Publié le : 16th novembre 2020
manifestants iran

1500 manifestants tués en Iran en novembre 2019

CSDHI – C’est le premier anniversaire des manifestations iraniennes antigouvernementales de novembre 2019.

Sur Twitter,  l’hashtag « quel novembre ? » se répand à grande vitesse

A cette occasion, les utilisateurs de Twitter ont utilisé l’hashtag #كدام_آبان, « Quel novembre ? » pour commémorer les manifestants tombés au combat. Mais pas seulement. Ils ont tweeté aussi pour exprimer leur indignation face à la répression brutale de ces protestations.

On a créé l’hashtag lorsque le bureau du Guide suprême du régime a appelé la sœur d’un manifestant tué.

« Ils ont appelé le portable de ma mère. Elle m’a passé le téléphone. Celui qui était au bout du fil a dit qu’il travaillait au bureau du Guide suprême ». C’est ce qu’a déclaré Pouran Hashamdar, la sœur du manifestant Mohammad Hashamdar, tombé au combat, dans une interview à Radio Farda.

L’homme appelait au sujet de la plainte déposée par la famille Hashamdar concernant le meurtre de leur fils.

L’indifférence confirmée des proches du Guide suprême

« Il m’a demandé si j’avais déposé une plainte. J’ai répondu que oui. Il m’a demandé de quoi il s’agissait. J’ai répondu que les forces avaient tué mon frère, en novembre dernier (Aban en persan). Il m’a dit : « Quel mois de novembre ? J’ai répondu, pendant le sanglant mois de novembre 2019. Il a déclaré : Nous suivons votre affaire. Et la conversation s’est terminée là. »

Les protestations « Aban » sont très connues en Iran. Pourtant, les Iraniens sont indignés par la réponse du Bureau d’Ali Khamenei. Ce qui en ressort, c’est une indifférence du régime sur le meurtre brutal d’au moins 1 500 manifestants.

Les utilisateurs de Twitter déchaînés contre les meurtriers du régime

Les utilisateurs de Twitter ont transformé la réponse du Bureau en hashtag pour rappeler au régime les atrocités qu’il a commises l’année dernière.

Un utilisateur a tweeté : « Ils ont tué mon fils ici, mon père dans la rue d’à côté. Ma sœur a été tuée sur le chemin du retour, mon frère est mort sous la torture en prison. Ils ont tué ma mère sur la place, ma fille sur le chemin de l’école. Et moi, Ils m’ont mis en pièces chaque jour de ma vie. Aban continuera. »

Un utilisateur a posté la photo de Nikta, 14 ans, et a écrit : « Demain, ils lui tireront dessus à la tête », en référence au premier anniversaire du jour où les forces de sécurité ont tué Nikta.

Un autre utilisateur a tweeté en réponse à « Quel mois de novembre ? » et il a écrit : « Le même mois de novembre où vous avez tiré sur Amir Reza Abdollahi, 13 ans, à Shahriar. »

Un autre utilisateur a écrit : « Le même mois de novembre où vous avez donné l’ordre direct de tirer sur les manifestants, à la tête. Et de ne pas tirer en l’air pour éviter que les balles ne soient gâchées. Le même mois où vous avez seulement envoyé des agents sous couverture pour arrêter les manifestants par crainte pour votre propre vie. »

Il s’agit d’une référence à un enregistrement radio de police. En effet, celui-ci avait fait l’objet d’une fuite lors des manifestations de novembre 2019.

Twitté 110 000 fois

De nombreux utilisateurs ont exprimé leur colère sur les raisons pour lesquelles le régime n’a pas encore annoncé le nombre exact de manifestants tombés et d’autres détails de la répression brutale, après un an.

Un compte Twitter qui analyse les activités des médias sociaux a écrit que le 13 novembre, l’hashtag #کدام _آبان a été vu 159 millions de fois, et tweeté et retweeté 110 000 fois.

Les autres hashtags utilisés étaient « bloody November » et « November will go on », qui ont commencé le premier jour du mois persan d’Aban (22 octobre).

1 500 manifestants tués

Le CNRI, basé à Paris, un bloc d’opposition en exil qui cherche à mettre fin au régime clérical iranien, a déclaré dans un communiqué du 15 décembre 2019 que le régime a tué plus de 1500 hommes, femmes et enfants durant les manifestations.

Plus tard, dans un article du 23 décembre, Reuters a annoncé que les responsables du ministère iranien de l’Intérieur ont dit que 1500 manifestants avaient été tués au cours des trois à quatre jours de manifestations dans tout le pays. Selon l’article, Khamenei a réuni ses hauts responsables de la sécurité et du gouvernement et il a ordonné : « Faites tout ce qu’il faut pour les arrêter. »

Les responsables iraniens ont nié le bilan de Reuters. Sept mois plus tard ils ont laissé entendre qu’environ 200 à 225 personnes avaient été tuées.

En mars, Amnesty International a déclaré que 23 enfants figuraient parmi les personnes abattues dans les rues en novembre 2019.

Près d’un an après les manifestations sanglantes de novembre 2019, les forces répressives arrêtent et condamnent de nombreux manifestants à de lourdes peines de prison. Les mollahs ont pendu deux manifestants tandis qu’ils en ont condamnés à mort au moins huit.

Source : Iran News Wire

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