Publié le : 8th octobre 2020
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Bahaïs iraniens convoqués à la prison de Birjand le 28 septembre 2020. En haut à gauche : Arezoo Mohammadi, Farzaneh Dimi, Atieh Salehi, Roya Malaki. En bas à partir de la gauche : Nasrin Ghadiri, Ataollah Malaki, Saeed Malaki, Banafsheh Mokhtari.

CSDHI – L’Iran a débouté en appel un groupe de Bahaïs iraniens convoqués pour purger leurs peines de prison.En effet, l’appel avait pour objectif de retarder leur incarcération, pour ne pas s’exposer au coronavirus, selon une source bien informée.

Les Bahaïs convoqués à purger leur peine

Une source iranienne connaissant bien la situation des huit Bahaïs s’est adressé à VOA Persian. En premier lieu, le groupe a reçu des lettres le 28 septembre. Il s’agissait de convocations à se présenter à la prison de Birjand, dans l’est du pays, avant le 10 octobre. Par la suite, une cour d’appel de la province du Khorasan du Sud, dont Birjand est la capitale, a condamné les six femmes et les deux hommes. Ils devront purger des peines de prison allant de 15 mois à 2 ans le 8 septembre.

La source a nommé les huit Bahaïs. Il s’agit de Farzaneh Dimi, Nasrin Ghadiri, Ataollah Malaki, la fille d’Ataollah Roya Malaki, Saeed Malaki, Arezoo Mohammadi, Banafsheh Mokhtari et Atieh Salehi.

Selon la source, la sentence d’un neuvième Bahaï poursuivi avec le groupe, Rahmatollah Dimi, a été annulée par la cour d’appel en raison de son âge. M. Dimi a été acquitté. Le pouvoir judiciaire a initialement condamné le groupe pour avoir perturbé la sécurité nationale et diffusé de la propagande anti-gouvernementale en relation avec la pratique de leur foi, a ajouté la source.

La haine des mollahs iraniens pour la communauté bahaïe

Les religieux chiites au pouvoir en Iran considèrent que les 300 000 Bahaïs du pays sont des hérétiques sans religion. Ils les arrêtent régulièrement pour la pratique de leur foi. Par ailleurs, ils les accusent d’infractions à la sécurité nationale sans divulguer de preuves. Le régime des mollahs les accuse de « propagation » de la foi bahaïe. Plus précisément, les autorités iraniennes la considèrent comme une forme de propagande anti-gouvernementale.

La source de VOA a déclaré que plusieurs des Bahaïs ont reçu leur convocation à purger leur peine de prison. Les deux avocats du groupe ont fait appel aux autorités iraniennes. Ils leur demande de retarder la convocation. Ou de leur permettre de purger leur peine chez eux avec une surveillance électronique de leurs mouvements. Les avocats ont interjeté appel pour éviter aux huit Bahaïs de contracter le coronavirus à la prison de Birjand.

Mardi, la source a déclaré que les huit Bahaïs ont été déboutés en appel. Cela signifie qu’ils doivent se présenter volontairement à la prison, avant le 10 octobre. A défaut, ils risquent d’être arrêtés. A moins que les autorités ne renoncent. Les médias officiels iraniens n’ont pas mentionné les affaires des Bahaïs.

Des conditions de détention dénoncées par Michelle Bachelet

L’Iran a subi la pire épidémie de coronavirus du Moyen-Orient. Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits humains, Michelle Bachelet, a fait une déclaration, mardi 6 octobre. Elle explique que la surpopulation chronique du système pénitentiaire iranien et les mauvaises conditions sanitaires se sont aggravées pendant la pandémie.

Les pénuries d’eau, de produits d’hygiène et de désinfectants, l’insuffisance des équipements de protection et des kits de dépistage ont entraîné la propagation du virus. A cela s’ajoutent le manque d’espaces d’isolement et l’inadéquation des soins médicaux. Tout cela a provoqué un certain nombre de décès, a écrit Mme Bachelet.

« En premier lieu, je demande la libération inconditionnelle des défenseurs des droits humains, des avocats, des prisonniers politiques, des manifestants pacifiques et de toutes les autres personnes privées de leur liberté pour avoir exprimé leurs opinions ou exercé leurs droits d’une autre manière », a déclaré Mme Bachelet. « Il est particulièrement important de rectifier de telles injustices au moment où la COVID-19 circule dans les prisons iraniennes. »

Dans un tweet publié lundi, la représentante de la communauté internationale bahaïe à l’ONU, Diane Alai, a déclaré que les huit Bahaïs ne devaient pas être emprisonnés.

« Premièrement, parce qu’ils sont innocents. Deuxièmement à cause de la situation épouvantable de la COVID-19 en Iran », a-t-elle écrit.

Raids pendant les vacances des Bahaïs

Les neuf accusés faisaient partie d’un groupe plus large de 18 Bahaïs. Les autorités iraniennes ont perquisitionné leurs maisons à Birjand. Les agents de sécurité iraniens ont confisqué leurs biens en octobre 2017. Les raids ont coïncidé avec une fête religieuse des Bahaïs dans le monde entier.

La source de VOA a déclaré que le régime a emprisonné les neuf autres Bahaïs pendant un mois. Par la suite, les autorités les ont libérés sous caution. En définitive, elles les ont condamnés à des peines de prison de plusieurs années. Les cinq hommes et les quatre femmes, Sheida Abedi, Bijan Ahmadi, Firouz Ahmadi, Khalil Malaki, Sohrab Malaki, Saghar Mohammadi, Simin Mohammadi, Maryam Mokhtari et Bahman Salehi, purgent leur peine à la prison de Birjand, a ajouté la source.

Lors d’un briefing avec les journalistes en mai, l’ambassadeur américain pour la liberté religieuse internationale, Sam Brownback, s’est dit « particulièrement » préoccupé par la façon dont l’Iran traite ses prisonniers bahaïs.

Source : VOA