Publié le : 4th septembre 2020

CSDHI – Une femme de 23 ans a tenté de se suicider dans la tristement célèbre prison de Qarchak à Téhéran en Iran, le 31 août.

Elle se suicide dans l’indifférence totale des autorités

Selon un site web consacré aux droits humains, les gardiens de la prison n’ont pas tenté de venir en aide à la femme blessée.

Une source informée a déclaré au site web des droits humains, Javaneha, que « les autorités de la prison étaient indifférentes à son sort. D’ailleurs, ils ne l’ont même pas emmenée à l’infirmerie. » Selon les informations, elle a été pansée puis reconduite dans sa cellule.

« Elle est très faible et elle est en très mauvais état. Elle pourrait mourir à tout moment », a déclaré la source au site web.

La jeune femme s’est tranché l’artère du cou avec le bord coupant du couvercle d’une boîte de conserve.

« Elle s’est évanouie parce qu’elle saignait abondamment. D’autres prisonniers ont forcé les gardiens de la prison à la sauver. Mais les gardiens ne l’ont même pas emmenée à l’infirmerie et l’ont seulement sortie de sa cellule, l’ont pansé et l’ont ramenée dans sa cellule. »

Les autres prisonnières ont protesté contre l’indifférence des gardiens, mais on leur a dit : « Elle ira bien, ne vous inquiétez pas. »

C’est le 4ème suicide connu au cours des deux derniers mois dans la prison de Qarchak. Les femmes détenues à la prison de Qarchak se sont suicidées par le passé en raison du comportement abusif des responsables de la prison. Mais pas seulement. Les conditions de détention épouvantables et la pression mentale importante leur mènent la vie dure.

Toxicomanie, agressions sexuelles et attaques dans la prison de Qarchak

Des informations font état d’addictions, d’agressions sexuelles et de passages à tabac brutaux des détenues de la prison de Qarchak. Dance cet établissement carcéral, se trouvent environ 2 000 femmes et quelques enfants. Les femmes estiment qu’elles n’ont pas d’autre choix que de se suicider pour ne plus faire face à ces conditions horribles.

A propos de la drogue, elle est présente à l’intérieur de la prison avec l’aide des autorités et des gardiens. Les autorités pénitentiaires menacent les prisonnières de les mettre en isolement pour empêcher les protestations carcérales. Selon Javaneha, les gardiens de prison n’interviennent pas dans les bagarres brutales entre les détenues.

Les prisonnières agressées par des codétenues ou des gardiens de prison

Les femmes subissent des pressions et sont victimes d’agressions sexuelles. Les gardiens de la prison de Qarchak maltraitent et abusent des femmes. Ils usent également d’injures et d’insultes dégradantes. De ce fait, la plupart des prisonnières souffrent de problèmes psychologiques.

Selon un compte-rendu du 14 juillet, HRANA a déclaré que des prisonnières plus âgées agressent sexuellement les nouvelles détenues dans plusieurs sections de la prison. Les caméras de sécurité dans les toilettes ont été cassées par les détenues. Or c’est là où les prisonnières sont battues et agressées sexuellement. Bien qu’elles soient au courant de ces agressions, les autorités pénitentiaires sont indifférentes et ne réparent pas les caméras. Même les travailleurs sociaux de la prison ferment les yeux sur les agressions sexuelles.

En août dernier, environ 200 femmes de la prison ont écrit une lettre à un responsable de la prison de Téhéran. A cet égard, elles ont détaillé les conditions horribles qui règnent dans la prison.

Selon les femmes, certaines prisonnières ont pris l’habitude de se blesser, une manière néfaste de faire face à la douleur émotionnelle, à la colère intense et à la frustration. D’autres prennent des poignées de tranquillisants pour supporter leur stress émotionnel.

Plus récemment, l’universitaire britanno-australienne Kylie Moore-Gilbert a été transférée dans la célèbre prison. Plusieurs prisonnières politiques sont également détenues dans cette prison à côté de dangereuses criminelles.

 

Source : Iran News Wire

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