Publié le : 7th juin 2021

filtrage internet

CSDHI – Le filtrage d’Internet en Iran s’est intensifié en vue de l’imminente mascarade électorale présidentielle.

Le mois dernier, les autorités iraniennes ont averti les utilisateurs des médias sociaux et les militants des médias qu’elles traiteraient sévèrement ceux qui appellent au boycott des élections.

Cette mise en garde intervient alors que les Iraniens appellent à un boycott massif de la prochaine farce électorale.

Le 17 mai, le Conseil des gardiens, l’organe chargé de superviser les législations et les élections, a disqualifié les principaux responsables du régime qui avaient demandé à se présenter aux élections. Ils ont ainsi ouvert la voie à la victoire définitive du président de la Cour suprême Ebrahim Raïssi.

Des responsables soutiennent le filtrage d’Internet en Iran

Le mois dernier, plusieurs responsables du régime ont soutenu le filtrage d’Internet en Iran. Ils ont menacé les Iraniens qui appellent au boycott de ce simulacre électoral.

Le 1er juin, le président de la Cour suprême du Kurdistan a déclaré lors d’une réunion que quiconque franchirait la « ligne rouge » du régime dans le cyberespace concernant les prochaines élections serait sévèrement sanctionné. Selon l’agence de presse officielle ISNA, Seyed Hossein Hosseini a déclaré que le pouvoir judiciaire surveillerait les activités de chacun sur Internet. Il a ajouté que les contrevenants seraient traités « sévèrement. » Sans aucune indulgence.

« Une participation maximale et le choix du meilleur candidat sont les priorités les plus importantes des élections. » ce sont les propos du chef du pouvoir judiciaire de la province occidentale lors de la troisième session du Bureau de prévention et d’examen des infractions et violations électorales.

Hossein Hosseini a défendu le filtrage par le régime de tous les candidats aux élections, sauf sept.

« Tous les régimes ont des organisations similaires au Conseil des gardiens. S’il y a un doute sur la compétence de certaines personnes, elles seront examinées », a ajouté le religieux.

Il a également déclaré qu’il fallait utiliser le cyberespace « correctement. » Il faut une approche positive pour parvenir à des élections « saines et ferventes. »

Avant cela, le 28 mai, le chef de la police iranienne, Hossein Ashtari, a menacé les « contrevenants aux normes électorales » et « ceux qui encouragent les gens à ne pas voter. »

« Le Guide (suprême) de la révolution a tout invoqué lors de sa rencontre avec les membres du Parlement. Puis, il a déterminé le devoir de chacun. La police et le pouvoir judiciaire s’occuperont de tous ceux qui transgressent la loi. » C’est ce qu’il a déclaré, selon le site Internet Entekhab.

Le chef des prières du vendredi à Ispahan représente le guide suprême du régime dans la ville, Le 28 mai également,  il a déclaré que l’Iran devrait suivre l’exemple de la Syrie pour les élections.

Des utilisateurs de médias sociaux poursuivis pour leurs publications en ligne

Le 21 mai, un journaliste iranien a indiqué sur Twitter que la justice avait convoqué deux personnes, le 15 mai, pour avoir publié des tweets critiquant le président de la Cour suprême iranienne et le candidat à la présidence Ebrahim Raïssi.

Le tribunal de la culture et des médias est  affilié au pouvoir judiciaire traite des infractions commises dans les médias. D’autres informations indiquent que le chef de ce tribunal a demandé à un certain nombre de journalistes et de reporters de ne pas critiquer Raïssi, le candidat présidentiel préféré du Guide suprême.

Un chercheur en économie, a posté sur Twitter : « … on a contacté et averti un certain nombre de militants de l’information qu’ils ne devaient pas publier de documents critiquant Raïssi sur les médias sociaux. Ce sont les services du renseignement et le système judiciaire qui travaillent au service d’un candidat ! »

On a également signalé que les agents du renseignement des pasdarans ont contacté plusieurs militants des médias sociaux. Ils les ont menacé pour qu’ils ne publient aucun contenu critiquant Raïssi, sous peine d’avoir des « ennuis. »

La police de sécurité et la cyberpolice iranienne (FATA) ont également contacté de nombreux militants. Elles les ont mis sous pression en raison de leurs prises de position.

Une fuite de lettres du pouvoir judiciaire révèle un projet de filtrage d’Internet

Un militant de la liberté d’Internet a récemment révélé une lettre classée top secret. Elle montre que le pouvoir judiciaire du régime a l’intention d’intensifier le filtrage d’Internet en Iran. Il a pour objectif de restreindre l’accès des médias sociaux au matériel électoral, notamment aux appels au boycott du scrutin présidentiel de juin.

Javad Javidnia, chef adjoint du département de la justice dans la province de Téhéran, a signé la lettre. Elle date du 15 mai. Selon celle-ci, les pasdarans (IRGC) sont chargés de « garantir l’exécution de l’ordre. »  Le commandant en chef des pasdarans, Hossein Salami, ainsi que d’autres responsables de l’IRGC sont chargés de « suivre la mise en œuvre » de l’ordonnance. Ils devront prendre des mesures à l’encontre des sociétés de télécommunications qui ne l’exécutent pas dans un délai d’une semaine. Dans cette lettre, le pouvoir judiciaire a menacé de fermeture les entreprises qui refusent de se conformer à l’ordonnance. Elle ajoute que la justice poursuivra les dirigeants de ces entreprises.

Afin de renforcer le filtrage d’Internet en Iran, le pouvoir judiciaire a ordonné aux fournisseurs d’accès à Internet de filtrer Instagram. Ainsi, tout accès par le biais d’outils anti-filtrage, y compris les VPN (réseaux privés virtuels), est impossible. La plupart des Iraniens utilisent des VPN pour contourner le filtre Internet étendu du gouvernement.

Institutions chargées de filtrer Internet en Iran

Conseil suprême du cyberespace (créé le 7 mars 2012)

Corps des gardiens de la révolution islamique ou les pasdarans (créé en mai 1979)

Groupe de travail pour la détermination des cas de contenu criminel (établi en 2009) Entre-temps

Police FATA (créée le 24 février 2011)

Cyber Armée (créée en 2005)

Ali Khamenei joue un rôle important dans la détermination des principales personnes influençant les institutions de filtrage.

Source : Iran HRM