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chrétiens iranCSDHI - Un tribunal révolutionnaire du sud de l'Iran a condamné sept convertis chrétiens iraniens à la prison, à l'exil, à une sanction financière et à une interdiction de travail et de mener des activités sociales.

L'Agence de presse des droits humains a identifié les chrétiens iraniens comme étant Habib Heidari, Sam Khosravi, Sasan Khosravi, Maryam Fallahi, Marjan Fallahi, Pouria Pima et Fatemeh Talebi.

Les sept hommes et femmes ont été condamnés par un tribunal révolutionnaire à Bushehr le 21 juin pour « diffusion de propagande contre le régime ».

Les « preuves » retenues contre eux pour leur condamnation étaient la possession de livres et de symboles chrétiens, l’organisation de messes à domicile et le fait d'être en contact avec des « évangélistes » iraniens à l'étranger.

Sam et Sasan Khosravi ont été condamnés chacun à un an de prison et à une interdiction de vivre dans la province de Bushehr pendant deux ans. Les deux convertis chrétiens ont également l’interdiction de travailler dans des centres résidentiels, leur occupation actuelle, depuis deux ans.

Maryam Fallahi a été condamnée à une amende de 80 millions de rials (environ 345 euros) pour s'être convertie au christianisme et a l’interdiction définitive de travailler dans les services publics. Si la sentence est définitive, Maryam sera contrainte de quitter son emploi d'infirmière qu’elle occupe depuis 20 ans dans un hôpital de Bushehr en raison de ses croyances religieuses.

Habib Heidari a également été condamné à un an de prison, tandis que Puria Peima a été condamnée à 91 jours de prison. Fatemeh Talebi a été condamnée à une amende de 40 millions de rials (environ 177 euros), tandis que Marjan Falahi a été condamné à une amende de 60 millions de rials (environ 266 euros).

Ils disposent de 20 jours pour faire appel de la sentence.

Selon les informations, les convertis chrétiens iraniens ont été arrêtés par l'Agence du renseignement de Bushehr, le 1er juillet 2019. Ils ont été maintenus en isolement sans accès à leurs avocats et ils ont été contraints de faire des « aveux » devant les caméras.

Au moment de leur arrestation, les forces de sécurité ont fait une descente à leur domicile à 9 heures du matin, confisquant leurs livres, leurs brochures et leurs effets personnels tels que les ordinateurs portables, les smartphones, les cartes d'identité et les cartes de crédit. Ils ont fouillé les bureaux d'au moins deux des chrétiens iraniens, emportant avec eux des disques durs d'ordinateurs et des images de vidéosurveillance.

Ils ont été libérés temporairement après deux semaines moyennant une caution de 200 millions de toman (environ 8 639 euros).

Les chrétiens iraniens avaient déjà été condamnés pour « atteinte à la sécurité nationale » et « appartenance à des groupes d'opposition », mais ils ont ensuite été acquittés de ces accusations.

Selon la loi iranienne, l'évangélisation, le travail missionnaire et la conversion au christianisme peuvent être des délits qui méritent une peine de plus de 10 ans d'emprisonnement. La distribution de littérature chrétienne en persan est actuellement illégale en Iran.

Il n'existe officiellement aucune infraction connue sous le nom d'apostasie dans le code pénal (bien qu'il y ait eu une loi à ce sujet avant 1994). La dernière exécution connue pour ce délit remonte à 1990. Toutefois, bien qu'il n'existe pas de loi civile officielle sur l'apostasie, les juges peuvent toujours condamner un accusé pour cette infraction s'ils statuent sur la base de fatwas religieuses.

Selon l'article 18 de la Déclaration universelle des droits de l'homme, « Tout individu a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction, individuellement ou en commun, tant en public qu'en privé, par l'enseignement, les pratiques, le culte et l'accomplissement des rites ».

Source : Iran News Wire