Publié le : 5th septembre 2020

CSDHI – A ce jour, Navid Afkari, manifestant iranien condamné à mort, a été transféré vers un lieu inconnu. En revanche, ses deux frères ont été battus et transférés en guise de punition. La famille Afkari s’est exprimée ouvertement pour faire la lumière sur les procédures judiciaires manifestement injustes du régime. Le transfert a fait craindre l’exécution de Navid. Probablement parce que le régime possède des antécédents en matière de pendaison secrète de prisonniers politiques.

Un transfert inquiétant de prisonniers

Pour commencer, l’avocat de Navid a déclaré aujourd’hui à la chaîne Telegram Emtedad que les trois frères Afkari ont été transférés de leurs cellules à la prison Adel Abad de Chiraz. Chiraz est une ville située dans le sud-ouest de l’Iran.

« La famille Afkari a annoncé que Navid a été transféré dans la partie publique de la prison depuis jeudi. Et ils ont perdu tout contact avec lui », a déclaré Hassan Younesi à la chaîne Telegram qui opère depuis l’Iran.

Younesi a déclaré que la famille a par la suite confirmé que ses deux autres frères, les manifestants Habib et Vahid, ont également été emmenés dans un lieu inconnu.

« Les familles des prisonniers ont le droit de connaître l’état et la santé des membres de leur famille en prison », a déclaré l’avocat.

Selon d’autres sources, Habib et Vahid ont été battus puis transférés à la « Section d’orientation », où les prisonniers sont détenus en guise de punition.

Un militant « réformiste » iranien a également tweeté aujourd’hui que « Navid Afkari a été transféré vers un lieu inconnu à 21h jeudi. »

« Les demandes de la famille auprès des autorités de la prison ont été futiles », a tweeté Mehdi Mahmoudian aujourd’hui.

Disparition de Navid Afkari

Selon HRANA, Navid Afkari a été transféré dans une section de sécurité de la prison d’Adel Abad pour couper ses liens avec l’extérieur.

La section est gérée par les forces de sécurité. Les prisonniers politiques y sont généralement transférés comme punition. Les prisonniers ne sont pas autorisés à communiquer avec leur famille ni à recevoir des visites. Ils ne peuvent pas non plus quitter la section. Les prisonniers n’ont pas facilement accès à l’extérieur.

L’article de HRANAa décrit l’état épouvantable de la « Section d’orientation », où les deux autres frères, Vahid et Habib, ont été transférés.

Les prisonniers de cette section n’ont pas accès à des couvertures et à des lits. Ils sont obligés de dormir sur un tapis sale et abîmé. Les têtes des prisonniers sont rasées à leur entrée dans la section. La section ne dispose pas d’appareils de refroidissement et de chauffage. Les prisonniers n’ont pas un accès adéquat aux douches, à l’eau potable et aux téléphones. Les prisonniers sont obligés de boire l’eau du robinet ou des toilettes. Les prisonniers condamnés pour des délits dangereux ou les prisonniers qui commettent des délits en prison sont transférés dans la « section d’orientation » à titre de punition.

Selon HRANA, les frères Afkari n’ont pas été informés de l’endroit où ils ont été emmenés et de la raison de leur transfert.

Selon un journaliste de la télévision officielle, les « aveux » forcés de Navid Afkari ont été diffusés sur la télévision du régime ce soir. Il semblerait que le régime ait diffusé les « aveux » forcés de Navid Afkari en réaction à la vague mondiale de soutien à l’annulation de sa condamnation à mort.

L’agonie de Navid

Navid Afkari, un champion national de lutte âgé de 27 ans, a été condamné à six ans et six mois de prison et à 74 coups de fouet. Il a été accusé du meurtre d’un agent de sécurité et d’avoir participé aux manifestations de 2018 à Chiraz. Il a nié les accusations puis a déclaré dans plusieurs fichiers audio et lettres de prison qu’il avait été forcé d’avouer le meurtre sous la torture.

« Ils m’ont mis un sac en plastique sur la tête et l’ont gardé jusqu’à ce que j’étouffe. Ils m’ont brutalement battu les mains, le ventre et les pieds avec des matraques tout en utilisant de vulgaires blasphèmes et insultes. Ils m’ont aussi attaché et versé de l’alcool dans le nez », écrit-il dans une lettre de prison.

D’après son avocat, les témoignages de torture qui figuraient dans le dossier du manifestant ont été ignorés par les juges du tribunal. De surcroît, ses aveux sous la torture ont été utilisés comme preuve du meurtre.

De nombreux politiciens, dont le président américain Trump, et des athlètes célèbres ont demandé au régime de mettre fin à la peine de mort.

La condamnation à mort de Navid a été confirmée par la Cour suprême et sa demande d’appel a été rejetée.

Ses deux frères Habib et Vahid ont été condamnés à 81 ans de prison au total et au fouet pour avoir protesté en 2018.

Source : Iran News Wire

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