNA gérée par l'État - 30 novembre 2019)

Iran Wire - 30 novembre 2019 

Deux responsables iraniens ont déclaré que plus de 470 personnes avaient été arrêtées lors de manifestations nationales dans la province d’Alborz, près de Téhéran et dans la ville de Tabriz, au nord-ouest du pays.

Mohammad Javad Kolivand, représentant du Majlis (parlement iranen) de la province d’Alborz, a déclaré aujourd’hui que plus de 400 manifestants avaient été arrêtés au cours des manifestations. Il a dit que 200 ont été libérés. Les commentaires de l’agence de presse officielle, ISNA, ne permettent pas de savoir combien de personnes sont toujours détenues.

Selon certaines informations, plus de 400 manifestants arrêtés à Téhéran et à Karaj auraient été transférés dans la section 8 de la prison de Rajaï Chahr, gérée par le ministère du renseignement. Les informations obtenues ont indiqué que les manifestants étaient torturés dans la prison de Karaj.

Le chef de la police de la province de l’Azerbaïdjan oriental a également annoncé aujourd’hui que 70 « dirigeants et éléments responsables des séditions » avaient été arrêtés.

De hauts responsables ont prévenu que les manifestants se verraient infliger de lourdes peines, dont plusieurs réclament qu’ils soient condamnés à la peine de mort. (Agence de presse officielle ISNA - 30 novembre 2019)