Le mercredi 28 mai la justice du régime iranien a annoncé l’exécution de Pedram Madani, un homme de 41 ans, père d’un enfant. Il était accusé d’espionnage pour le compte d’Israël. Sa famille et les ONG avaient dénoncé un procès inéquitable.
Les autorités de Téhéran ont été insensible aux appels de sa famille et de militants qui ont dénoncé les irrégularités dans la procédure le concernant.
Pedram Madani, a été pendu à la prison de Ghezelhesar, dans la ville de Karaj, où sont transféré les prisonniers d’Evin à Téhéran pour l’exécution de la sentence de mort. Pedram Madani « avait espionné en faveur du régime sioniste », selon le site du pouvoir judiciaire, Mizan Online.
Pedram Madani avait été arrêté à Téhéran entre mars 2020 et mars 2021. Le 25 mai, Madani a été transféré de la prison d’Evin à Ghezel Hesar. Au même moment, sa famille a été convoquée pour une dernière visite, signe que les militants des droits humains ont interprété comme une confirmation de l’imminence de l’exécution. La condamnation à mort de Pedram Madani a été annulée à trois reprises par la Cour suprême, mais à chaque fois, la chambre parallèle a rétabli la peine capitale.
Dans ce contexte, Olivier Grondeau, citoyen français et ancien détenu de la prison d’Evin, emprisonné en Iran pendant plus de deux ans et demi, a publié un message vidéo en persan appelant à l’arrêt de l’exécution de Madani. Il a déclaré : « Pedram était l’un des compagnons de cellule les plus gentils que j’aie eus. Je ne peux pas croire qu’une telle personne mérite d’être exécutée. Il était le vingtième de mes amis emmené à Ghezel Hesar pour y être exécuté. »
https://x.com/CSDHI/status/1927476319723442331
Le Français Louis Arnaud, ancien détenu en Iran qui a partagé la cellule de Pedram Madani, a évoqué un « compagnon d’âme », « un innocent de plus, drapé de fausses trahisons, jeté dans la poussière » par « un régime sans honneur ».
« Il portait en lui une noblesse inviolable. Ils ont tenté de le briser, de le salir, de le réduire à leur propre laideur. En vain. Même la souffrance n’a pas su le faire haïr. Ils ont torturé son corps, mais son âme, toujours, leur échappait, insensible à leur violence », a déclaré Louis Arnaud à l’AFP.
La mère de Pedram Madani, qui avait déjà perdu son mari suite au chagrin causé par l’emprisonnement de leur fils, avait lancé un avertissement en larmes : « Ne laissez pas une autre famille être plongée dans le deuil. Cette condamnation est injuste.»
https://x.com/ShMadadzadeh/status/1927444662169518170
Malgré les avertissements répétés des organismes internationaux, le régime iranien a une fois de plus procédé à une exécution, sans procès équitable, une pratique qui a coûté la vie à de nombreux jeunes ces derniers mois. L’exécution de Pedram Madani a eu lieu dans un environnement juridique et judiciaire qui, selon les experts, s’éloigne de plus en plus des normes de justice, de transparence et de responsabilité.
Plus tôt, le 29 avril, Mohsen Langarneshin avait également été exécuté pour des motifs similaires, sans procès public et équitable, dans l’une des prisons du pays. Selon les observateurs, cela reflète une tendance croissante à la répression brutale, sous couvert de « loi », contre les détenus politiques et idéologiques en Iran.



