Répression des femmes en Iran : violentes représailles judiciaires après le soulèvement de 2026

femmes-en-Iran-csdhi

CSDHI – Ingénierie de la terreur dans le contexte de l’apartheid de genre

Les récents mouvements de protestation, en particulier le soulèvement de 2026, ont visé le talon d’Achille de la structure du pouvoir : le rôle pionnier et dirigeant des femmes en Iran. En réponse à ce choc fondamental, les appareils sécuritaires et judiciaires ont lancé une vague élargie de suppression systématique des femmes en Iran en intensifiant et en accélérant, d’une manière sans précédent, les outils répressifs déjà existants.

Cette stratégie agressive possède une structure à plusieurs niveaux. D’un côté, les tribunaux révolutionnaires cherchent à exercer des représailles politiques et à étouffer la voix de la société en prononçant des condamnations à mort contre des femmes militantes et manifestantes. De l’autre, la machine des exécutions dans le secteur des crimes de droit commun cible des femmes victimes de fléaux sociaux : des épouses mariées enfants et victimes de violences conjugales ayant agi en état de légitime défense en tuant leur mari, jusqu’aux femmes démunies et plongées dans la pauvreté qui, sous l’influence de réseaux de contrebande liés à des institutions puissantes, finissent condamnées à mort dans des affaires de stupéfiants.

Par ces deux bras parallèles, le régime a doté l’intimidation publique des mécanismes judiciaires les plus sévères.

Aujourd’hui, le premier front de résistance face à cette offensive se trouve dans les quartiers féminins des prisons, où la résistance des femmes nourrit les campagnes anti-exécutions les plus influentes. Dans cet article, nous analysons les dimensions flagrantes de la suppression systématique des femmes en Iran à travers plusieurs axes :

  • la menace d’exécution des condamnations à mort visant des femmes politiques et protestataires ;
  • l’augmentation des statistiques d’exécutions de femmes condamnées pour des délits ordinaires en 2026 ;
  • la situation critique des prisonnières politiques sous pression ;
  • l’intensification des mesures destinées à briser la campagne « Les mardis contre les exécutions » ;
  • et enfin, l’escalade ciblée de la machine répressive contre les dissidentes religieuses, notamment les femmes bahaïes.

L’offensive judiciaire des tribunaux révolutionnaires : des femmes sous l’ombre des condamnations à mort

L’appareil sécuritaire et judiciaire de la République islamique utilise une série de condamnations à mort prononcées avant le soulèvement, ainsi que les dossiers des personnes arrêtées après le soulèvement de 2026, comme outil d’intimidation publique destiné à briser la volonté des femmes qui ont été à l’avant-garde des transformations sociales.

L’examen documenté des affaires en cours révèle que le pouvoir judiciaire, s’appuyant sur des accusations vagues telles que « rébellion armée » et « inimitié envers Dieu » devant les tribunaux révolutionnaires, utilise concrètement la peine de mort comme instrument de répression et de représailles politiques contre les femmes militantes et manifestantes, aussi bien dans l’exécution d’anciennes condamnations que dans le prononcé de nouvelles peines.

À la tête de ce processus organisé se trouvent des juges tels qu’Iman Afshari (président de la 26e chambre du tribunal révolutionnaire de Téhéran) et Abolghassem Salavati (président de la 15e chambre), principaux acteurs de cette machine judiciaire d’exécution.

La condamnation à mort prononcée en avril 2026 contre Maryam Hadavand, fondée sur des aveux forcés obtenus sous la torture et sans la présence d’un avocat choisi librement, ainsi que la peine infligée à Zahra Shahbaz Tabari, citoyenne de 67 ans, lors d’un procès de dix minutes tenu par visioconférence en son absence (présidé par le juge Ahmad Darvish Goftar le 25 octobre 2025), constituent parmi les exemples les plus flagrants de terreur judiciaire.

Le régime est même allé jusqu’à assimiler l’aide civile et médicale apportée aux manifestants blessés — comme le fait pour Mahboubeh Shabani d’avoir aidé des protestataires blessés à moto à Mashhad — au crime de Moharebeh (« guerre contre Dieu »), afin de maximiser l’intimidation publique.

