La campagne « Les mardis sans exécution » appelle à la responsabilité et au soutien

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CSDHI – Le mardi 24 septembre, la campagne « Les mardis sans exécution », composée de prisonniers protestataires de 21 prisons à travers le pays, a publié une déclaration exhortant ” les représentants des gouvernements aux Nations Unies et toutes les institutions des droits de l’homme » à tenir le régime iranien pour responsable de la vague d’exécutions en cours. Cette déclaration a été publiée à l’occasion de la visite de Masoud Pezeshkian, le président de la République islamique d’Iran, aux Nations unies, et exhorte les représentants internationaux à l’interroger et à le tenir pour responsable de l’exécution systématique des prisonniers.

Dans leur déclaration, qui a coïncidé avec une grève de la faim, les prisonniers qui poursuivent « Les mardis sans exécution » ont souligné la nécessité de condamner le régime iranien lors de l’Assemblée générale des Nations unies à New York. Ils se demandent comment Pezeshkian, malgré le boycott généralisé des élections et l’absence de majorité, peut prétendre représenter le peuple iranien.

La déclaration souligne les injustices récentes, notamment la condamnation à mort de deux prisonniers politiques, Mehdi Hassani et Behrouz Ehsani, arrêtés lors des manifestations de 2022 et condamnés sur la base d’accusations fabriquées de toutes pièces, sans procès équitable. Elle a également noté que Mohammad Javad Vafai Thani, un boxeur et prisonnier politique arrêté lors des manifestations de novembre 2019, a été condamné à mort pour la troisième fois. En outre, la condamnation à mort de Hatem Ozdemir, prisonnier politique incarcéré depuis 2019, a été confirmée même après un précédent rejet.

Condamnant ces verdicts, la campagne « Les mardis sans exécution » a souligné que de nombreux prisonniers condamnés à mort pour des crimes liés à la drogue sont victimes de la pauvreté et de conditions de vie difficiles, pour lesquelles le régime porte une responsabilité importante. Les prisonniers ont affirmé que ces condamnations à mort inhumaines, prononcées en violation flagrante des normes en matière de droits de l’homme, ont pour seul but d’instiller la peur dans la société et d’empêcher une reprise des manifestations à l’échelle nationale, violant ainsi le droit fondamental de la population à protester.

La déclaration attire également l’attention sur le début de l’année universitaire, en commémoration des étudiants et des enseignants qui ont été tués lors du soulèvement de Mahsa en 2022. Elle souligne la situation critique de près d’un million d’enfants et d’adolescents privés d’éducation en raison de la pauvreté généralisée qui les contraint au travail des enfants.

Dans le cadre de la 35e semaine de la campagne « Les mardis sans exécution », des prisonniers de 21 prisons différentes, dont la prison d’Evin (quartier des femmes, quartiers quatre et huit), Qezalhasar (unités trois et quatre), Karaj Central, le grand pénitencier de Téhéran, Khorramabad, Nizalhasar (unités trois et quatre), et le centre de détention de Karaj, Khorramabad, Nizam Chiraz, Asadabad, Isfahan, Bam, Mashhad, Qaem Shahr, Lakan Rasht, Ardabil, Tabriz, Oroumieh, Khoy, Naqadeh, Salmas, Saqqez, Baneh, Marivan et Kamyaran, ont entamé une grève de la faim pour protester contre ces condamnations à mort inhumaines.

La campagne a appelé le public et tous les militants des droits de l’homme nationaux et internationaux à soutenir les prisonniers en grève et la campagne « Les mardis sans exécution » pour défendre le droit à la vie des prisonniers et l’abolition de la peine de mort.

Source : INU