Pin It

Aborfazl Karimi iranCSDHI - Abolfazl Karimi, un adolescent arrêté lors des manifestations de novembre 2019, a récemment écrit une lettre affirmant qu'il avait été torturé pendant son interrogatoire et qu’on l’a menacé du viol sa petite amie.

Aborfazl Karimi est né le 27 novembre 2001. Il était un travailleur et le seul soutien de famille. Il avait moins de 18 ans au moment de son arrestation lors des manifestations de novembre 2019.

Abolfazl Karimi a été condamné à 27 mois de prison et une amende de 10 millions de Tomans par les tribunaux révolutionnaires et pénaux. Il est actuellement détenu au pénitencier du Grand Téhéran.

Cinq autres manifestants qui ont été poursuivis avec lui ont tous été libérés de prison depuis lors. Sur les cinq personnes arrêtées, quatre avaient moins de 18 ans au moment de leur arrestation.

Le jeune homme a déclaré que lors de son interrogatoire à la prison d’Evine de Téhéran, on lui a dit que s'il ne parlait pas, ils amèneraient sa mère.

J'ai dit : « Que dois-je faire ? Ils ont dit que je devais dire que je portais une arme. » J'ai dit : « Je serai ruiné, et ma vie sera détruite. Ils m'ont dit qu'ils allaient amener ma petite amie pour la violer. J'ai pleuré », a écrit Abolfazl Karimi dans sa lettre, ajoutant qu'il avait été soumis à une « grave torture psychologique. »

Le jeune homme dit qu'il n'a eu droit qu'à un seul appel à sa famille pendant ses deux premiers mois de détention. Il a ensuite été transféré à la prison de Fashafuyeh.

Abolfazl Karimi a écrit qu'il était l'unique soutien de famille et qu'il était inquiet la survie de ses parents en son absence.

Il travaille dans la prison, où il nettoie différentes parties de la prison. Voici le texte d'une lettre qu'il a envoyée à sa sortie de prison :

« J'ai été arrêté le 20 novembre 2019 par des agents des services du renseignement des pasdarans... Je courais vers mes amis et les agents ont tiré deux fois en l'air au moment où j’arrivais à la hauteur de mes amis. Ils ont tiré une autre salve et j'ai mis les mains au-dessus de la tête. Un des agents m'a donné un coup de pied au visage et je suis tombé. Un autre m'a donné un coup de pied au ventre et a utilisé un langage vulgaire. Un autre agent m'a frappé à la tête avec son arme et ma tête s'est brisée et a commencé à saigner. Ils m'ont mis un sac sur la tête et m'ont forcé à monter dans une voiture. Environ trente minutes plus tard, nous sommes arrivés au service du renseignement des pasdarans dans mon quartier d'Akbar Abad.

« Un des agents m'a frappé à l'estomac et je ne pouvais pas respirer... Dix agents m'ont battu pendant près d'une heure et puis l'un d'entre eux m'a dit d'avouer. J'ai pleuré et j'ai dit que je n'avais rien fait. L'agent a utilisé un langage vulgaire et a dit que je mentais... (Dans une autre salle d'interrogatoire) J'ai été battu pendant environ 10 minutes par quatre à cinq agents. »

« J'ai été forcé de m'asseoir avec les mains et les pieds liés sur des tuiles froides jusqu'au matin. (Le lendemain) J'ai été violemment battu par un autre agent dans la voiture. J'ai été interrogé pendant deux jours à Evine. »

« Si j'ai participé aux manifestations, c'est à cause de l'augmentation du prix de l'essence et de la nourriture et parce qu'au vu de la situation économique de l'Iran, j'étais en crise. Mes dépenses étaient supérieures à mon salaire. Le fait que ma mère et mon père étaient malades, et mes autres problèmes ne faisaient qu'ajouter à ma souffrance et je me suis joint aux manifestations pour protester contre ces conditions. Cependant, le juge Asgar Jahangiri m'a accusé de lourdes charges telles que la diffusion de propagande contre la République islamique d'Iran, le sabotage et l'incendie volontaire de bâtiments publics et de l'État et la perturbation de l'ordre public, ce que je n'ai pas accepté. Je n'ai pas les moyens de payer la caution de 50 millions de toman (environ 1985 €), et je suis donc maintenu dans un état d'incertitude dans la prison du Grand Téhéran depuis le 30 novembre 2019. Ma famille n'a pas de conditions de vie convenables et ces problèmes vont déchirer ma famille. Ma mère est malade, et sa vie pourrait être en danger. »

« Je me suis joint aux protestations en raison de ma situation difficile et de celle d'autres personnes comme moi. Ceux qui ont participé aux manifestations de novembre 2019, qui sont descendus dans la rue pour revendiquer leurs droits, traversent maintenant des moments difficiles dans la grande prison de Téhéran. Ils essaient de repousser la COVID-19 malgré le manque de soins et d’installations en prison. »

« Nous souffrons de problèmes psychologiques en prison parce que nous voulions que justice soit faite. On attend de notre cher peuple qu’il soutienne ses compatriotes et qu’il résiste toujours à l’injustice. »

Né le 27 novembre 2001, Abolfazl Karimi avait moins de 18 ans lorsqu’il a été arrêté en novembre 2019. Il a travaillé comme ouvrier dans une usine de chaussures dans le district de Bagh-Sepahsalar à Téhéran.

Il a été arrêté dans les rues de Téhéran le 20 novembre 2019 au cours des manifestations nationales. Il a été emmené au quartier 2A de la prison d'Evine et il a ensuite été transféré au pénitencier du Grand Téhéran le 23 janvier 2020.

Sa première audience a eu lieu le 3 mai devant la 26e branche du tribunal révolutionnaire de Téhéran. Il a été accusé de « conspiration et collusion contre la sécurité » et de « diffusion de propagande contre l'État » et il a été condamné à deux ans de prison et six mois de travail forcé dans le secteur des services publics à raison de quatre heures par jour. La peine a été réduite à un an et six mois de prison.

Il a également été condamné à 15 ans de prison par la 101e section du tribunal pénal de Nasimshahr le 4 juillet pour « sabotage, incendie criminel, vol et trouble de l'ordre public. » Cette peine a été réduite à neuf mois de prison et à une amende de 10 millions de Tomans (environ 393 €) en appel.

Karimi a également été accusé d'avoir mis le feu à un véhicule de la municipalité, mais il a nié cette accusation.

Les cinq autres manifestants qui ont partagé son affaire sont Nima Norouzi (15 ans), Amir Hossein Jafari (16 ans), Amir Hossein Mahmoudpour (16 ans), Ali Pirmohammadi (18 ans), et Alireza Hasan Khani (24 ans, marié et père d'un enfant).

Amir Hossein Jafari et Amir Hossein Mahmoudpour ont chacun été condamnés à trois mois de prison mais ils ont été libérés après six mois de prison.

Ali Pirmohammadi a été condamné à trois mois de prison mais il a été libéré après quatre mois de prison.

Nima Norouzi a été condamné à trois mois de prison mais a purgé cinq mois et 17 jours avant d'être libéré. Alireza Hasan Khani a été condamné à trois mois de prison et a été libéré en conséquence.

Les amis d'Abolfazl Karimi, Amir Hossein Jafari et Amir Hossein Mahmoudpour, ont été torturés à l'aide de décharges électriques au niveau du cou, les mains et le front devant lui pendant leur incarcération.

Il a entamé une grève de la faim en mars pour protester contre son maintien en détention sous un statut indéterminé.

Source : Iran HRM