Tableau 1 : Prisonnières politiques et manifestantes condamnées à mort ou risquant fortement de l’être

Nom complet Accusation / Prétexte juridique Tribunal, juge et état du dossier Prison actuelle
Maryam Hadavand Implication présumée dans l’incendie d’une mosquée à Pakdasht pendant les manifestations de janvier 2026 Condamnée à mort (avril 2026) – 26e chambre du tribunal révolutionnaire de Téhéran / juge Iman Afshari (privée d’avocat indépendant ; verdict fondé sur des aveux obtenus sous la torture) Prison d’Evine (quartier des femmes)
Zahra Shahbaz Tabari (67 ans) Baghi (« rébellion armée ») / sympathie pour l’Organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran (OMPI) Condamnée à mort lors d’un procès de 10 minutes en visioconférence (25 octobre 2025) – 1re chambre du tribunal révolutionnaire de Rasht / privée d’avocat indépendant Prison de Lakan, Rasht
Mahboubeh Shabani (33 ans) Moharebeh (« guerre contre Dieu ») pour aide civile et médicale aux manifestants blessés Risque extrêmement élevé de condamnation à mort / arrêtée le 2 février 2026 par les services de renseignement de Mashhad Prison de Vakilabad, Mashhad
Pakhshan Azizi Baghi (« rébellion armée » via l’appartenance à des groupes d’opposition) Condamnée à mort (juillet 2024) – 26e chambre du tribunal révolutionnaire de Téhéran / juge Iman Afshari Prison d’Evine (quartier des femmes)

Reculs tactiques : manifestation de la puissance des campagnes civiles et internationales

Bien que l’ampleur de cette offensive judiciaire soit considérable, l’analyse d’autres aspects de ces mêmes affaires révèle une réalité essentielle : l’appareil répressif n’est pas invincible.

Les annulations successives des condamnations à mort de femmes telles que Varisheh Moradi, Bita Hemati et Sharifeh Mohammadi par la Cour suprême démontrent que les reculs tactiques du système judiciaire surviennent précisément lorsque la pression de l’opinion publique, les campagnes civiles menées à l’intérieur des prisons (comme « Les mardis contre les exécutions ») et la documentation internationale augmentent fortement le coût politique des exécutions pour le régime.

Ces annulations ne résultent pas d’une compassion judiciaire, mais de la résistance de la société et du combat d’avocats indépendants face à des juges dociles. Cela renforce encore davantage la nécessité de porter continuellement ces dossiers devant les instances internationales de défense des droits humains.

Tableau 2 : Femmes dont les condamnations à mort ont été annulées ou cassées sous la pression juridique et civile

Nom complet Accusation initiale Dernière évolution judiciaire Prison actuelle
Varisheh Moradi Baghi (« rébellion armée » via l’appartenance à des groupes d’opposition) La condamnation à mort prononcée par le juge Salavati a été annulée par la Cour suprême le 10 décembre 2025 ; l’affaire a été renvoyée devant une autre chambre Prison d’Evine (quartier des femmes)
Bita Hemati Activités opérationnelles pour un État hostile et des groupes hostiles + rassemblement et collusion La condamnation à mort prononcée mi-avril 2026 par le juge Iman Afshari a été annulée par la Cour suprême ; le dossier a été renvoyé pour un nouveau procès Prison d’Evine (quartier des femmes)
Sharifeh Mohammadi Baghi (« activiste syndicale ») La condamnation à mort initiale (prononcée en juillet 2024 par le tribunal révolutionnaire de Rasht) a été annulée par la Cour suprême à l’automne 2024 ; l’affaire a été renvoyée pour réexamen Prison de Lakan, Rasht

La machine cachée des exécutions : sacrifier les femmes dans un contexte de pauvreté structurelle et de fléaux sociaux

La dimension parallèle — et tout aussi effrayante — de la suppression systématique des femmes en Iran s’exerce dans les prisons ordinaires à travers les verdicts de deux branches judiciaires :

  • les « tribunaux criminels » (pour les accusations de meurtre) ;
  • les « tribunaux révolutionnaires » (pour les affaires liées aux stupéfiants).

Une étude approfondie de l’identité et des dossiers des femmes exécutées depuis le début de l’année 2026 révèle que ces exécutions ne constituent pas une réponse à un « crime », mais plutôt des représailles politiques contre des victimes structurelles déjà détruites par les lois familiales discriminatoires, les mariages forcés, les mariages d’enfants et l’extrême pauvreté.

