La culture iranienne est colossale: Un concert de musique iranienne

La Voix du Nord – 13.05.2012, « J’ai soixante ans et ça fait quarante-cinq ans que je vis une histoire d’amour avec l’Iran. » …

Christian Perraudin a déménagé à Téhéran lorsqu’il avait quinze ans. Son père, ingénieur, venait d’y être muté. Il ne se souvient plus s’il y est resté sept ou huit ans, mais n’a pas oublié qu’il y est retourné, ensuite, pendant ses propres études d’ingénieur. « La culture iranienne est colossale. On ne peut pas soupçonner à quel point. Il y a beaucoup d’écoles de musique en Iran. On apprend par le bouche à oreille. On écoute des percussions et on essaie ensuite de les reproduire. La musique iranienne est une musique qui s’apprend plus par le coeur que par l’oreille. »

La nostalgie de l’Iran chevillée à l’âme, le Lillois continue de fréquenter la diaspora iranienne. Le ministère des affaires étrangères estime qu’il y avait, en 2008, 10 500 Iraniens vivant sur le sol français. Voilà deux mois tout juste, Christian Perraudin rencontre trois jeunes musiciens d’origine iranienne. Ensemble, ils décident de former un groupe, Kereshmeh (ce qui veut dire « clin d’oeil »). Lui derrière son tonbak, un tambour-calice recouvert d’une peau de chèvre qui se joue avec les dix doigts de la main. Mohsen Karimi et Kamran Akradi aux tanbours, un luth à trois cordes, et Reyhan Boroumand au kamantcheh, une vielle à quatre cordes.
« Musique d’intériorité »
« La musique iranienne est une musique d’intériorité, de réflexion. C’est une musique très fine. Elle est dure à écouter pour les gens bercés par le monde actuel du zapping », confie encore Christian Perraudin avant de préciser : « Même les Iraniens n’écoutent plus beaucoup cette musique. Ils ont envie d’autre chose. De danser, pas de musique grave. Ils ne veulent pas de musiques qui les ramènent vers eux-mêmes. » Le musicien amateur a décidé de ne plus retourner en Iran. « C’est trop dur là-bas. La vie des gens. Le régime. Tout ce qui s’y passe. C’est une mégalopole de fou. »