Publié le : 19th mars 2021

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CSDHI – Selon des défenseurs des droits humains en Iran, le régime des mollahs risque d’exécuter le mineur délinquant, Aydin Delaei Milan, de manière imminente. Les autorités l’ont placé en détention il y a deux ans à Téhéran. Il est actuellement âgé de 20 ans.

Dans un acte d’autodéfense, Aydin Delaei Milan a tué son agresseur le 10 septembre 2018. Cependant, les Forces de sécurité de l’État (SSF) l’ont arrêté et transféré à Oroumieh, capitale de la province de l’Azerbaïdjan occidental (nord-ouest).

La Cour suprême confirme la peine de mort

Bien que Milan avait de moins de 18 ans au moment des faits, le juge l’a condamné à mort. Ceci, au mépris flagrant de la Convention relative aux droits de l’enfant. La Cour suprême a confirmé la peine de mort. Puis, elle a envoyé l’affaire au Bureau d’exécution des peines.

Après son arrestation, les autorités ont transféré Milan au centre de détention pour mineurs après des interrogatoires préliminaires. Elles l’ont ensuite transféré dans la tristement célèbre prison de Rajaï Chahr (Gohardasht) à Karaj, capitale de la province d’Alborz, à l’ouest de Téhéran.

En octobre 2020, les agents du régime transfèrent ce délinquant juvénile à la prison centrale d’Oroumieh. Il est dans le couloir de la mort depuis cette date. En Iran, les délinquants mineurs sont régulièrement condamnés à de lourdes peines. La peine capitale en fait partie, en violation des engagements pris par l’Iran en vertu du droit international. La République islamique fait partie des rares États qui exécutent des délinquants mineurs et adolescents dans le monde.

Pourtant, la République islamique d’Iran est partie à la Convention relative aux droits de l’enfant. Elle a adhéré à la Convention en septembre 1991 et l’a ratifiée le 13 juillet 1994.

« Aucun enfant ne doit être soumis à la torture ni à d’autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants. Ni la peine capitale ni l’emprisonnement à vie sans possibilité de libération ne seront imposés pour des infractions commises par des personnes âgées de moins de dix-huit ans », note la convention dans son article 37 (a).

Les autorités iraniennes ont pendu cinq délinquants juvéniles en 2020 et elles en ont tué plusieurs autres sous la torture

Malgré la Convention, le système judiciaire iranien prononce et applique impitoyablement la peine de mort contre les « individus âgés de moins de dix-huit ans. » En 2020, les autorités iraniennes ont pendu au moins cinq délinquants mineurs. Shayan Saeedpour, Majid Ismaeelzadeh, Arsalan Yasini, Moayyed Savari (versant chiite) et Mohammad Hassan Rezaei en font partie.

Toutes ces personnes exécutées avaient été détenues et condamnées à la peine de mort pour des présumés crimes commis avant l’âge de 18 ans. En effet, certaines ont été maintenues en prison pendant une longue période. Par exemple, Mohammad Hassan Rezaei est resté derrière les barreaux pendant 12 ans. Puis, les autorités l’ont exécuté dans la prison de Lakan à Rasht, capitale de la province de Gilan (nord), le 31 décembre 2020.

En outre, les interrogateurs iraniens ont tué sous la torture plusieurs détenus arrêtés avant l’âge de 18 ans. En avril 2020, les autorités ont torturé à mort le délinquant juvénile Danial Zeynolabedini. Et elles l’ont placé en isolement dans la prison de Mahabad. Deux jours plus tôt, il avait appelé sa famille depuis la prison en disant : « Venez me sauver. »

Par ailleurs, en novembre 2020, des interrogateurs ont torturé à mort Mohammad Davaji, 19 ans, à la prison d’Amirabad. Elle se trouve dans la ville de Gorgan, capitale de la province du Golestan (nord). Les tortionnaires ont tué Mohammad devant les autres détenus en disant : « C’est une leçon pour vous. »

Source : Iran Focus (site anglais)