Publié le : 9th juin 2021

Road-and-Urban-Development-Office

CSDHI – Trois ouvriers se sont immolés le 7 juin parce qu’ils n’avaient pas reçu leur salaire depuis des mois. Ces évènements tragiques se sont produits à Kermanshah, dans l’ouest de l’Iran.

Selon Hengaw, le Bureau des routes et du développement urbain ne leur payait plus leur salaire depuis des mois. Cette auto-immolation devant le Bureau des routes et du développement urbain était un acte de protestation. Selon Hengaw, ce sont les forces de secours qui ont sauvé les trois travailleurs. Elles les ont aussitôt transférés dans des hôpitaux. Leur identité n’est pas précisée dans l’article.

L’agence de presse officielle Rokna a écrit que Masoud Sharifi, chef du bureau des routes et du développement urbain, a nié les évènements dramatiques.

M. Sharifi a déclaré que les trois travailleurs n’avaient pas été payés par leur entreprise. Et que celle-ci n’est pas liée au bureau des routes et du développement urbain.

« Les trois travailleurs sont venus au bâtiment numéro deux. Ils ont menacé de s’immoler par le feu. Mais les pompiers et les forces de police les ont arrêtés. Ils les ont mis hors d’état de nuire et l’affaire s’est terminée avant que quelque chose ne se produise », a déclaré Sharifi à Rokna. Sharifi a accusé les médias de publier des mensonges sur l’auto-immolation. Le responsable des relations publiques du service des incendies a également nié que l’auto-immolation avait eu lieu.

Ce n’est pas la première fois que des travailleurs s’immolent sous la pression économique. En octobre 2020, Saber Behboudi, 32 ans, s’est immolé dans le nord de l’Iran. Saber était un travailleur de la mine. cet homme a commis cet acte désespéré pour protester contre son licenciement. Il a subi des brûlures sur 90 % de son corps. Il est décédé plus tard.

Les travailleurs souffrent de la détérioration de l’économie

En Iran, les travailleurs souffrent de la détérioration de l’économie. Ils ont du mal à joindre les deux bouts. Le 5 juin, neuf employés municipaux d’Ahwaz, dans le sud-ouest de l’Iran, étaient arrêtés par la police après avoir manifesté pendant six jours pour réclamer leurs salaires en retard.

En mai, les travailleurs ont organisé 83 rassemblements de protestation dans 41 villes et 24 provinces. Leurs griefs économiques portaient sur des mois de retards de salaires, les conditions de travail pendant la pandémie de COVID-19, la fermeture d’usines, les licenciements et la diminution de leurs salaires.

Le 26 mai, des centaines d’employés et de travailleurs de la National Iranian Oil Company se sont rassemblés pour protester. Ils ont fait grève dans au moins cinq villes et ports pétroliers du sud de l’Iran.

En raison de la faiblesse record de la monnaie nationale et des problèmes économiques, ainsi que de la corruption et de la mauvaise gestion en Iran, le seuil de pauvreté pour une famille de quatre personnes est passé à 10 millions de tomans (environ 339 euros). Le seuil de pauvreté absolue est de 6,8 millions de tomans (environ 230 euros), ce qui place 50 % de la population iranienne, dont de nombreux travailleurs, sous le seuil de « pauvreté absolue. »

Source : Iran News Wire