L’analyse de ces affaires montre que ces femmes appartiennent principalement à deux catégories :

Victimes de violences conjugales et de mariages d’enfants

Des femmes qui, en raison d’un mariage forcé durant l’enfance (comme Hanifeh Avandi, mariée de force à 17 ans) ou après des années de violences domestiques, se sont retrouvées dans une impasse juridique totale. En l’absence de soutien civil, elles ont tué leur mari en état de légitime défense ou pour échapper à leur situation.

Victimes de la pauvreté et des réseaux de trafic organisés

Des femmes poussées vers des infractions liées aux stupéfiants par le désespoir, le chômage et la misère (comme Soheila Azizi et Kimia Khani). Ces exécutions se produisent alors que les grands réseaux de trafic liés aux services de sécurité et aux Gardiens de la Révolution bénéficient d’une impunité totale et d’un train de vie luxueux, utilisant même les stupéfiants comme outil pour briser la résistance des prisonniers.

Un autre aspect choquant réside dans la « politique du blackout médiatique ». Le pouvoir judiciaire de la République islamique n’a officiellement annoncé aucune de ces exécutions, et la machine de mort agit dans un silence médiatique total au milieu des crises politiques en cours.

Les statistiques montrent que depuis l’arrivée au pouvoir du gouvernement de Masoud Pezeshkian, plus de 3 680 prisonniers, dont 100 femmes, ont été exécutés.

Tableau 3 : Informations et contexte social des femmes exécutées depuis le début de 2026

Nom complet Accusation / Autorité judiciaire Mariage d’enfant / violences domestiques Date et lieu d’exécution Contexte social et détails de l’affaire
Tayyebeh Hekmat (53 ans) Meurtre du conjoint / tribunal criminel Victime de violences conjugales 6 janvier 2026 (16 Dey 1404) / prison de Zanjan Mère de 3 enfants, détenue depuis 7 ans ; première femme exécutée au début de 2026
Soheila Azizi Stupéfiants / tribunal révolutionnaire Non précisé (victime de pauvreté structurelle) 7 janvier 2026 (17 Dey 1404) / prison de Mashhad Condamnée par le tribunal révolutionnaire de Vakilabad ; aucune annonce officielle des autorités judiciaires
Akram Rezaei Meurtre / tribunal criminel Victime de violences conjugales 13 janvier 2026 (23 Dey 1404) / prison de Rasht Exécution menée en parallèle des manifestations nationales et de la coupure généralisée d’Internet en Iran
Kimia Khani Stupéfiants / tribunal révolutionnaire Non précisé (victime de pauvreté structurelle) 19 janvier 2026 (29 Dey 1404) / prison d’Ispahan Aucune confirmation officielle ni annonce de l’exécution par les autorités pénitentiaires
Leila Joudaki Meurtre / tribunal criminel Victime de violences conjugales 25 janvier 2026 (5 Bahman 1404) / prison de Qom Condamnée par les tribunaux criminels ; aucune annonce officielle
Mahnaz Roshani Non précisé Non précisé 31 janvier 2026 (11 Bahman 1404) / prison d’Ispahan Les accusations exactes et les détails de son dossier restent inconnus
Shahla Dowlatabadi Meurtre / tribunal criminel Non précisé 9 février 2026 (20 Bahman 1404) / prison de Kerman Aucune annonce officielle des autorités judiciaires ou pénitentiaires
Esmat Najafi Meurtre / tribunal criminel Victime de violences conjugales 15 février 2026 (26 Bahman 1404) / prison de Qom Condamnée par les tribunaux criminels ; aucune annonce officielle
Mina Nasirpour (environ 40 ans) Stupéfiants / tribunal révolutionnaire Non précisé 16 février 2026 (27 Bahman 1404) / prison de Tabriz Détenue avec son mari pendant deux ans ; aucune annonce dans les médias nationaux
Soheila Asadi (30 ans) Meurtre du conjoint / tribunal criminel Victime d’un mariage forcé 23 février 2026 (4 Esfand 1404) / prison d’Ispahan Femme de Kashan détenue pendant 4 ans après une impasse judiciaire
Hanifeh Avandi (24 ans) Meurtre du conjoint / tribunal criminel Mariée enfant (mariage forcé à 17 ans avec un homme handicapé) 19 avril 2026 (30 Farvardin 1405) / prison de Tabriz A tué son mari après 11 mois de mariage ; souffrait de graves troubles psychologiques en prison
Asma Zarei (28 ans) Meurtre / tribunal criminel Non précisé 20 mai 2026 (30 Ordibehesht 1405) / prison d’Ardabil Mère d’un enfant de 2 ans ; a accouché et élevé son bébé en prison
Shahnaz Javadi Stupéfiants / tribunal révolutionnaire Victime de violences conjugales 12 octobre 2025 (20 Mehr 1404) / prison de Naein L’exécution avait déjà eu lieu auparavant ; des rapports récents de 2026 ont confirmé son identité

