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stevenson ue iranCSDHI - Struan Stevenson est le coordinateur de la Campagne pour le changement en Iran (CiC). Il était membre du Parlement européen représentant de l'Écosse. Commettre des violations des droits humains est déjà assez grave, mais le pire est lorsque le reste du monde garde le silence tout en étant témoin de tels crimes.

Le régime iranien est l'un des pires pays en ce qui concerne les violations des droits de l'homme. Avec un bilan de 40 ans de torture, d'exécutions, de brutalités policières, de répression politique, de violations à motivation religieuse, d'exécutions de masse, d'exécutions en public, de terreur et de trafic d'êtres humains, cette chaîne que le régime tire avec lui-même devient chaque année plus longue et plus lourde.

L'un des actes les plus douloureux et les plus ignobles est que, malheureusement, certains pays et unions comme l'Union Européenne ferment les yeux sur les violations des droits humains commises par le régime simplement en raison des avantages et intérêts économiques et des pétrodollars. Et les victimes de cette politique sont le peuple iranien et bien sûr, sur une longue période, les pays qui ont fermé les yeux deviennent victimes de la terreur et des enlèvements.

Cette semaine, le Parlement européen a discuté du « Compte-rendu annuel de l'UE sur les droits de l'homme et la démocratie dans le monde » pour l'année 2019, lors de sa session plénière à Bruxelles, suivi par une déclaration de Josep Borrell, le Haut Représentant pour les affaires étrangères et la sécurité.

Ce compte-rendu a été critiqué par Struan Stevenson, coordinateur de la Campagne pour le changement en Iran et ancien membre du Parlement européen, en raison de ses faiblesses extrêmes dans la condamnation des violations des droits humains en Iran. S'exprimant depuis son domicile en Ecosse, Struan Stevenson a déclaré : « Dans son communiqué de presse, Borrell n'a fait aucune mention des préoccupations en matière de droits humains et n'a pas mentionné l'abattage d'un avion de ligne ukrainien par le régime d’Iran, qui a entraîné la mort des 176 passagers. Il n'a pas non plus mentionné le meurtre de 1 500 manifestants et la détention de 12 000 autres personnes innocentes et sans défense lors du soulèvement national de novembre 2019 en Iran. Il a également omis de mentionner la dissimulation par le régime du massacre des prisonniers politiques en 1988 et d'identifier les personnes exécutées et leurs tombes, une question qui fait actuellement l'objet d'une enquête de l'ONU.

« Borrell aurait également pu évoquer le terrorisme du régime théocratique qui, ces dernières années, a souvent utilisé ses diplomates et ses agents du renseignement pour cibler des opposants politiques en France, en Albanie, au Danemark, aux Pays-Bas et dans d'autres pays. Il aurait pu demander à Rouhani et Zarif de révéler les noms de ceux qui ont commandé et dirigé des attentats. Il aurait pu, en outre, évoquer le parrainage et la participation active du régime à l'exportation du terrorisme et des guerres par procuration en Syrie, au Yémen, en Irak, au Liban et à Gaza, ainsi que ses attaques agressives contre la navigation internationale dans le détroit d'Ormuz.

« Le fait que Borrell n’ait soulevé aucune de ces questions à Téhéran réfute les affirmations du rapport de l’UE sur les droits de l’homme selon lesquelles il aborde ces questions lors de réunions bilatérales de haut niveau. En effet, Borrell a encore aggravé ses erreurs et omissions en critiquant cette semaine le Royaume-Uni, la France et l'Allemagne en réponse à une lettre de Javad Zarif, dans laquelle ces pays sont censurés pour ne pas avoir respecté strictement l'accord nucléaire du JCPOA. Le fait que Borrell prenne le parti du régime iranien et réprimande trois grandes nations européennes concernant l'accord nucléaire défectueux est tout simplement scandaleux et défie l'entendement.

« Borrell s'est maintenant clairement positionné comme le conciliateur-en-chef de l'UE. Il devrait réaliser que sa soumission à cette dictature maléfique ne fera que les encourager à mener encore plus de répression et de violations des droits humains ».

Source : INU