Publié le : 23rd janvier 2021

amnesty interantional iran

Amnesty International(traduction officieuse, le texte original est en anglais et en persan) À l’occasion du troisième anniversaire des manifestations nationales de décembre 2017 et de janvier 2018, Amnesty International renouvelle ses appels à la justice pour les dizaines de manifestants – dont des enfants – qui ont été tués lors des répressions des forces de sécurité iraniennes à travers le pays – et pour leurs familles endeuillées. L’organisation est également solidaire avec ceux qui cherchent la vérité et la responsabilité pour les milliers de manifestants qui ont été arbitrairement détenus, ceux qui ont subi la torture ou d’autres mauvais traitements en détention, ceux qui sont morts en détention dans des circonstances suspectes et ceux qui ont par la suite été condamnés à mort ou exécutés à la suite de procès très injustes.

Trois ans après la répression meurtrière, les autorités iraniennes ont refusé d’ouvrir ne serait-ce qu’une seule enquête pénale sur la litanie de crimes et de violations des droits humains commis par les forces de sécurité iraniennes, tant pendant les manifestations qu’à la suite de celles-ci, notamment les exécutions illégales, les disparitions forcées, la torture et autres mauvais traitements, et des procès grossièrement inéquitables qui ont conduit à l’exécution d’au moins un manifestant et à la condamnation à mort de plusieurs autres.

Au lieu de cela, conformément aux modèles de longue date de dissimulation et de déni de l’État, les autorités ont soumis les familles des victimes à l’intimidation et au harcèlement pour les empêcher de s’exprimer. Elles ont également publié de fausses déclarations et des vidéos de propagande pour nier ou déformer la vérité sur l’usage illégal et généralisé de munitions réelles par les forces de sécurité contre des manifestants qui ne représentaient pas une menace imminente de mort ou de blessure grave, et pour attribuer à tort la responsabilité des meurtres de manifestants à des « émeutiers » armés travaillant pour les « ennemis » de la République islamique d’Iran.

Le porte-parole du pouvoir judiciaire a déclaré le 14 janvier 2018 que 25 personnes avaient été tuées pendant les manifestations, mais l’organisation estime que le nombre réel pourrait être plus élevé.

L’impunité dont jouissent les forces de sécurité et la réponse discrète de la communauté internationale n’ont fait qu’encourager les autorités iraniennes à intensifier leur recours illégal à la force meurtrière lors des manifestations de masse de novembre 2019, qui ont fait des centaines de morts.

La répression meurtrière de décembre 2017 et janvier 2018 a également entraîné un recours croissant à la peine de mort comme arme de répression politique. Au moins un manifestant, Mostafa Salehi, a été exécuté en août 2020 dans le cadre de ces manifestations et cinq autres risquent toujours d’être exécutés, dont Mohammad Bastami, Mehdi Salehi, Hadi Kiani, Abbas Mohammadi et Majid Nazari. Dans un développement sans précédent au cours des dernières décennies, les autorités ont également exécuté le journaliste dissident Rouhollah Zam en décembre 2020 en relation avec sa chaîne d’information populaire AmadNews, qu’elles accusaient d’avoir provoqué les manifestations de décembre 2017 et janvier 2018.

Le cycle des effusions de sang des autorités en Iran ne doit pas se poursuivre.

Il incombe à la communauté internationale de faire pression sur les autorités iraniennes pour qu’elles cessent de recourir à la force meurtrière pour réprimer les manifestations, notamment en demandant au Conseil des droits humains des Nations unies d’ouvrir une enquête internationale indépendante sur les manifestations de novembre 2019, lorsque la répression a atteint un niveau sans précédent depuis les années 1980.

CONTEXTE

Entre fin décembre 2017 et mi-janvier 2018, des milliers de personnes dans plus de 100 villes d’Iran sont descendues dans la rue pour dénoncer la pauvreté, la corruption, la répression politique et l’autoritarisme. À l’époque, l’Iran n’avait pas connu de manifestations de cette ampleur depuis celles qui ont suivi l’élection présidentielle contestée de 2009.