bastille paris expo iran 1CSDHI - Une exposition sur la place de la Bastille à Paris ce vendredi 29 septembre 2017, a mis en avant une demande d’un rapport de l’ONU réclamant une enquête indépendante sur les massacres perpétrés en 1988 dans les prisons en Iran.

 

L’exposition avait pour but d’attirer l’attention sur l’un des crimes les plus monstrueux de la dictature religieuse dans ses prisons.

Sur la place, un mur de 14 m long a été érigé avec des photos de victimes. Un entassement de souliers représentait les disparus suite à ces exécutions.

Plus de 30 000 prisonniers politiques ont été exécutés durant l’été 1988 en Iran, suite à une fatwa de Khomeiny. La plupart des responsables de ces crimes sont actuellement à des postes clés du pouvoir iranien.

Durant cette exposition il a été donné lecture à des extraits de biographie de quelques-unes de ces âmes volées.

Cette exosition a donné lieu à plusieurs interventions.

Gilbert Mitterrand, président de la fondation France-Libertés – Danielle Mitterrand a déclaré : c'est un hommage à la mémoire d'un passé douloureux, mais en se rassemblant c'est aussi pour demander justice que les bourreaux soient identifiés et jugés.

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Pierre Bercis, président des Nouveaux Droits de l’Homme (NDH), a appuyé la demande d'une enquête internationale sur le massacre et a appelé les Etats à ne pas se laisser duper par le régime iranien. « Veillons, a-t-il dit, que la nouvelle administration (en France) ne soit pas emportés par les turpitudes du régime iranien. »

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Massoumeh Cheykhi, infirmière et ancienne prisonnier politique, a pour sa part apporté quelques témoignages émouvants sur ces compagnons de cellule aujourd’hui exécutées.

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Hélène Fathpour, membre de la commission des Femmes du CNRI, a lu des témoignages des rescapés de la répression ou des familles des victims : « Je m’appelle Farzaneh Majidi et je téléphone de Londres. Cinq membres de ma famille ont été exécutés par les mollahs, dont deux tantes, Mehranguiz et Soheila Mohammad-Rahimi, en 1988. Soheila avait 18 ans lors de son arrestation et Mehranguiz 22 ans. Quand elles ont été exécutées, ma grand-mère était aussi en prison. »

« Zahra Bijan-Yar, est une de ces 30.000 âmes fauchées en pleine jeunesse. « Quand elle a été arrêtée, elle avait 23 ans, raconte sa sœur Zohreh. Elle avait trouvé un travail. Elle avait un esprit très ouvert, elle aimait aider les gens. Elle venait de se marier et elle était enceinte. On en a informé à plusieurs reprises la prison, mais elle a perdu son bébé sous la torture. Elle avait été condamnée à sept ans derrière les barreaux. Quand on allait la voir, on voyait bien qu’elle prenait des coups. Mais elle avait toujours le moral, elle avait un si joli rire, elle aimait tellement la vie.

« La dernière fois que j’ai vue Zahra au parloir, c’était le 18 juillet 1988, au lendemain du cessez-le-feu dans la guerre Iran-Irak. J’étais très contente et je lui ai dit : la situation va s’améliorer. Mais elle m’a répondu : « non, je suis très inquiète. J’ai entendu des choses, que Dieu nous vienne en aide. Ils préparent quelque chose. »

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Afchine Alavi, membre de la commission des affaires étrangères du CNRI a insisté sur la nécessité du déclenchement d’une enquête indépendante internationale par l’ONU. Ce rapport récent de l’ONU doit aboutir, a-t-il dit, à une traduction en justice des autorités du régime impliquées dans ces crimes.

Amnesty International vient d’alerter sur les destructions des fosses communes de victimes des massacres dans certaines villes iraniennes.

La Rapporteuse spéciale de l'ONU sur la situation des Droits de l'Homme en Iran (Mme Asma Jahangir) précise dans son rapport récent : « En août 2016, un enregistrement audio d’une réunion entre de hauts fonctionnaires de l’État et des dignitaires religieux en 1988 a été rendu public. Il révèle les noms des responsables qui ont ordonné les exécutions et les ont justifiées; en font notamment partie l’actuel Ministre de la Justice, un juge de la Haute Cour de Justice toujours en fonction et le directeur de l’une des principales institutions religieuses du pays, qui était également candidat aux élections présidentielles tenues au mois de mai. »

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