Anatomie de la situation des prisonnières politiques : des leviers multiples pour briser la résistance

Parallèlement à l’augmentation des condamnations à mort, l’appareil judiciaire et sécuritaire de la République islamique poursuit une stratégie d’usure progressive et d’élimination silencieuse contre les prisonnières politiques en Iran.

Cette approche à plusieurs niveaux couvre un large éventail de moyens :

  • lourdes peines de prison ;
  • maintien prolongé dans le flou juridique ;
  • privation successive des droits fondamentaux comme l’accès au téléphone et aux soins médicaux ;

tout cela dans le but d’isoler les organisatrices de la résistance dans les quartiers féminins des prisons.

L’analyse des derniers rapports sur les droits humains d’avril et mai 2026 met en évidence les dimensions exactes de cette répression systématique selon trois axes principaux.

1. Condamnations massives, arrestations arbitraires et stratégie du « flou juridique »

Dans le but de réduire le potentiel de contestation sociale, les agences de sécurité ont lancé une nouvelle vague d’arrestations sans mandat judiciaire, maintenant les détenues dans un état de suspension juridique permanent.

Le cas de Leila Ramazani et Fatima Malek-Ahmadi

Dans une démarche particulièrement brutale, les autorités judiciaires de la province de Semnan ont condamné ces deux femmes manifestantes à un total cumulé de 53 ans de prison pour communication avec des réseaux d’opposition et diffusion de contenus.

Ces lourdes peines ont été prononcées dans un climat totalement sécuritaire et opaque, accompagnées de sanctions complémentaires :

  • exclusion de la fonction publique ;
  • interdictions de voyager ;
  • interdiction d’adhérer à des groupes ou partis politiques et sociaux.

Maryam Nouri (épouse en quête de justice)

Arrêtée lors du soulèvement national de janvier 2026, elle reste détenue sans clarification juridique depuis plus de quatre mois dans le « Band-e Aramesh » (« quartier de la tranquillité ») de la prison de Vakilabad à Mashhad.

Son arrestation a eu lieu quelques jours seulement après que son mari, Ashkan Torabzadeh, a été mortellement visé par des tirs directs des forces gouvernementales le 9 janvier 2026.

Les autorités judiciaires refusent délibérément de lui accorder une libération sous caution.

Nouvelles arrestations et absence totale d’informations

Mahsa Zeidabadi, jeune femme de 20 ans originaire de Sabzevar, a été arrêtée le 18 mai 2026 après une convocation par les services de renseignement. Elle a ensuite été transférée à la prison de Torbat-e Heydarieh où elle demeure dans un vide juridique total.

Parallèlement :

  • Forouzan Eslami, professeure d’anglais à Oroumieh, a été arrêtée le 13 mai 2026 ;
  • Asti Mohammadi, femme kurde de 67 ans à Bukan, a été arrêtée à la mi-mai sans mandat judiciaire.

Les biens personnels de Mme Mohammadi ont été confisqués et, en raison de la coupure totale des communications, sa famille est extrêmement inquiète pour son état de santé.

2. Fabrication parallèle de dossiers et représailles contre les familles

Le régime ne cible pas seulement les militantes elles-mêmes, mais également leurs proches, allant jusqu’à fabriquer de nouvelles accusations contre des prisonnières déjà détenues.

Mahnaz Hadad Kakhki (enseignante de 53 ans)

Institutrice vivant à Golbahar, près de Mashhad, elle est la mère d’un enseignant en biologie arrêté sur son lieu de travail le 17 février 2026 et menacé d’une condamnation à mort.

Le lendemain de son arrestation, Mme Hadad Kakhki s’est rendue au tribunal de Fariman pour obtenir des informations sur son fils. Elle y a été arrêtée à son tour pour avoir réclamé justice et protesté contre la procédure judiciaire.

Elle a été transférée à la prison de Vakilabad à Mashhad sous l’accusation de « propagande contre l’État ».

