Publié le : 11th janvier 2021
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Les infirmières d’Iran en colère

CSDHI – Les protestations sont de plus en plus fréquentes dans tout l’Iran, malgré les dangers posés par la pandémie du coronavirus et les forces de sécurité officielles. Malgré cela, ces derniers jours ont vu d’intenses protestations de la part des infirmières et des travailleurs de la santé.

Ils ont en fait organisé sept manifestations au cours des quatre derniers jours seulement à Ahwaz, Chiraz, Yazd, Yasouj, Bafgh et Karaj, pour réclamer le paiement de leurs salaires et de leurs avantages.

Protestations des infirmières dans la province du Khouzistan

De nombreuses infirmières des centres médicaux et des hôpitaux d’Ahwaz et des villes environnantes ont organisé une manifestation mardi. Elles se sont retrouvées devant le gouvernorat du Khouzistan pour protester contre la discrimination injuste et le manque de sécurité de l’emploi. En effet, elles exigeaient être payées au même titre que les infirmières officiellement engagées. Elles voulaient que le gouvernorat et l’université des sciences médicales du Khouzistan s’attaquent à ces problèmes.

« Ils ont déduit nos salaires et nos avantages sociaux pendant des mois consécutifs. Nous avons traversé des moments difficiles au cours de l’année dernière en raison de l’épidémie du coronavirus », ont déclaré les infirmières.

Le même jour et au même endroit, les infirmières engagées par la société Ava Salamat à Ahwaz, ont protesté contre l’absence de réponse à leurs demandes. Elles ont affirmé que les infirmières employées dans le privé travaillent les mêmes heures et font le même travail que celles employées dans le système de santé public. Cependant elles sont payées deux à quatre millions de Tomans de moins.

Dimanche, on a licencié les infirmières de certains hôpitaux du Khouzistan. Leurs employeurs n’ont pas payé leur salaire.

Protestations des infirmières dans la ville de Karaj

Mardi, le personnel de santé de l’hôpital de Karaj a protesté devant le gouvernorat d’Alborz. Il s’insurgeait contre le non-paiement des salaires et des prestations depuis quatre ans.

Ils ont chanté : « Assez de promesses creuses, nos paniers de nourriture sont vides. »

Protestations des infirmières dans la ville de Yazd

Lundi, des soignants engagés par des entreprises privées se sont rassemblés devant le gouvernorat de Yazd pour protester contre les écarts de salaire entre eux et le secteur public.

« Nous avons travaillé avec des soignants officiels. Mais au moment du paiement des salaires et des avantages, nous avons moins qu’eux, car nous sommes des infirmières contractuelles et nous n’avons pas le droit de nous y opposer », ont-ils déclaré.

Les protestations des infirmières à Bafgh City

Lundi également, des infirmières du centre médical de Bafgh ont protesté à l’extérieur du gouvernorat en déposant des plaintes similaires. Elles ont réclamé leurs prestations, faisant remarquer qu’elles travaillent tout autant que les autres infirmières, mais sans aucun droit.

Protestations des infirmières dans la ville de Yasouj

Des infirmières bénévoles, qui luttent contre le coronavirus depuis plus de dix mois, ont protesté dimanche devant le gouvernorat. L’université des sciences médicales de Yasouj refuse de les embaucher.

Sur leur pancartes, il était écrit : « Le sacrifice ne doit pas être compensé par le chômage. » Et « nous avons vaincu le virus mais avons été licenciées. »

Protestations des infirmières dans la ville de Chiraz

Les infirmières et les employés des centres médicaux privés ont protesté devant le gouvernorat avec des pancartes. On pouvait lire : « Nous vous avons aidés dans les pires conditions ; vous nous abandonnez dans les pires circonstances. Nous revendiquons nos droits. »

Le 1er janvier, les infirmières et le personnel de l’hôpital de Kowsar se sont rassemblés. Elles protestaient contre les salaires impayés, avec des pancartes sur lesquelles on pouvait lire « payez nos salaires » et « nous protestons. »

« Le régime clérical exploite les infirmières et les soignants. En échange de leurs sacrifices et de leur travail acharné en première ligne pour lutter contre le coronavirus, il ne paie pas leurs salaires et leurs avantages ou il les licencie », a déclaré le Conseil national de la résistance iranienne (CNRI).

Source : Iran Focus (site anglais)