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Borhan Mansour nia iranCSDHI - Les agences du renseignement et les organes de sécurité du régime iranien font pression sur les familles des manifestants iraniens tués en novembre 2019 pour qu'ils acceptent que le régime déclare que leurs enfants sont des « martyrs » du régime.

En retour, ils donneraient à la famille, l’argent du sang de leur enfant et leur paieraient une retraite s’ils acceptaient d’annoncer que l’enfant n’était pas un manifestant.

Les familles des manifestants iraniens qui ont parlé à la presse et aux médias en disant que leurs enfants ont été tués lors des manifestations, subissent davantage de pressions pour renoncer à ce qu’ils ont déjà dit, et disent plutôt qu’ils étaient du côté du régime au pouvoir. La famille de Borhan Mansour-nia est l’une de ces familles.

Borhan Mansour-nia, 28 ans, était titulaire d'un doctorat en médecine vétérinaire et était un appelé pour le service militaire. Il a été abattu par balles réelles le samedi 16 novembre 2019 et il est décédé 34 heures plus tard à l'hôpital Taleqani de Kermanshah (dans l’ouest de l'Iran). Sa famille a été forcée de l'enterrer, de nuit, à Marivan.

La famille Mansour-nia aurait subi des pressions pour enregistrer le nom de Borhan en tant que martyr du régime tué par des manifestants et non par les forces de sécurité officielles. Les agents du renseignement des pasdarans ont convoqué son père jeudi dernier (30 janvier) et l'ont menacé lors d'un interrogatoire.

Les autorités s'opposent vivement à toute diffusion d'informations sur Borhan et d'autres manifestants tués lors des manifestations de novembre. Ils font pression sur la famille à chaque nouvelle publiée. Ils cherchent à ce que des autorités du régime telles que le chef de la prière du vendredi et le gouverneur de Marivan et le représentant du renseignement des pasdarans, aillent chez eux leur rendre visite, de sorte qu’en prenant des photos avec la famille et en publiant les photos dans les médias et la presse d’état, ils pourraient annoncer Borhan comme leur propre martyr.

La famille Mansour-nia a refusé de céder aux pressions et de rencontrer les autorités du régime.

Il a également été signalé que la famille de Nasser Rezaii a subi de nombreuses pressions ces derniers jours pour dire que leur fils ne faisait que passer et qu'il a été assassiné par des manifestants.

Nasser Rezaii, 36 ans, originaire de Sanandaj, a été abattu d'une balle dans la tête à bout portant par les forces de sécurité, à Fardis – Karaj - le 17 novembre 2019. Il était diplômé en génie agricole et était marié depuis seulement un an et demi.

La famille Rezaii n’a pas cédé à la demande du régime. Ils ont souligné que Nasser était un manifestant qui était descendu dans la rue pour protester contre le régime mais qu’en réponse à son cri, ce sont des balles d’armes à feu qui ont répondu et qui l'ont frappé à l'œil droit et lui ont fait perdre la vie.

Source : Iran HRM