Varisheh Moradi

En plus de son dossier initial, cette prisonnière politique a vu un nouveau dossier monté contre elle à l’intérieur même de la prison, entraînant une peine supplémentaire de six mois de détention pour « propagande contre l’État ».

Auparavant, à l’automne 2025, elle avait déjà été condamnée à six mois d’emprisonnement discrétionnaire par la 2e chambre du complexe judiciaire Qods de Téhéran pour « affrontement avec un agent » et « désobéissance ».

Cette affaire faisait suite à une protestation de prisonnières d’Evin le 7 août 2025 après l’annonce de l’exécution de Reza Rasaei et le raid des gardiens de prison.

Privations punitives et blackout médical sous prétexte de « conditions de guerre »

L’introduction de protocoles disciplinaires sévères visant à couper la voix des prisonnières ainsi que la privation délibérée de soins médicaux constituent deux outils actifs de répression.

Coupure des cartes téléphoniques à Evine

Les 24 et 25 mai 2026, les autorités de la prison d’Evin ont désactivé les cartes téléphoniques de cinq prisonnières politiques connues :

  • Golrokhe Iraee
  • Zahra Safaei
  • Marziyeh Farsi
  • Shiva Esmaeili
  • Sakineh Parvaneh

Elles ont ainsi été privées de leur droit de téléphoner.

Cette mesure punitive a été prise en raison de leur participation à la campagne « Les mardis contre les exécutions » et de slogans scandés contre la machine des exécutions.

Ces cinq prisonnières avaient déjà été privées de visites physiques avec leurs familles et leurs avocats, restriction toujours maintenue.

Varisheh Moradi a subi le même sort le 26 mai 2026 après avoir scandé des slogans anti-exécution dans la cour de la prison.

Le cas de Nasim Gholami Simiari

Elle aussi a été privée de ses droits téléphoniques à titre punitif, après une interdiction d’une semaine de visites en face à face avec sa famille et ses avocats.

Le prétexte invoqué par les autorités pour lui couper le téléphone fut sa « conversation avec Lindsay Forman » (une citoyenne britannique condamnée à 10 ans de prison sur la base d’accusations fabriquées d’espionnage).

Les responsables pénitentiaires avaient même auparavant interdit à Nasim les visites pendant une semaine sous le prétexte absurde du « port d’un short ».

Nasim Simiari, arrêtée le 18 mai 2023, a été condamnée par le juge Iman Afshari à de lourdes peines comprenant :

  • 20 ans de Nafi-ye Bald (exil intérieur) ;
  • un bannissement solitaire dans le district d’Angouran, province de Zanjan, dans des conditions d’isolement total sans interaction sociale ni déplacements ;
  • 5 ans de prison pour « rassemblement et collusion » ;
  • 1 an supplémentaire de prison ;
  • 74 coups de fouet.

Privation de soins médicaux de Zeynab Jalalian sous prétexte de « conditions de guerre »

Zeynab Jalalian, symbole de la résistance des femmes emprisonnées, entame sa vingtième année de détention à perpétuité dans la prison de Yazd et se trouve dans un état de santé critique.

À l’automne dernier, sous la pression internationale, elle a finalement subi une embolisation des fibromes utérins. Cependant, les agents de sécurité l’ont forcée à retourner à la prison de Yazd seulement 24 heures après l’opération, avant même la fin de sa période de convalescence.

Cette décision a provoqué :

  • des saignements continus ;
  • de fortes douleurs abdominales ;
  • une anémie sévère ;
  • une perte temporaire de mobilité la semaine dernière.

Malgré les avertissements du personnel médical de la prison concernant la nécessité urgente d’examens par échographie et IRM en raison du risque de réapparition des fibromes, les autorités de la prison de Yazd ont volontairement suspendu tous les transferts médicaux de prisonniers politiques malades vers l’extérieur sous prétexte de « conditions de guerre » et de tensions militaires régionales.

Selon le texte, elles « jouent activement avec son droit à la vie ».

Une nouvelle vague de répression contre les minorités religieuses

La campagne de harcèlement systématique et de répression contre les minorités religieuses en Iran a pris une ampleur encore plus grave durant les mois d’avril et mai 2026.

Selon les rapports documentés, depuis le début des crises militaires dans la région, la pression sur ces citoyens s’est intensifiée.

L’appareil sécuritaire, en se concentrant sur l’arrestation des femmes bahaïes et des converties chrétiennes ainsi que sur leur privation délibérée de droits fondamentaux, mène une véritable « inquisition idéologique ».

