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Arsham Rezaee iranCSDHI - Un militant des droits de l'homme iranien a dénoncé le maintien par un tribunal iranien de sa peine de huit ans et demi de prison comme étant injuste en raison de ce qu'il a qualifié de multiples injustices dans l'affaire qui l'oppose à la justice iranienne.

« Je m'oppose au verdict et je n'ai rien fait de mal », a déclaré Arsham Rezaee à VOA Persan lors d'un entretien téléphonique depuis son domicile à Téhéran cette semaine.

Rezaee, un ouvrier du bâtiment de 28 ans, faisait référence à ce qu'il a dit être la décision d'une cour d'appel de Téhéran, samedi, de maintenir la peine de prison à laquelle il a été condamnée l'année dernière après son arrestation le 7 janvier 2019 dans la capitale. Il est en liberté sous caution depuis le 13 novembre.

Le 27 février 2019, un tribunal iranien de première instance avait condamné Rezaee à une peine de huit ans et demi de prison pour « diffusion de propagande contre le régime islamiste de l'Iran », « conspiration en vue de porter atteinte à la sécurité nationale », « insulte des dirigeants de la nation » et « possession d'alcool ». Le juge du Tribunal révolutionnaire qui a rendu le verdict était Mohammad Moghisseh, que le Département du Trésor américain a sanctionné en décembre pour avoir supervisé ce qu'il a qualifié d' « innombrables procès inéquitables, au cours desquels les accusations n'ont pas été étayées et les preuves ont été ignorées. »

Dans une interview accordée en mars 2019 au Centre pour les droits de l'homme en Iran, basé à New York, la mère du militant, Keshvar Rezaee, a déclaré que son fils, Arsham, avait été arrêté pour avoir participé à des manifestations pacifiques anti-gouvernementales, pour avoir informé le public iranien des conditions de vie des prisonniers politiques et pour avoir rencontré leurs familles.

S'adressant à VOA Persan, Arsham Rezaee a décrit comment les autorités iraniennes ont déposé de fausses accusations contre lui pour justifier sa détention.

Rezaee a déclaré que l'accusation de « diffusion de propagande contre le régime » était liée à une photo de lui que des agents de sécurité iraniens ont trouvée dans son téléphone portable, qu'ils avaient confisqué lors de son arrestation. Il a déclaré que la photo le montrait brandissant une pancarte disant « Non aux exécutions » lors d'une manifestation de 2018 contre la condamnation à mort du militant kurde iranien Ramin Hossein Panahi. L'Iran a ensuite exécuté Panahi en secret en septembre de cette année-là.

Quant aux autres accusations, Rezaee a déclaré que les agents de la sécurité qui ont saisi son téléphone ont fouillé dedans pour trouver ses amis, et ont arrêté deux d'entre eux et en utilisant les arrestations comme prétexte pour l'accuser de faire partie d'un complot.

Rezaee a déclaré que les agents ont également affirmé avoir trouvé un carnet, lors d'une perquisition à son domicile, contenant les mots « Mort au Dictateur » - un chant populaire des manifestants anti-régime qui ont exprimé leur colère envers le Guide suprême iranien, l'Ayatollah Ali Khamenei, ces dernières années. C'est sur la base de cette inscription dans son carnet qu'il a été accusé d'avoir insulté les dirigeants iraniens, a-t-il déclaré. On ignore si l'activiste a écrit cette phrase dans le carnet.

Une autre injustice citée par Rezaee est son affirmation selon laquelle les agents iraniens de la sécurité qui l'ont interrogé l'année dernière ont fait pression sur lui pour qu'il signe une confession écrite devant une caméra. Il n'a pas précisé s'il avait signé une telle confession forcée.

Rezaee a également noté que son avocat, dont il n'a pas révélé l'identité, n'a pu accéder à aucun dossier pour l'aider dans sa défense.

Le militant a exprimé l'espoir qu'il n'aurait finalement pas à purger une peine de huit ans et demi de prison. L'article 134 du code pénal iranien stipule que les accusés ne doivent purger que la peine de prison la plus longue dans les affaires impliquant des condamnations sur des chefs d'accusation multiples. Dans le cas de Rezaee, la peine la plus longue appliquée aux quatre accusations portées contre lui était de cinq ans.

Les médias officiels iraniens n'ont rien dit sur le maintien de la peine de prison de Rezaee par la cour d'appel ni sur l'application de l'article 134 dans son cas.

Les accusés dont la peine de prison est confirmée par les cours d'appel iraniennes doivent généralement attendre plusieurs semaines avant que les décisions ne soient remises aux autorités pénitentiaires, qui délivrent alors une citation à comparaître pour que le condamné se rende dans une prison afin de commencer à purger sa peine.

Source : Stop au Fondamentalisme