Publié le : 6th avril 2021

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CSDHI – Dimanche 4 avril, les autorités iraniennes ont exécuté trois condamnés à mort à la prison centrale d’Oroumieh, dans la province de l’Azerbaïdjan occidental (nord-ouest de l’Iran). C’est ce qu’a rapporté l’Organisation des moudjahidines du peuple d’Iran (OMPI/MEK), un mouvement d’opposition iranien. Un jour plus tôt, les gardiens de la prison avaient transféré sept détenus en isolement, les préparant ainsi à l’exécution.

Selon la procédure habituelle, les autorités avaient appelé leurs familles pour qu’elles rendent une dernière visite à leurs proches le même jour. Cependant, ces annonces ont suscité la colère des familles. Ce qui les a poussées à organiser un rassemblement devant la prison.

Trois des prisonniers exécutés étaient détenus dans le quartier 6. Notamment Mohammad Karim Mahmoudi du district d’Oshnavieh, Ahad Habib-Vand et Sadegh Mohi d’Oroumieh.

Selon le site Internet de défense des droits humains No to Prison – No to Execution (Non à la prison – Non à l’exécution), le gouvernement a pendu les trois détenus du quartier 6 pour des motifs liés à la drogue. Par crainte d’une réaction de l’opinion publique, les autorités ont fait passer d’autres prisonniers de l’isolement cellulaire aux quartiers ordinaires. En effet, le gouvernement a fréquemment recours à des simulacres d’exécution pour briser le moral des détenus.

« Les autorités appliquent des peines de mort alors que les cartels de la drogue contrôlés par les pasdarans et des hauts responsables sont les plus gros importateurs en Iran. De plus, les responsables gouvernementaux importent intentionnellement la drogue dans les prisons. Puis ils la distribuent aux détenus. Cependant, ils pendent impitoyablement les pauvres pour des motifs liés à la drogue », affirment les dissidents.

En dépit des punitions sévères infligées par le gouvernement, les observateurs compétents admettent que la peine de mort pour les infractions liées à la drogue n’a pas permis de réduire ce dilemme social.  Elle a plutôt contribué à des résultats inverses. « Pendant de longues années, notre pays s’est appuyé sur la peine de mort et d’autres châtiments lourds pour lutter contre les crimes liés à la drogue », a déclaré le journaliste iranien Ehsan Bodaghi.

Actuellement, beaucoup ont compris que pour ces crimes, l’intensification des châtiments lourds comme l’augmentation du nombre d’exécutions est restée sans effet. Mais de surcroît, le nombre de ces délinquants est en augmentation », a-t-il ajouté.

Selon Iran Human Rights Monitor, les autorités iraniennes ont exécuté au moins 84 détenus au cours des trois premiers mois de 2021. Les défenseurs des droits humains avaient déjà déclaré que plus de 72 % des exécutions ont lieu en secret. Ils ont souligné que le nombre réel d’exécutions est bien plus élevé.

La coalition de l’opposition iranienne, le Conseil national de la résistance iranienne (CNRI), a appelé à maintes reprises la communauté internationale à faire pression sur les autorités iraniennes pour qu’elles mettent fin aux exécutions. Les dissidents iraniens ont également affirmé que toute négociation avec le gouvernement iranien devait être conditionnée à la préservation des droits fondamentaux de la population et à la garantie de ses libertés fondamentales.

Ils avaient lancé des avertissements selon lesquels les ayatollahs profiteraient des négociations pour violer les droits essentiels des citoyens iraniens si les négociateurs américains et européens ne donnaient pas la priorité au respect des droits humains des Iraniens lors des prochaines discussions.

Source : INU

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