Publié le : 27th août 2020
Nasrin Sotoudeh

Nasrin Sotoudeh, avocate et prisonnière politique en Iran

CSDHI – L’avocate des droits humains, Nasrin Sotoudeh, a été transférée à la clinique de la prison d’Evine au 9ème jour de sa grève de la faim.

Nasrin Sotoudeh, dans un état critique, a été transférée à la clinique de la prison d’Evine à 19 heures le 19 août 2020. Le même jour, son mari Reza Khandan l’écrivait sur son compte Facebook ; il citait une compagne de cellule de sa femme en permission ce jour-là.

La compagne de cellule de Mme Sotoudeh a déclaré : « Nasrin avait l’intention de ne plus boire de l’eau et des liquides pour protester contre l’arrestation de sa fille, Mehraveh. »

Khandan a ajouté qu’ils n’auraient pas de nouvelles de Nasrin Sotoudeh avant plusieurs jour. En effet il y a des restrictions sur l’utilisation des téléphones dans le quartier des femmes d’Evine. »

Nasrin Sotoudeh a entamé une deuxième grève de la faim depuis le 11 août 2020, pour protester contre le refus du régime de libérer les prisonniers politiques en pleine pandémie et à cause des « conditions de détention cruelles ».

« Les conditions de vie des prisonniers politiques en Iran sont devenues si difficiles qu’il est impossible de poursuivre leur détention dans ces conditions répressives », a écrit Mme Sotoudeh.

Appel à l’ONU

Auparavant, l’avocat de Mme Sotoudeh, Mohammad Moghimi, avait écrit au Secrétaire général de l’ONU, António Guterres. Il lui avait demandé la libération de sa cliente et d’autres prisonniers politiques en Iran.

La lettre a été publiée le 17 août, après l’arrestation de Mehraveh Khandan, la fille de Mme Sotoudeh, pendant plusieurs heures. Dans cette lettre, M. Moghimi a exprimé son inquiétude quant à la vie de sa cliente à cause de sa grève de la faim.

Il a en outre souligné que le régime iranien ignorait les principes internationaux des droits humains et ses propres lois. Ainsi en pleine pandémie du Covid-19 dans ses prisons , il met la vie des prisonniers en grave danger.

Il a exhorté M. Guterres à prendre des mesures urgentes pour convaincre le régime iranien de respecter ses obligations internationales et ses lois internes. Il lui a demandé de faire libérer sans condition Nasrin Sotoudeh et d’autres prisonniers politiques.

Pour exercer plus de pression sur Mme Sotoudeh, les autorités ont arrêté sa fille de 20 ans à son domicile  le 17 août 2020.

Elle a été arrêtée sans préavis sur la base d’accusations d’outrage et d’agression, puis elle a été libérée sous caution.

Les autorités ont également récemment bloqué le compte bancaire de Nasrin Sotoudeh, privant ainsi la famille de fonds.

Source : Iran HRM