Nouvelle vague d’arrestations et de saisies de biens : les inquiétudes sur les droits humains s’accentuent en Iran

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CSDHI -Des dizaines de personnes arrêtées, des citoyens maintenus en détention sans statut juridique clair et de nombreuses confiscations de biens illustrent la poursuite de la répression contre les militants, les minorités et les critiques du gouvernement.

Une nouvelle vague d’arrestations et de confiscations de biens dans plusieurs provinces iraniennes suscite de vives inquiétudes concernant les libertés civiles et le respect des procédures judiciaires dans le pays. Depuis les manifestations nationales de janvier 2026, les autorités sécuritaires et judiciaires continuent d’accentuer la pression sur les militants politiques, les minorités religieuses, les défenseurs de l’environnement et d’autres citoyens considérés comme critiques envers le gouvernement.

Des rapports récents indiquent que des dizaines de personnes ont été arrêtées, que beaucoup demeurent dans une situation juridique incertaine et que les autorités ont ordonné la saisie des biens de nombreux citoyens. Les observateurs des droits humains estiment que ces mesures soulèvent de sérieuses questions concernant la transparence, la responsabilité judiciaire et le respect des garanties légales fondamentales.

Arrestations massives annoncées par le ministère du Renseignement

Dans un communiqué officiel, le ministère iranien du Renseignement a annoncé l’arrestation d’au moins 131 personnes dans les provinces de Téhéran, d’Ilam et du Sistan-Baloutchistan.

Selon les autorités, les personnes arrêtées seraient liées aux manifestations de janvier 2026, à des activités d’espionnage ou à une coopération avec des groupes armés.

Cependant, peu d’informations ont été fournies concernant les preuves étayant ces accusations. L’identité de nombreux détenus, la nature exacte des faits qui leur sont reprochés et leur situation juridique restent floues.

Ce manque de transparence alimente les inquiétudes quant au respect des garanties judiciaires reconnues par les normes internationales.

Militants politiques et simples citoyens parmi les personnes arrêtées

Parallèlement aux arrestations annoncées officiellement, plusieurs rapports signalent l’interpellation de militants et de citoyens ordinaires dans différentes régions du pays.

Yousef Amini, enseignant retraité de la ville de Bukan, aurait été arrêté par les forces de sécurité puis transféré vers un lieu inconnu. Son état de santé et son lieu de détention demeurent inconnus.

Mohammadreza Morad Behrouzi a été arrêté après s’être présenté au parquet de Mohammadiyeh avant d’être transféré à la prison de Choubindar, dans la province de Qazvin.

Le cas de Kamran Ahmadinik attire également l’attention. Selon certaines sources, il aurait été arrêté lors d’une opération menée par des agents liés au service de renseignement du Corps des gardiens de la révolution islamique. Des témoins affirment qu’il aurait subi de graves violences physiques lors de son arrestation, notamment une fracture du bras. Près de dix jours après son interpellation, très peu d’informations ont été communiquées sur son état.

La militante écologiste Ashraf Mohammadi Najafabadi est détenue depuis près de quatre mois à la prison de Dolatabad, à Ispahan. Elle est accusée de « propagande contre l’État » et se serait vu refuser toute libération sous caution.

Par ailleurs, Pedram Hadipour et Sobhan Nourian, membres du personnel médical de l’hôpital Montazeri de Najafabad, sont détenus depuis plusieurs mois, sans que l’on dispose de beaucoup d’informations sur l’avancement de leurs dossiers.

Disparitions forcées présumées et accès limité à la défense

De nouvelles préoccupations sont apparues dans la ville de Kamyaran, où Sardar Rahmani et Ehsan Rahmani auraient disparu après avoir été convoqués par les services de renseignement. Leurs familles déclarent n’avoir reçu aucune information sur leur lieu de détention ni sur leur situation judiciaire.

À Yazd, Ahmad Naeimi, membre de la communauté baha’ie d’Iran, a été arrêté après avoir comparu devant une instance judiciaire. Selon certaines sources, les procureurs auraient refusé sa remise en liberté sous caution.

De même, Khaled Hassanzadeh, citoyen kurde originaire de Piranshahr, serait détenu depuis plus de seize jours sans accès à un avocat ni possibilité de recevoir des visites de sa famille.

Les organisations de défense des droits humains dénoncent régulièrement ces détentions prolongées sans procédure transparente, estimant qu’elles augmentent les risques de mauvais traitements et compromettent le droit à une défense équitable.

Multiplication des confiscations de biens

Parallèlement aux arrestations, les autorités judiciaires ont annoncé plusieurs opérations de saisie de biens à grande échelle.

Le chef du pouvoir judiciaire de la province d’Ispahan a déclaré que des ordres avaient été émis pour identifier et saisir les biens de 100 personnes, précisant que l’opération se poursuivrait.

Dans la province du Kurdistan, les autorités ont annoncé la confiscation des biens de 19 personnes accusées de collaborer avec des médias d’opposition.

Dans la province du Khorassan du Nord, les biens de 47 personnes auraient également été saisis pour des accusations de collaboration avec des entités qualifiées d’hostiles.

Les autorités judiciaires ont toutefois fourni peu de détails sur les bases juridiques de ces mesures, les preuves présentées ou les possibilités de recours offertes aux personnes concernées.

Cette absence de transparence suscite des inquiétudes parmi les observateurs du droit, qui soulignent l’importance de protéger les droits de propriété et les garanties procédurales.

Des interrogations croissantes sur le respect des procédures judiciaires

L’un des principaux sujets d’inquiétude concerne le manque apparent de transparence entourant les accusations et les procédures engagées.

De nombreux détenus restent incarcérés sans que les preuves retenues contre eux soient rendues publiques. Dans plusieurs affaires, les familles rapportent avoir passé de longues périodes sans savoir où se trouvaient leurs proches ni dans quel état ils se trouvaient.

Les restrictions d’accès aux avocats, les détentions provisoires prolongées et les confiscations de biens avant toute décision judiciaire définitive renforcent encore les préoccupations concernant le respect des normes juridiques fondamentales.

Dans de nombreux cas, il demeure impossible de déterminer publiquement si les arrestations reposent sur des preuves vérifiées de manière indépendante ou principalement sur des accusations liées à la sécurité nationale.

Les préoccupations relatives aux droits humains s’intensifient

La combinaison d’arrestations massives, de détentions prolongées, d’un accès limité à la défense et de confiscations de biens à grande échelle suscite de nouvelles inquiétudes tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de l’Iran.

Les défenseurs des droits humains critiquent depuis longtemps des pratiques telles que la détention au secret, le refus d’accès à un avocat, l’incertitude prolongée concernant les charges retenues et la confiscation de biens sans transparence judiciaire suffisante.

Alors que les informations sur de nouvelles arrestations et saisies continuent d’émerger, les inquiétudes grandissent quant à la poursuite de la répression engagée après les manifestations de janvier 2026.

Selon les observateurs, l’accumulation de ces mesures renforce l’examen critique des institutions judiciaires et sécuritaires iraniennes et soulève des questions plus larges concernant la protection des libertés civiles, la responsabilité des autorités et le respect des droits fondamentaux dans le pays.