Cette situation a atteint un point où des juges des tribunaux révolutionnaires ont ouvertement déclaré à ces femmes qu’elles devaient « payer un lourd prix » en raison de leurs croyances religieuses.

L’examen détaillé de ces affaires dans un environnement judiciaire totalement opaque révèle de graves violations des droits humains fondamentaux.

Répression des chrétiennes : lourdes peines et menaces de cumul intégral des condamnations

Ghazal Marzban (convertie chrétienne et militante des droits humains)

Le 20 mai 2026, elle a été condamnée à 9 ans et 8 mois de prison par la 26e chambre du tribunal révolutionnaire de Téhéran présidée par le juge Iman Afshari.

Le tribunal idéologique du régime l’a condamnée à :

  • 5 ans pour « rassemblement et collusion » ;
  • 4 ans pour « promotion du meurtre » ;
  • 8 mois pour « propagande contre l’État ».

Des sources informées affirment qu’après son arrestation, des agents du renseignement des pasdarans lui ont infligé de fortes pressions pour obtenir des aveux forcés.

Ils auraient également menacé de ne pas autoriser le « regroupement » de ses peines, ce qui l’obligerait à purger séparément l’intégralité des 9 ans et 8 mois de prison.

Le texte présente cela comme une mesure de vengeance destinée à briser cette citoyenne chrétienne et à la contraindre à coopérer avec les services de renseignement.

Le centre de la répression bahaïe à Chiraz : flou juridique et crises physiques à Adelabad

Ces derniers mois, la prison d’Adelabad à Shiraz est devenue l’un des principaux centres de détention pour les femmes bahaïes arrêtées par le renseignement des Gardiens de la Révolution (les pasdarans) et le ministère du Renseignement.

Sara Sepehri (47 ans)

Elle a été arrêtée le 9 avril 2026 après une violente descente des forces de sécurité à son domicile de Chiraz.

Les agents ont défoncé la porte d’entrée alors même que la mère âgée de Mme Sepehri souffre d’un handicap nécessitant des soins permanents.

Après plus de 47 jours, Sara Sepehri reste détenue sans clarification juridique dans la prison d’Adelabad.

Durant sa détention :

  • elle a subi une hémorragie gastrique due aux interrogatoires prolongés ;
  • ses problèmes oculaires préexistants se sont aggravés ;
  • la privation de traitements médicaux a fortement détérioré son état physique et psychologique.

Les sœurs Sotoudeh (Mandana et Mahsa)

Mahsa Sotoudeh a été arrêtée le 29 mars 2026 par les forces du renseignement des Gardiens de la Révolution à son domicile.

Trois jours plus tard, le 1er avril, sa sœur Mandana Sotoudeh a également été arrêtée après une perquisition et la confiscation de ses appareils électroniques.

Après près de deux mois :

  • les deux sœurs restent détenues dans des quartiers séparés de la prison d’Adelabad à Chiraz ;
  • aucune clarification officielle n’a été donnée concernant leur dossier ;
  • aucune accusation officielle n’a été annoncée.

Romina Khazali (peintre et artiste)

Elle a été arrêtée avec son mari les 28 et 29 mars 2026 par le renseignement des Gardiens de la Révolution à Chiraz.

Après plus de 50 jours de détention, sa situation demeure non résolue.

Avant son arrestation, Romina Khazali avait subi une opération de l’estomac. En prison, elle souffre désormais :

  • de complications post-opératoires ;
  • de fortes douleurs gastriques ;
  • de migraines aiguës.

Le refus des agents de lui permettre un traitement médical a plongé sa famille dans une profonde inquiétude.

Catastrophe humaine dans la prison de Kerman : détention de femmes enceintes et aveux d’inquisition idéologique

Dans la province de Kerman, le système judiciaire du régime a violé jusqu’aux principes médicaux et humains les plus élémentaires concernant les femmes baha’ies emprisonnées.

Boshra Mostafavi (mère enceinte)

Cette citoyenne bahaïe vivant à Rafsanjan avait initialement été acquittée des accusations retenues contre elle.

Cependant, après l’appel du procureur, l’acquittement a été annulé et elle a été condamnée à 4 mois de prison.

En mai 2026, malgré sa grossesse connue des autorités judiciaires, ses demandes répétées de permission médicale pour effectuer des examens prénataux essentiels ont été rejetées.

