CSDHI – En Iran, un puissant mouvement contre les exécutions d’État continue de prendre de l’ampleur alors que la campagne « Les mardis sans exécutions » lancée par des prisonniers politiques dans la prison de Qezel Hesar le 29 janvier 2024 entre dans sa deuxième année. Cette manifestation populaire est devenue un symbole national de résistance contre ce que les militants appellent « des exécutions à des fins politiques ». Aujourd’hui, cette campagne marque la 53e semaine consécutive de grèves de la faim, auxquelles participent des détenus de 34 prisons du pays.
Un mouvement né de l’injustice
La campagne a été lancée en réponse à l’utilisation brutale par le pouvoir judiciaire iranien des exécutions et des peines de mort inhumaines comme outils de répression. Dans une déclaration récente, les participants ont déclaré:
« Nous, prisonniers politiques et non politiques dans 34 prisons des quatre coins de l’Iran, avons entamé la deuxième année de la campagne « Les mardis sans exécutions » avec une détermination renouvelée. Le 53e mardi de cette campagne, nous avons entamé une grève de la faim. Que nos voix s’unissent à celles des femmes, des hommes et des jeunes iraniens qui se trouvent à l’extérieur des murs de la prison pour contribuer à la défense des droits humains et au démantèlement des potences. »
Les prisonniers ont noté que plus de 1000 personnes avaient été exécutées au cours de l’année écoulée, et que plus de 110 d’entre elles avaient été exécutées le mois précédent. L’anniversaire de la campagne a coïncidé avec le transfert forcé de deux prisonniers politiques, Behrouz Ehsani et Mehdi Hassani, qui ont été condamnés à mort et transférés de la prison d’Evin à la prison de Qezel Hesar.
Participation à l’échelle nationale
Au cours de l’année écoulée, le mouvement « Les mardis sans exécutions » s’est étendu au-delà des murs des prisons, gagnant le soutien de militants des droits humains, d’organisations internationales et d’entités politiques. Au cours de la 53ème semaine, des prisonniers de prisons telles que la prison d’Evine, la prison centrale du Grand Téhéran, la prison de Chiraz Nezam et des dizaines d’autres se sont joints à la grève de la faim. Ces établissements sont réputés pour leur surpopulation, certains détenus ayant une capacité de plus de trois fois supérieure à celle prévue.
L’ampleur des exécutions sous le régime iranien
Les exécutions en Iran sont largement considérées comme un outil politique utilisé par le chef suprême du régime, Ali Khamenei, pour semer la peur et réprimer la dissidence. Depuis la nomination de Masoud Pezeshkian au poste de président du régime, au moins 783 prisonniers ont été exécutés en seulement six mois. Les documents judiciaires confidentiels révélés par le Conseil national de la résistance iranienne (CNRI) mettent en lumière la triste réalité :
- Plus de 5 370 prisonniers sont actuellement dans le couloir de la mort ou condamnés à des peines de prison (châtiment).
- Le système pénitentiaire iranien compte 579 établissements, dont beaucoup sont gravement surpeuplés et délabrés.
- Chaque année, environ 600 000 personnes sont incarcérées, ce qui touche plus de 2 millions de membres de la famille qui font face à d’importants défis sociaux et économiques.
Solidarité internationale et appels à l’action
La campagne « Les mardis sans exécutions » a recueilli un appui international. Plus de 3000 parlementaires, maires et personnalités influentes de 78 pays ont signé une déclaration appelant à une action mondiale décisive pour mettre fin aux exécutions en Iran. La déclaration se lit comme suit :
« Les autorités iraniennes utilisent les exécutions à des fins politiques, cherchant à faire peur et à empêcher les soulèvements. Ces exécutions doivent être reconnues comme étant de nature politique. L’absence de réponse mondiale à des décennies de répression et d’exécutions massives a encouragé le régime à poursuivre ses actes de terreur. Nous appuyons l’appel de Maryam Radjavi à mettre fin aux exécutions en Iran et son engagement à abolir la peine de mort, comme le prévoit son plan d’action pour l’avenir de l’Iran. »
Le rôle de Maryam Radjavi
Maryam Radjavi, présidente élue du CNRI, a décrit la campagne comme un témoignage de la résilience des individus qui refusent de rester silencieux face à l’oppression. « La campagne « Les mardis sans exécutions » symbolise la détermination inébranlable des prisonniers iraniens, qui ont transformé leur captivité en une plate-forme de résistance. La communauté internationale doit conditionner ses relations avec ce régime à l’arrêt des exécutions et de la torture, en rendant ses dirigeants responsables des crimes contre l’humanité et du génocide », a déclaré Madame Radjavi.
Un appel à l’action
La campagne « Les mardis sans exécutions » est un phare d’espoir et un appel à la justice. Il exhorte le monde à non seulement condamner les actions du régime, mais aussi à agir de manière décisive pour soutenir les droits humains en Iran. La persistance et l’expansion de la campagne soulignent la demande inébranlable du peuple iranien pour la liberté et la justice, même face à une répression brutale.



