Publié le : 5th décembre 2020
répression

Répression de la dissidence

CSDHI – Rien que le mois dernier, les forces de sécurité ont arrêté de nombreux journalistes, écrivains et citoyens.

La journée contre la censure nous remémore les horreurs vécues par les journalistes, écrivains et dissidents

Depuis 2008, l’Association des écrivains iraniens a déclaré que le 3 décembre était la Journée de lutte contre la censure. Chaque année, l’association, ses membres et de nombreux Iraniens se souviennent des meurtres en chaîne, des années 1988 et 1998. Sans oublier les meurtres de nombreux autres écrivains, traducteurs, poètes et militants politiques.

Nombre de ces meurtres ont eu lieu dans les années 1980 et 1990. Ce sont les services de sécurité de la République islamique qui les ont perpétrés. Des accidents de voiture planifiés, des coups de couteau, des fusillades et des injections de potassium pour provoquer des crises cardiaques sont de cas de ces horribles meurtres en chaîne. Et ils ont frappé au cœur des communautés culturelles iraniennes.

Le régime a assassiné Pirooz Davani, Majid Sharif, Mohammad Mokhtari et Mohammad Jafar Pouyandeh, tous membres de l’Association des écrivains, entre septembre et décembre 1998. Les autorités ont assassiné Dariush Forouhar et son épouse, Parvaneh Eskandari Forouhar, militants politiques et critiques du gouvernement, le 22 novembre 1998. Ces assassinats ont déclenché une crise profonde dans la société iranienne et pour le régime de la République islamique.

Des meurtres en chaîne commis par le régime des mollahs

Comme de nombreux assassinats perpétrés par le régime, la série d’assassinats connus sous le nom de « meurtres en chaîne » n’a pas vraiment eu de fin définitive. En effet, personne n’a jamais identifié ceux qui ont ordonné ces assassinats. Et lorsque les auteurs – des agents du ministère du renseignement – ont été identifiés et traduits en justice, ils n’ont pas été punis.

Finalement, le règne de la terreur a pris fin. Et la société a émergé, marquée mais capable de fonctionner avec un peu moins de peur. Et pourtant, les écrivains, les journalistes et les dissidents continuent de subir la censure, la répression, les longues peines de prison et même le meurtre.

Rien qu’au cours du dernier mois, les autorités iraniennes ont arrêté de nombreux journalistes, écrivains et citoyens. Juste parce qu’ils ont écrit ou publié des articles sur des sujets que les responsables de la sécurité de la République islamique n’acceptaient pas.

Medhi Mahmoudian, journaliste

Le tribunal de la culture et des médias a convoqué Mehdi Mahmoudian. Il s’agit d’un journaliste et membre de l’Association pour la défense des droits des prisonniers. Les pasdarans ont porté plainte contre lui et l’ont arrêté le mardi 1er décembre 2020.

Au cours de l’année passée, la justice l’avait convoqué plusieurs fois et interrogé. Elle l’avait condamné à un an de prison en septembre 2020 pour une affaire précédente. Puis, un tribunal l’a accusé pour ses « activités de propagande contre le régime. » La dernière arrestation du journaliste faisait suite à ses informations selon lesquelles des journalistes d’IRNA avaient été interrogés après avoir accordé un entretien à Habibollah Sayari, le coordinateur adjoint de l’armée iranienne. Les autorités ont depuis transféré Mahmoudian à la prison d’Evine. Il existe d’autres détails sur son cas qui restent inconnus.

Vida Rabbani

Des agents de la sécurité ont arrêté Vida Rabbani, correspondant de l’hebdomadaire Seda, le 28 novembre. La raison de son arrestation demeure inconnue.

Amin Moradi

Toujours le 28 novembre, l’Association des écrivains a annoncé que les SSF avaient également arrêté Amin Moradi, l’un de ses membres. Les agents de sécurité ont fait une descente au domicile du poète et écrivain. Ils ont confisqué ses effets personnels, notamment ses ordinateurs portables, téléphones portables et livres. Puis, ils l’ont emmené à la prison d’Evine. Dans cette affaire, comme dans beaucoup d’autres, les responsables de la sécurité et de la justice n’ont pas répondu aux questions sur les raisons de sa détention, y compris celles de la famille et des amis d’Amin Moradi.

Mehrnoosh Tafian

Un tribunal a convoqué Mehrnoosh Tafian, un journaliste basé à Ahwaz, puis arrêté et envoyé en prison le 1er décembre, à cause d’une plainte des pasdarans. Diverses sources ont cité la couverture faite par Tafian des manifestations dans le village d’Abolfazl près d’Ahwaz, comme la raison de son arrestation. Parviz Fattah dirige la Fondation pour les opprimés de la révolution islamique, sous la supervision du Guide suprême. Elle a commencé à détruire des maisons dans le village en août. Puis, elle a affirmé qu’elle était propriétaire des terres. La Fondation a pour mission d’améliorer la vie des personnes les plus pauvres et les plus défavorisées d’Iran.

Pour en savoir davantage : https://iranwire.com/en/features/8224

Toute contradiction, toute pensée libre et indépendante du joug des mollahs est entravée ou supprimée

Dans la République islamique, il est courant que des arrestations soient effectuées et que des personnes soient détenues sans que personne n’en sache jamais rien. Souvent, les agences de sécurité font pression sur leurs familles. Elles leur ordonnent de ne parler ni à la presse ni à qui que ce soit d’autre de l’incarcération de leurs proches.

En Iran, les agences de sécurité,  procèdent à de multiples arrestations de dissidents, de journalistes, de militants. Ils agissent souvent sous l’impulsion du pouvoir judiciaire. Toute personne qu’ils considèrent comme ayant des idées ou des croyances contradictoires à celles de la République islamique. Et cela arrive toutes les semaines, tous les mois. Il semble également que plus la situation économique et sociale est mauvaise en Iran et plus le niveau de mécontentement de la population à l’égard du gouvernement est élevé, plus les mesures de sécurité visant les écrivains, les journalistes et les citoyens actifs sur les réseaux sociaux sont nombreuses.

Source : Iran Wire