Publié le : 30th avril 2019

mineurs exécutés fouet iranCSDHI – Les autorités iraniennes ont fouetté et exécuté en secret deux jeunes garçons âgés de moins de 18 ans pour de multiples accusations de viol, a rapporté, lundi, Amnesty International, condamnant le « mépris total du pays pour le droit international et les droits des enfants ».

Les cousins Mehdi Sohrabifar et Amin Sedaghat, arrêtés à l’âge de 15 ans et condamnés à la suite d’un « procès inéquitable », ont été exécutés, le jeudi 25 avril à Chiraz, dans le sud du pays, selon le groupe de défense des droits humains basé au Royaume-Uni.

Selon Amnesty International, les adolescents ignoraient qu’ils avaient été condamnés à mort peu de temps avant leur exécution et ils avaient des marques de fouet sur le corps, montrant qu’ils avaient été fouettés avant les exécutions.

Amnesty a appris que les autorités du régime iranien avaient fouetté les deux garçons dans les derniers moments de leur vie, puis procédé à leur exécution en secret.

Leurs familles et leurs avocats n’ont pas été informés à l’avance des exécutions et ont été choqués d’apprendre cette nouvelle.

« Les autorités iraniennes ont prouvé une fois de plus qu’elles étaient hélas prêtes à tuer des enfants, au mépris flagrant du droit international », a déclaré Philip Luther, directeur d’Amnesty pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, dans un communiqué.

« Il semble qu’ils aient cruellement gardé ces deux garçons dans l’ignorance de leur condamnation à mort pendant deux ans, les ont fouettés dans les derniers moments de leur vie, puis procédé à leurs exécutions en secret », a-t-il ajouté.

« L’application de la peine de mort à l’encontre des personnes âgées de moins de 18 ans au moment des faits est strictement interdite par le droit international des droits humains et constitue une atteinte flagrante aux droits des enfants…».

Depuis 2017, les deux garçons avaient été placés dans un centre de détention pour mineurs et transférés à la prison d’Adelabad, à Chiraz, un jour avant leur exécution.

Leurs familles ont eu l’autorisation de leur rendre visite, mercredi, mais elles n’ont pas été informées de la peine de mort, a déclaré Amnesty.
Le lendemain, le 25 avril, les familles ont soudainement reçu un appel de l’organisation de médecine légale iranienne, l’institut médico-légal de l’état, les informant des exécutions et leur demandant de récupérer les corps.

Les procédures judiciaires ayant abouti à la condamnation et à la peine des deux garçons étaient injustes et violaient de manière flagrante les principes de justice pour les mineurs. Après leur arrestation, ils ont été détenus pendant deux mois dans un centre de détention de la police, où ils auraient été battus. Ils n’ont également pas eu accès à un avocat pendant le processus d’enquête, selon Amnesty International.

Amnesty déclare que le fait de soumettre des enfants à un interrogatoire de police en l’absence d’un tuteur ou d’un avocat constitue une violation de la Convention relative aux droits de l’enfant.

Premier bourreau pour les enfants

Amnesty International affirme que le régime iranien reste le principal bourreau du monde des mineurs et qu’il est constamment condamné pour ses violations des droits humains.

En tant qu’État partie à la Convention relative aux droits de l’enfant et au Pacte international relatif aux droits civils et politiques, l’Iran est légalement tenu de traiter toute personne de moins de 18 ans comme un mineur et de veiller à ce qu’elle ne soit jamais passible de la peine de mort ou de l’emprisonnement à perpétuité.

Entre 1990 et 2018, Amnesty a enregistré les exécutions de 97 prisonniers condamnés comme mineurs.

Au moins 253 personnes, dont sept de moins de 18 ans au moment des faits, ont été exécutées dans le pays l’année dernière, selon le rapport annuel d’Amnesty, publié ce mois-ci.

Entre-temps, plus de 90 mineurs sont restés dans le quartier des condamnés à mort, a révélé le groupe de défense des droits humains.

« Nous avons identifié une tendance selon laquelle les autorités iraniennes procédaient à des exécutions de mineurs délinquants en secret et sans donner de préavis aux familles, apparemment dans le but délibéré d’éviter le scandale mondial », a déclaré Luther.

« Il est d’autant plus important que les acteurs internationaux influents tels que l’Union européenne intensifient leurs interventions diplomatiques et publiques afin de faire pression sur l’Iran pour qu’il mette fin à l’application de la peine de mort à l’encontre des jeunes délinquants ».

Source : Les droits de l’homme en Iran

 

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