ats/afp – 07 juin 2012 – Les observateurs de l’ONU ont été empêchés par les autorités syriennes d’accéder au site théâtre d’un nouveau massacre mercredi. Au moins 55 personnes sont mortes.
L’armée syrienne a empêché jeudi les observateurs de l’ONU de parvenir à la région d’Al-Koubeir, ont indiqué des militants. Des dizaines de personnes ont été tuées dans un massacre imputé à des forces fidèles au régime de Bachar al-Assad. «Les troupes armées syriennes empêchent les observateurs de l’ONU d’arriver à Al-Koubeir et dans le village (voisin) de Maazaraf», a rapporté un groupe de militants Sham News Network. Ils ont été arrêtés le matin à un barrage de l’armée et empêchés de poursuivre leur route.
Sausan Ghosheh, une porte-parole des observateurs de l’ONU déployés en Syrie pour surveiller si le cessez-le-feu est respecté, a affirmé que ces observateurs tentaient de parvenir dans cette région dans la province de Hama dans le centre de la Syrie. Interrogée par l’AFP si l’armée bloquait leur arrivée dans la localité, elle a répondu: «Nous essayons de voir ce qui s’est passé.»
Violences évoquées
Selon le directeur de l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), Rami Abdel Rahmane, au moins 55 personnes ont été tuées dans le massacre mercredi. «Quarante-neuf victimes ont été identifiées à Al-Koubeir, majoritairement membres de la famille Al-Yateem», a indiqué M. Abdel Rahmane, précisant que «parmi elles figurent 18 femmes et enfants». Six autres personnes ont été tuées dans un autre village agricole proche.
Dans un précédent bilan, l’OSDH avait fait état de 87 tués au total dans ce massacre tout en soulignant que le bilan n’était pas définitif.
Accusation
Le Conseil national syrien (CNS), principale coalition de l’opposition, a évoqué 80 tués, dont 22 enfants et 20 femmes. Ce massacre a été attribué par le CNS et l’OSDH aux forces du régime qui a démenti. «Ce que quelques médias ont rapporté sur ce qui s’est passé à Al-Koubeir, dans la région de Hama, est complètement faux», a indiqué le Gouvernement syrien dans un communiqué, accusant «un groupe terroriste d’avoir commis un crime haineux dans la région de Hama qui a fait neuf victimes».
Une «provocation» pour faire échouer le plan Annan
Le Ministère russe des affaires étrangères a condamné jeudi le nouveau massacre «barbare» dans la province de Hama en Syrie, jugeant qu’il s’agissait d’une «provocation» visant à faire échouer le plan de paix de l’emmissaire international Kofi Annan.
«Il ne fait aucun doute que certaines forces usent, et ce n’est pas la première fois, de provocations les plus brutales et infâmes pour mettre à mal le plan Annan», a déclaré le porte-parole du Ministère, Alexandre Loukachevitch, qualifiant le massacre dans la région de Hama «d’actes de violences barbares».
Prochaine réunion des Amis de la Syrie le 6 juillet
La réunion à Paris du groupe des Amis de la Syrie se tiendra le vendredi 6 juillet, a précisé jeudi le Ministère français des affaires étrangères après l’annonce récente de son organisation début juillet par le président François Hollande.
Le ministère, par la voix de son porte-parole Bernard Valero, justifie cette convocation par «l’aggravation inquiétante de la situation en Syrie».
L’annonce du 6 juillet intervient le lendemain d’une demande de la Russie d’organiser une conférence internationale sur la Syrie dans le cadre d’un nouveau groupe de contact qui réunirait moins de participants que celui des Amis de la Syrie.
Sans Russes ni Chinois
La Russie, comme la Chine, n’ont jamais participé à cette instance, qui s’est déjà réunie le 24 février à Tunis et le 1er avril à Istanbul, sans parvenir à influer de façon déterminante sur la situation en Syrie.
Moscou a proposé que le nouveau groupe de contact, qui pourrait être soutenu ce jeudi par le médiateur international Kofi Annan, comprenne notamment les cinq membres permanents du Conseil de sécurité, l’Iran et l’Arabie saoudite. La proposition russe ne prévoit pas de participation de l’opposition syrienne.
Interrogé lors d’un point-presse sur la position de la France sur cette non-inclusion d’opposants syriens dans le groupe proposé par la Russie, Bernard Valero n’a pas répondu.
«L’urgence est que la communauté internationale dans son ensemble exprime un soutien fort à la mise en oeuvre effective du plan en six points de l’envoyé spécial des Nations Unies et de la Ligue arabe Kofi Annan», s’est-il borné à dire.
En proposant une conférence internationale, Moscou a redit mercredi la nécessité de soutenir pleinement le plan de Kofi Annan, fustigeant une partie de l’opposition syrienne qui juge qu’il est devenu inapplicable.
Place pour l’opposition
La réunion du 6 juillet, «dans laquelle l’opposition syrienne aura sa place, s’inscrit dans le cadre des efforts de la communauté internationale en vue de la mise en oeuvre effective du plan en six points de l’Envoyé spécial conjoint Kofi Annan, dans la perspective d’une transition démocratique répondant aux aspirations du peuple syrien», a fait valoir Bernard Valero.
Elle «mobilisera tous les Etats et organisations qui veulent apporter leur soutien au peuple syrien alors que les situations humanitaire et sécuritaire s’aggravent et que la répression continue», a-t-il ajouté.
Mercredi, la Turquie a annoncé pour sa part la création d’un «groupe de coordination» en faveur de l’opposition syrienne, dont la première réunion se tiendra les 15 et 16 juin à Istanbul avec des opposants syriens et des représentants de 16 pays, participant déjà tous au groupe des Amis de la Syrie.



