Des élèves dans les villages iraniens vont à l’école le ventre vide… et s’évanouissent

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CSDHI – Le quotidien officiel Shargh a révélé l’ampleur de la malnutrition due à la pauvreté parmi les familles d’élèves des écoles rurales et nomades. De nombreux enfants sont contraints de se lever à l’aube et, l’estomac vide, de marcher entre vingt minutes et une heure et demie pour rejoindre leur école.

Le 21 août, le journal a relayé le témoignage d’activistes sociaux décrivant des scènes bouleversantes d’élèves s’évanouissant lors de l’alignement matinal :

« Ces enfants n’ont tout simplement plus l’énergie d’apprendre. Les enseignants et les directeurs, faute de la moindre épicerie à proximité, sont incapables de leur fournir quoi que ce soit à manger et se voient souvent contraints de renvoyer les élèves chez eux après de tels incidents. »

La malnutrition : un fléau qui ravage les écoles

Ronak Rostami, militante sociale, a expliqué à Shargh que la malnutrition est devenue un problème majeur dans les écoles :

« Beaucoup d’enfants souffrent de maux d’estomac et d’une faiblesse générale qui les empêche de suivre les cours correctement. »

Elle souligne que, dans nombre de villages, les enfants quittent leur foyer dès six heures du matin, avec pour tout petit-déjeuner un morceau de pain sec et un peu de kashk (produit laitier séché), avalés en chemin.

Des alertes ignorées sur la sous-alimentation infantile

Ce n’est pas la première fois que les médias iraniens tirent la sonnette d’alarme.

Une étude de terrain menée par un groupe de travailleurs sociaux bénévoles révélait déjà une situation critique :

  • Seuls 2 % des enfants consomment des produits laitiers chaque jour.

  • La moitié d’entre eux n’en consomme jamais.

Ces chiffres reflètent la détresse d’innombrables familles incapables d’assurer à leurs enfants une alimentation de base, notamment en protéines et produits laitiers.

Des provinces entières sacrifiées

Un militant de la province du Khouzistan témoigne :

« Le mode de vie des familles pauvres ne laisse aucune place au petit-déjeuner. Les parents partent tôt s’occuper du bétail ou des champs, les enfants les aident ou gardent leurs frères et sœurs. »

Dans la province d’Ilam, un autre activiste renchérit :

« Ici, personne ne pense au petit-déjeuner. Et quand bien même, personne n’en a les moyens. Un enfant déjà privé de nourriture équilibrée tout au long de la journée part à l’école sans rien dans le ventre. »

Il conclut avec amertume :

« Là où un élève doit mobiliser son corps et son esprit, il n’a pas le carburant nécessaire. J’ai vu tant de scènes déchirantes de faiblesse, d’abattement, et d’enfants s’effondrant dans les rangs de l’école. »

Ces témoignages dressent un constat accablant : en Iran, des milliers d’enfants voient leur avenir brisé par la faim. Dans un pays riche en ressources, leur seul crime est d’être nés pauvres.