Publié le : 6th novembre 2020
exécution iran

La machine à tuer

CSDHI – Le régime iranien a exécuté quatre personnes dans une seule prison, le 29 octobre. Une fois de plus, il a montré son immense mépris pour les principes universels des droits humains.

Le régime craint le réveil de la colère du peuple

La veille, dans une autre prison, les autorités iraniennes ont pendu un prisonnier à qui elles avaient imposé deux exécutions simulées. C’est un exemple typique et courant de torture psychologique infligée aux prisonniers iraniens.

La raison expliquant l’augmentation des exécutions résulte de la crainte de nouvelles protestations publiques. C’est une peur constante du régime des mollahs depuis 2017. Rappelons-nous, 2017 est la date à laquelle un soulèvement national a menacé de renverser le régime. Deux soulèvements ont suivi, en 2018 et 2019, qui ont pris de l’ampleur et de l’envergure.

Le régime ne craint pas de tuer et ne répond jamais de ses actes

Les autorités iraniennes ont réagi avec violence, espérant effrayer la population pour la soumettre. Elles ont abattu 1 500 manifestants dans la rue en quelques jours. C’était lors du troisième et plus grand soulèvement en novembre dernier.

Le régime n’a pas admis ces meurtres à grande échelle, mais l’Organisation des Moudjahidines du peuple d’Iran (OMPI/MEK) a utilisé son réseau de renseignement établi pour identifier les morts. Les assassins, dont les pasdarans, les forces paramilitaires du Bassidj et les forces de sécurité de l’État (SSF) n’ont jamais eu à rendre compte de leurs actes.

Les Nations Unies doivent intervenir

Le Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI) a exhorté « le Secrétaire général des Nations unies, le Haut-Commissaire aux droits humains, le Conseil des droits humains, les rapporteurs spéciaux concernés et toutes les organisations internationales des droits de l’homme à agir immédiatement pour mettre fin à la torture et aux exécutions en Iran. Il faut qu’ils soumettent le dossier des violations cruelles et systématiques des droits humains du régime iranien au Conseil de sécurité des Nations unies. »

Il serait choquant que les autorités iraniennes ne soient pas tenues de rendre des comptes si ce n’était pas quelque chose qui s’est produit à maintes reprises au cours des 40 dernières années. En 1988, elles ont exécuté 30 000 prisonniers politiques. Elles n’ont jamais eu à rendre de comptes. Et ce, malgré une campagne de la Résistance iranienne. Cela signifie que les auteurs de ces crimes ont été laissés tranquilles pour commettre d’autres atrocités.

Que fait la communauté internationale ?

Cette série de quatre exécutions serait un petit motif d’action internationale. Mais prise dans son contexte, il est évident que ne pas agir entraînera des centaines de milliers de morts supplémentaires.

« Il arrive un moment où le nombre de morts accumulés en Iran devient trop lourd à porter pour les gouvernements étrangers. Pourtant, ils se considèrent comme des défenseurs mondiaux des droits humains. En d’autres termes, la communauté internationale devrait agir plutôt que d’attendre le prochain cas où le régime tentera d’éradiquer la dissidence en masse », a déclaré le CNRI.

A moins que Téhéran ne soit fortement dissuadé, une autre répression de cette ampleur est pratiquement inévitable. Les autorités du régime elles-mêmes ont laissé peu de doutes à ce sujet. Elles se sont mises en garde les unes les autres au cours des trois dernières années contre la menace imminente de nouveaux troubles publics », conclut la déclaration.

Source : INU

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