Publié le : 5th septembre 2020
Abbas-Mohammadi-Hadi-Kiani-Majid-Nazari-Mehdi-Salehi-and-Mohammad-Bastami

De gauche à droite Abbas Mohammadi Hadi Kiani Majid Nazari Mehdi Salehi et Mohammad Bastami

CSDHI – Pour commencer, sur les 34 prisonniers politiques condamnés à mort en Iran, 10 sont des condamnés à mort iraniens qui ont participé à des manifestations nationales en 2017, 2018 et 2019. Tous les manifestants ont été condamnés à mort lors de procès manifestement inéquitables. Et leurs aveux ont été extraits sous la torture pour les incriminer devant le tribunal.

Un manifestant à Ispahan a déjà été pendu par le régime. Mostafa Salehi a été exécuté le 5 août pour son rôle dans les manifestations de décembre 2017/janvier 2018 à Ispahan. Ce père de deux enfants a déclaré avoir été torturé pour avouer un meurtre qu’il n’avait pas commis. Il a clamé son innocence jusqu’à sa mort.

Prison d’Adel Abad – Chiraz, sud-ouest de l’Iran

  • Navid Afkari Sangari

Navid Afkari Sangari, 27 ans, a été condamné à six ans et six mois de prison et à 74 coups de fouet. Il a été accusé du meurtre d’un agent de sécurité et d’avoir participé aux manifestations de 2018 à Chiraz. Deux de ses frères ont été condamnés à 81 ans de prison et au fouet pour avoir participé à des manifestations en 2018.

La condamnation à mort de Navid a été confirmée par la cour suprême. Toutefois, sa demande d’appel a été rejetée. Navid Afkari est célibataire et travaillait comme plâtrier avant son arrestation. Il est aussi lutteur et a remporté plusieurs médailles de championnats nationaux.

Navid a envoyé plusieurs messages-audio depuis la prison réfutant l’accusation de meurtre portée contre lui. Il dit avoir été forcé d’avouer le meurtre sous la torture.

« D’abord, ils m’ont enfoncé un sac en plastique sur la tête et l’ont maintenu jusqu’à ce que j’étouffe presque. Ensuite, ils m’ont brutalement battu les mains, le ventre et les pieds avec des matraques tout en utilisant de vulgaires blasphèmes et insultes. Et enfin, ils m’ont aussi attaché et versé de l’alcool dans le nez », écrit-il dans une lettre de la prison.

D’après son avocat, les témoignages des tortures qui ont été inclus dans le dossier du manifestant ont été ignorés par les juges du tribunal. Ses aveux sous la torture ont été utilisés comme preuve de meurtre.

De nombreux politiciens, dont le président américain Trump, et des athlètes célèbres ont demandé au régime de mettre fin à la peine de mort.

Pénitencier du Grand Téhéran (prison de Fashafuyeh)

  • Amir Hossein Moradi, 26 ans
  • Saied Tamjidi, 28 ans
  • Mohammad Rajabi, 26 ans

Amir Hossein Moradi, Saeed Tamjidi et Mohammad Rajabi ont tous été condamnés à mort pour leur participation aux manifestations de novembre 2019 à Téhéran. En effet, ils sont accusés d’avoir été des « chefs d’émeute » selon le pouvoir judiciaire du régime.

Amir Hossein a été brutalement battu par les forces de sécurité lors des interrogatoires qui ont suivi son arrestation. Selon une source proche de sa famille, il a déclaré avoir été soumis à des électrochocs. On lui a en outre dit que s’il ne coopérait pas, son séjour en isolement serait prolongé. Il a déclaré qu’un agent est monté sur sa poitrine, endommageant sa cage thoracique.

Mohammad Rajabi et Saeed Tamjidi ont dit avoir reçu des coups de pied, avoir été suspendus la tête en bas et avoir été battus à plusieurs reprises.

Les « aveux » d’Amir Hossein ont été utilisés comme preuve par le tribunal pour les condamner tous les trois. Pourtant, il a déclaré au juge lors de son procès qu’il avait été forcé d’avouer sous la torture puis il s’est rétracté.

Saeed et Mohammad ont fui en Turquie après l’arrestation d’Amir Hossein. Cependant, ils ont été déportés en Iran où ils ont été arrêtés.

Prison de Dastgerd – Ispahan, centre de l’Iran

  • Hadi Kiani, 30 ans – Marié
  • Mehdi Salehi Qaleh Shahrokhi, 37 ans – Marié, père d’une fille de 7 ans
  • Mohammad Bastami, 28 ans – Marié
  • Majid Nazari Kondari, 26 ans
  • Abbas Mohammadi, 29 ans – Marié, père de deux enfants

De gauche à droite : Abbas Mohammadi, Hadi Kiani, Majid Nazari, Mehdi Salehi et Mohammad Bastami

La deuxième branche du tribunal révolutionnaire d’Ispahan a condamné à mort Hadi Kiani, Mehdi Salehi, Mohammad Bastami, Majid Nazari et Abbas Mohammadi en mars.

Hadi a été arrêté le 10 mars 2019 pour avoir participé aux manifestations nationales de janvier 2018. Il a été torturé pendant les interrogatoires pendant au moins 40 jours après son arrestation.

Le tribunal révolutionnaire avait retenu huit chefs d’accusation de sécurité nationale vaguement définis contre les cinq manifestants iraniens du couloir de la mort, dont « corruption sur terre », « moharebeh » (hostilité envers Dieu) et « baghi » (rébellion armée) par l’utilisation d’armes à feu.

Prison de Khoram Abad – Iran occidental

  • Mohammad Keshvari

Mohammad Keshvari a été arrêté pour son rôle dans les manifestations de novembre 2019. Il a été condamné à mort par le tribunal révolutionnaire, le 28 juin 2020.

L’Iran utilise les exécutions politiques pour empêcher de futures manifestations

Au lieu d’essayer de résoudre la pléthore de problèmes économiques et sociaux du pays, qui a effectivement transformé la population iranienne en une poudrière, le régime a plutôt choisi d’accroître la répression. Le régime iranien exécute des prisonniers politiques et des manifestants pour intimider les éventuels protestataires et empêcher de futures manifestations.

Lors de la dernière vague de manifestations en novembre 2019, le régime a abattu et tué au moins 1 500 manifestants en quelques jours seulement. En outre, pendant ces quelques jours, Internet avait été coupé par le régime des mollahs.

Selon un nouveau compte-rendu du Rapporteur Spécial des Nations unies sur l’Iran, « près de la moitié des corps des victimes révèlent en définitive, qu’elles ont été tuées d’une balle dans la tête ou dans le cou et dans la poitrine ou le cœur. »

Le schéma des tirs sur les organes vitaux, établi par des témoignages oculaires, des séquences vidéo et les causes documentées des décès, démontre que les forces de sécurité « tiraient pour tuer ». Ou ne se souciaient pas de savoir si leurs actions allaient causer la mort », indique le document.

Source : Iran News Wire

 

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