Un Iranien condamné à mort pour espionnage

Un Iranien, Ali Ashtari, a été condamné à mort après avoir été reconnu coupable d'espionnage au profit d'Israël, a annoncé lundi une source au ministère des Renseignements, citée par l'agence Fars.
"Le tribunal révolutionnaire a jugé Ali Ashtari, espion du régime sioniste, comme Mohareb (ennemi de Dieu sur terre), et l'a condamné à mort", a dit le chef du contre-espionnage au ministère, sous couvert de l'anonymat.

M. Ashtari, dont la télévision avait montré des images en masquant son visage la semaine dernière, a été arrêté il y a un an et demi, selon Fars. L'arrestation remonte à février 2007, selon l'agence Isna.
Il a 43 ans selon Fars, alors qu'Isna lui en donne 45.

Ce verdict survient alors que le ton est récemment entre Israël et l'Iran, au sujet d'une possible attaque israélienne contre le programme nucléaire iranien.
L'exécution de la sentence contre M. Ashtari, qui peut faire appel de ce jugement, nécessite l'accord de la Cour suprême.

"C'est un verdict initial qui nécessite un accord final (de la Cour suprême, ndlr). Le condamné peut faire appel", a dit la source citée par Fars.
L'agence a rapporté les aveux du condamné à son procès. Il s'est présenté comme le directeur d'une société spécialisée dans les télécommunications sécurisées, travaillant entre Téhéran et Dubaï pour des "clients spéciaux en Iran".

Selon M. Ashtari, son activité a "attiré l'attention de certains pays intéressés par l'identité de mes clients".
Il a dit avoir été contacté par deux personnes Jacques Charles et Tony, qui l'ont invité en Thaïlande, Turquie et en Suisse, en se présentant comme des investisseurs potentiels dans son secteur.
"Ils m'ont donné des équipements, dont un ordinateur portable et une valise satellite avec lesquels on peut envoyer des messages cryptés", a dit M. Ashtari, lors du procès, selon Fars.

Le but de l'opération était que M. Ashtari fournisse ces équipements à ses clients iraniens, ce qui aurait permis de les espionner, mais il a expliqué avoir été arrêté avant de pouvoir leur vendre.
 (AFP)