Publié le : 2nd septembre 2019

enfants des rues iranCSDHI – Les mendiants dans la capitale iranienne, Téhéran, gagnent plus de 319 000 € par mois, a déclaré le député de l’Organisation de protection sociale de la République islamique, Mohammad Reza Fazelinejad.

S’adressant à l’Agence de presse des étudiants iraniens (ISNA), dirigée par l’État, Fazelinejad a déclaré le dimanche 1 septembre : « En distribuant directement de l’argent aux gamins des rues, aux enfants travailleurs et aux mendiants, les citoyens de Téhéran augmentent le nombre de vagabonds, tandis que leurs versements sont finalement enlevés aux pauvres. »
Pour sa part, Fazelinejad a affirmé que les enfants et les mendiants des rues à Téhéran étaient à 90 %, des étrangers.

Auparavant, le vice-gouverneur de Téhéran avait estimé à 4 000 le nombre d’enfants qui se mendient dans les rues de la capitale, dont 80 % d’entre eux étaient des ressortissants étrangers.

Selon la conseillère municipale de Téhéran, Mme Elham Fakhkhari, plus de trois millions d’enfants travaillent en Iran. Certains d’entre eux sont des colporteurs et des pauvres.

Dans le même temps, le responsable du Centre iranien de recherche sur le sida, Minoo Mohraz, a déclaré que 4 à 5 % des enfants qui vendent dans les rues en Iran étaient porteurs du VIH.

Le ministère des coopératives, du travail et des affaires sociales de la République islamique a averti en juillet dernier que le nombre d’enfants travailleurs avait considérablement augmenté. Un demi-million d’enfants âgés de 10 à 17 ans travaillaient ou cherchaient un emploi en 2017, a révélé le ministère, avant que l’économie iranienne ne se détériore.

Reza Jafari, directeur du bureau de l’organisation iranienne des affaires sociales, a déclaré à l’agence de presse ILNA, en avril 2018 : « les enfants qui travaillent sont si nombreux et aucune organisation ne peut à elle seule résoudre le problème. »

Selon les statistiques de l’UNICEF de 2012, jusqu’à 11,4 % des enfants iraniens auraient un travail illégal. Bien que la loi iranienne interdise aux enfants de moins de quinze ans de travailler, le crime organisé et la pauvreté mènent à leur exploitation.

La traite des êtres humains rend le suivi du travail des enfants extrêmement complexe. Les gangs ciblent les enfants sans abri, souvent issus des familles de réfugiés sans papiers en provenance d’Afghanistan. Un certain nombre de ces enfants sont forcés de travailler dans l’agriculture et la construction avec des adultes croulant sous les dettes.

Les groupes du crime organisé forcent les enfants à travailler dans la rue, à mendier ou à vendre des marchandises. Certains rapports ont identifié des enfants aussi jeunes que trois ans qui ont été forcés de faire ce travail. De nombreux enfants subissent également des violences physiques et sexuelles de la part des trafiquants et sont parfois forcés de devenir toxicomanes.

Source : Radio Farda