Publié le : 19th février 2021
Conseil de censure iranien

Conseil de censure iranien

CSDHI – Le Conseil suprême du cyberespace iranien a adopté une nouvelle loi hier. Ce conseil de censure a déclaré que les sites web et les comptes de médias sociaux comptant plus de 5 000 spectateurs ou membres seront surveillés par des organismes judiciaires et gouvernementaux.

Selon l’agence de presse officielle IRNA, le régime surveillera des plateformes de médias sociaux. Il s’agit notamment d’Instagram, Twitter et Telegram.

Le Conseil suprême du cyberespace de l’Iran

IT Iran est un site web qui couvre l’actualité technologique. Il a écrit que selon la loi, les propriétaires de comptes doivent immédiatement retirer les informations, nouvelles ou autres contenus « irréels » dès qu’ils en sont informés. Ils doivent poster une explication, puis en faire part aux autorités compétentes.

Les comptes surveillés comprendront les canaux, pages, sites web et applications de médias sociaux. Tous ceux qui comptent plus de 5 000 spectateurs ou membres.

Le ministère de la culture et de l’orientation islamique coopère avec le ministère des affaires étrangères. Selon la nouvelle loi, ils doivent mettre en place un mécanisme de collecte d’informations sur les « points de contact » des comptes et des plateformes de médias sociaux. Leur objectif est de « lutter activement contre les fausses informations. »

Le Conseil suprême du cyberespace de l’Iran est créé en 2012 sur décret du Guide suprême de l’Iran, Khamenei

Selon Reporters sans frontières (RSF), l’Iran fait partie de la liste des 20 pires prédateurs numériques de la liberté de la presse en 2020.  Cela comprend des entreprises et des agences gouvernementales qui utilisent la technologie numérique pour espionner et harceler les journalistes. Mais pas seulement, ils compromettent ainsi la liberté d’accès aux nouvelles et à l’information.

L’Iran est également classé 173ème sur 180 pays dans le classement mondial de la liberté de la presse de RSF pour 2020.

Un plan directeur de censure

En octobre 2020, le Conseil suprême du cyberespace a confirmé le plan du réseau national d’information (intranet). C’est un « master engineering design » pour un intranet domestique séparé de l’internet mondial à des fins de sécurité et de censure.

Proposé en 2005, le réseau national d’information (NIN) est un projet en cours visant à développer un réseau intranet d’infrastructure. Hassan Rouhani a signé le « master engineering design » en septembre.

Selon l’agence de presse officielle Mehr, le but du réseau « national » est de « réduire la dépendance et d’empêcher l’accès des étrangers au cyberespace iranien. » Elle a également déclaré que le NIN créerait un environnement « en accord avec la culture islamique de l’Iran. » Le plan comprend des services logiciels, et des objectifs d’infrastructure.

Les services comprendront un moteur de recherche intranet « national. » En feront partie un messager, des plateformes de médias sociaux, un système de courrier électronique interne, l’enregistrement des utilisateurs et un système d’exploitation national. Un système d’exploitation pour smartphones vise à obtenir au moins 20 % du marché des smartphones. Il fait partie du « master engineering design. »

Il comprendra également des « améliorations » du système dans les institutions de sécurité, d’application de la loi et judiciaires de l’Iran. Cela permettra d’ « identifier » et traiter les crimes et violations dans le cyberespace. Et l’objectif sera de réduire annuellement la criminalité de 25 %.

Les organisations de défense des droits humains ont exprimé leur inquiétude concernant le plan de création d’un réseau national d’information. Elles affirment que les Iraniens n’auront plus de liberté d’information. Elles confirment aussi que le principal objectif du NIN est de couper les Iraniens du monde.

La cyber liberté de l’Iran

L’année dernière, pendant les manifestations de novembre 2019, le régime iranien a mis en place un black-out internet de trois jours. Il a eu ainsi toute la liberté pour réprimer les manifestants et cacher l’ampleur de la répression.

Le 8 octobre, le régime a créé des perturbations sur Internet à Téhéran. C’était à l’occasion d’un rassemblement en hommage au chanteur et musicien légendaire Mohammad-Reza Shajarian. Ils ont scandé « Mort au dictateur. » Ils ont repris un chant du chanteur emblématique lors des manifestations de 2009.

Le 15 octobre, les autorités iraniennes arrêtent deux administrateurs de Telegram à Ardabil, dans le nord-ouest de l’Iran. Elles leur reprochent d’avoir « insulté » des responsables.

Selon Freedom House, l’application de la souveraineté nationale au cyberespace est une tactique utilisée par les gouvernements autocratiques. Elle leur a donné « carte blanche pour réprimer les droits humains tout en ignorant les objections de la société civile locale et de la communauté internationale. »

Les informations indiquent que le gouvernement iranien a coupé les connexions pour cacher la réponse violente de la police aux protestations de masse de la fin 2019. Elles ajoutent qu’il s’agissait là « d’une ultime expression de mépris pour les libertés d’association, de réunion, et le droit d’accès à l’information. »

Source : Iran News Wire