Publié le : 10th novembre 2020
prison iran

Le monde carcéral en Iran

CSDHI – Les prisonniers politiques iraniens sont « systématiquement affamés » par les gardiens afin de briser leur volonté. Mais pas seulement. Il s’agit aussi de les forcer à faire de faux aveux et d’obtenir des déclarations publiques de repentance, selon le coordinateur de la Campagne pour le changement en Iran, Struart Stevenson.

Les autorités s’en prennent une fois de plus aux prisonniers politiques

Stevenson, qui est un ancien membre du Parlement européen, a expliqué que le régime craint un autre soulèvement qui pourrait éliminer le pouvoir en place. Le ministère du renseignement et de la sécurité (MOIS) et le chef du pouvoir judiciaire Ebrahim Raisi ont donc ordonné une répression des détenus politiques dans l’espoir d’effrayer les futurs manifestants pour qu’ils se soumettent.

Les détenus supportent de graves pénuries alimentaires. Il ne mangent pas d’œufs. Cela ne leur laisse que 10 à 12 cuillères de riz de mauvaise qualité (lire : « puant et pourri ») par jour. Les prisons défendent cette situation en disant que les prisonniers peuvent acheter plus de nourriture au magasin de la prison.

De la nourriture pourrie, enfermement

De nombreux prisonniers n’ont pas de revenus et ne peuvent pas obtenir d’argent de leur famille parce qu’ils étaient le soutien de celle-ci.

L’approvisionnement en eau contaminée dans les prisons signifie que les détenus doivent acheter de l’eau à des prix surestimés.

La privation de nourriture provoque un stress mental, qui est une forme supplémentaire de torture contre les prisonniers. D’autres méthodes sont utilisées, comme la mise en boîte de 70 personnes dans une cellule destinée à n’en contenir que 20, sans ventilation et avec une seule toilette entre elles, séparées par un simple « rideau sale », de sorte que l’odeur se répand dans toute la cellule. Elles peuvent y rester pendant des semaines sans nourriture adéquate ou autre chose.

Les torturer par tous les moyens

« Les gardiens les forcent à signer un engagement de repentir de leurs opinions politiques et à se prosterner devant eux. Seulement après, les autorités les renvoient dans les quartiers officiels de la prison. Là, au moins, ils ont le droit de sortir chaque matin au soleil de 7 à 8 heures pendant que l’on procède à un comptage », a écrit Stevenson.

Le prisonnier politique Soheil Arabi a fourni une grande partie de ces informations dans des lettres et des fichiers audio. On a transmis ces derniers clandestinement à sa famille à sa sortie de prison. Les autorités l’ont torturé et battu à plusieurs reprises pour ses conditions de détention divulguées. Elles ont même arrêté sa propre mère, accusée de « collusion » et de « diffusion de propagande contre l’État », et gravement torturée.

Témoignage de Soleil Arabi

« Le courage de M. Arabi pour exposer les conditions de détention inhumaines en Iran comprenait une description détaillée des pillages et des viols en prison, avec la pleine connivence des gardiens carcéraux. Selon Arabi, les gangs d’extorsion et les voleurs s’attaquent aux nouveaux arrivants dans les prisons de Téhéran. Ils les dépouillent de toute possession et les violent souvent. Il dit que ce comportement est non seulement toléré mais il est aussi ouvertement encouragé par les gardiens et les directeurs de prison », ajoute Stevenson.

Il rapporte que les inspections mensuelles des cellules des prisonniers sont particulièrement « sadiques », les pasdarans (IRGC) aidant les responsables de la prison à piller les cellules des effets personnels, battant les prisonniers qui se plaignent ou même regardent les soldats en face.

Alors que les prisonniers ne peuvent pas recevoir de soins médicaux, même s’ils les paient.

Source : INU

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