Elle est donc forcée de vivre cette période critique dans les conditions dégradées de la prison de Kerman.

Didar Ahmadi et Nahid (Elena) Naeimi

Ces deux citoyennes bahaïes, jugées dans la même affaire que Boshra Mostafavi, ont chacune été condamnées à 4 mois d’emprisonnement après l’annulation de leur acquittement initial par la 7e chambre de la cour d’appel de la province de Kerman.

Elles ont été transférées à la prison de Kerman le 25 avril 2026 pour purger leur peine.

Durant la procédure, le juge de la cour d’appel leur aurait déclaré ouvertement :

« Vous êtes bahaïes, et dans un pays islamique, vous devez payer le prix d’être bahaï. »

Le texte considère cette déclaration comme un aveu explicite que les condamnations ne reposent sur aucune base juridique réelle mais uniquement sur les croyances religieuses des accusées.

Conclusion : la chaîne de la répression totale contre la volonté de changement — la résistance des femmes ne peut être brisée

Une analyse complète et chronologique des affaires en cours durant le premier semestre 2026 montre que la stratégie générale de la République islamique envers les femmes repose sur une « terreur à plusieurs niveaux ».

D’un côté, l’appareil répressif cherche à exercer des représailles politiques et à neutraliser la capacité de mobilisation de la société par :

  • des condamnations à mort ;
  • la fabrication de dossiers parallèles ;
  • la répression des femmes manifestantes, politiques et dissidentes religieuses devant les tribunaux révolutionnaires.

De l’autre, par l’intermédiaire des tribunaux criminels, le régime augmente les exécutions de femmes victimes :

  • de pauvreté ;
  • de violences domestiques ;
  • de mariages forcés ;
  • de fléaux sociaux ;

tout cela dans un blackout médiatique total destiné à diffuser l’intimidation dans toute la société.

Pourtant, le texte souligne également une autre réalité : les annulations répétées de condamnations à mort sous la pression populaire et internationale montrent que la machine répressive recule lorsqu’elle fait face à une mobilisation collective forte.

La résistance des prisonnières, notamment à travers la campagne « Les mardis contre les exécutions », malgré :

  • les coupures de téléphone ;
  • l’isolement ;
  • les privations prolongées ;

montre que les prisons elles-mêmes sont devenues le premier front de résistance.

Responsabilités et recommandations adressées à la communauté internationale

Conditionner les relations diplomatiques et économiques

Toute négociation ou accord avec la République islamique devrait être directement conditionné :

  • à l’arrêt immédiat de toutes les exécutions ;
  • à la libération inconditionnelle des prisonnières politiques et religieuses.

Sanctions ciblées contre les acteurs des exécutions

Le texte appelle à sanctionner :

  • les interrogateurs des services de renseignement ;
  • les juges prononçant des peines lourdes ou capitales (comme Iman Afshari, Abolghassem Salavati et Ahmad Darvish Goftar) ;
  • les responsables pénitentiaires impliqués dans les coupures de communication et les privations médicales.

Ces sanctions incluraient :

  • gels d’avoirs ;
  • interdictions de voyager ;
  • poursuites devant des juridictions internationales.

Activation des mécanismes judiciaires internationaux

Les cas documentés :

  • de détentions arbitraires ;
  • de torture ;
  • d’inquisition idéologique ;
  • de privation systématique de soins médicaux ;

devraient être transmis, via le Conseil des droits de l’homme de l’ONU, aux juridictions internationales compétentes.

Pression pour des inspections internationales indépendantes

Le texte demande que l’Iran accepte des inspections sans surveillance par des rapporteurs spéciaux de l’ONU dans les prisons :

  • d’Evine ;
  • d’Adelabad à Chiraz ;
  • de Vakilabad à Mashhad ;
  • de Kerman ;
  • de Tabriz.

Dans cette période historique, la documentation précise des faits, la rupture du silence médiatique et la transmission constante des informations aux institutions internationales ne sont plus présentées comme des gestes symboliques mais comme une nécessité vitale pour sauver des vies.

Le texte conclut que le régime peut empêcher une procédure judiciaire équitable, mais qu’il ne pourra jamais briser la volonté d’une génération de femmes ayant choisi de se battre pour leur liberté et leur droit à la vie.

Selon cette conclusion, l’avenir de l’Iran ne sera pas décidé par les potences des tribunaux révolutionnaires, mais par cette résistance profonde.