Publié le : 12th janvier 2021
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Ra’d Hamdani, Ghasi Khasraji et Sajjad Dabat

CSDHI – Le tribunal révolutionnaire de Dezful en Iran a condamné trois jeunes manifestants à un total de 40 ans de prison pour leur participation à des manifestations contre la hausse du prix de l’essence en novembre 2019.

Les agents du renseignement arrêtent trois manifestants de 2019

Des agents des services du renseignement ont arrêté les trois manifestants Ra’d Hamdani, 23 ans, Ghasi Khasraji, 19 ans, et Sajjad Dabat, 20 ans, au cours des manifestations nationales de novembre 2019, dans le comté de Shush, dans le sud-ouest de l’Iran.

La justice a condamné Ra’d Hmdani à 20 ans de prison. Elle a prononcé des peines de 10 ans de prison contre Ghasi Khasraji et Sajjad Dabat. Elle les a accusés de Moharebeh (guerre contre Dieu), pour avoir mis le feu à une station-service et à des affiches d’Ali Khamenei.

Les trois manifestants ont subi des tortures physiques et psychologiques dans un centre de détention des services du renseignement pendant plusieurs mois pour les forcer à avouer avoir vandalisé des biens publics pendant les manifestations.

Les trois manifestants sont emprisonnés dans la prison de Masjed Soleiman.

Placés en détention avec des criminels

Les trois hommes sont des prisonniers politiques. Et pourtant, les autorités iraniennes les ont emprisonnés dans une section avec des criminels. Le but est d’accroître la pression sur eux.

Selon les lois pénitentiaires iraniennes, les prisonniers doivent être séparés en fonction de leurs crimes, une loi qui n’est pas appliquée par le régime iranien afin de mettre davantage de pression sur les prisonniers politiques.

Des protestations ont éclaté dans tout l’Iran en novembre 2019 avec une augmentation brutale d’au moins 50 % du prix de l’essence. En quelques heures, des manifestants indignés dans différentes villes ont réclamé la fin de la théocratie du régime iranien et la chute de ses dirigeants.

Dans de nombreux endroits, les forces de sécurité ont réagi en ouvrant le feu sur les manifestants non armés, en grande partie des jeunes hommes de 19 à 26 ans sans emploi ou à faibles revenus, selon les témoignages et les vidéos.

1500 personnes tuées en 2019

Les forces du régime ont tué plus de 1 500 hommes, femmes et enfants pendant les manifestations. Elles ont arrêté des milliers d’autres.

Dans un article du 23 décembre, Reuters a déclaré que les responsables du ministère iranien de l’intérieur ont également déclaré que 1500 manifestants sont morts au cours des trois ou quatre jours de protestation dans tout le pays. Selon l’article, Khamenei a réuni ses hauts responsables de la sécurité et du gouvernement. Ensuite, il a émis un ordre : « Faites tout ce qu’il faut pour les arrêter. »

Les responsables iraniens ont nié le bilan de Reuters et après sept mois, ils ont laissé entendre qu’environ 200 à 225 personnes avaient été tuées.

En mars, Amnesty International a déclaré que 23 enfants figuraient parmi les personnes abattues dans les rues en novembre 2019.

Près d’un an après les manifestations sanglantes de novembre 2019, le régime détient toujours de nombreux manifestants. Il les a condamnés à de lourdes peines de prison. Les autorités ont pendu deux manifestants, et elles ont condamné à mort au moins huit personnes.

Source : Iran HRM