20 juin 2026 : quand une mobilisation historique contre les exécutions en Iran a été empêchée

Le 20 juin 2026 devait marquer une mobilisation exceptionnelle en faveur des droits humains en Iran. Des dizaines de milliers de personnes, venues de toute la France et de nombreux pays européens, étaient attendues à Paris pour dénoncer l’escalade des exécutions, soutenir les prisonniers politiques et rappeler que le silence de la communauté internationale coûte des vies. Il devait y avoir 100 000 personnes Place Vauban.
Des cars avaient quitté Amsterdam, Bruxelles, Berlin, Rome. Des familles iraniennes venues de toute l’Europe portaient les portraits de leurs proches, des fils, des filles, des mères, exécutés par le régime de Téhéran.

Des centaines de bénévoles, d’associations et de défenseurs des droits humains ont préparé ce rassemblement. Des anciens prisonniers politiques, des élus, des personnalités françaises et internationales ainsi que de nombreux citoyens avaient prévu d’y participer. Tous partageaient une même conviction : face à la multiplication des exécutions en Iran, l’indifférence n’est pas une option.

 

Pourquoi le 20 juin ?

La date n’était pas anodine. Le 20 juin 1981, à Téhéran, près de 500 000 Iraniens s’étaient rassemblés pour protester contre la dérive autoritaire de la République islamique naissante. La répression qui suivit fut brutale. Elle marqua le début de vagues d’exécutions massives contre l’opposition qui allaient durer des années. Pour des générations d’Iraniens, le 20 juin est une date de mémoire et de résistance.

Quarante-cinq ans plus tard, les exécutions n’ont pas cessé. Elles ont au contraire atteint des niveaux sans précédent. Selon Amnesty International, plus de 2 100 personnes ont été exécutées en Iran en 2025 — le chiffre le plus élevé depuis des décennies. Des opposants politiques, des militants syndicaux, des femmes, des jeunes condamnés pour des faits commis alors qu’ils étaient mineurs. Une machine répressive qui tourne à plein régime, dans une quasi-indifférence internationale.

C’est pour briser cette indifférence que le collectif Voix d’Iran (réunissant plusieurs associations en France notamment le CSDHI, l’Association des femmes iraniennes en France, l’Association nouveaux droits de l’Homme, Association des Réfugiés Politiques pour les Droits de l’Homme et d’autres organisations) avait co-organisé ce rassemblement. Son message était simple : la France, terre des droits humains, ne peut pas continuer à regarder ailleurs.

 

Notre Mission

Pour le CSDHI, cette mobilisation revêtait une importance particulière. Depuis des années, notre association alerte les responsables politiques, les médias et l’opinion publique sur l’utilisation de la peine de mort comme instrument de répression politique par le régime iranien. Derrière chaque exécution se trouve une famille brisée, une voix réduite au silence et une atteinte aux valeurs universelles des droits humains.

 

Ce qui s’est passé le jour J :

Pourtant, moins de 36 heures avant le rassemblement, celui-ci a été empêché. Après des mois de préparation, cette décision a laissé des milliers de participants déjà en route vers Paris, des centaines de bénévoles mobilisés et de nombreuses associations confrontées à une profonde incompréhension.

Au-delà de ses conséquences humaines et matérielles, cet épisode soulève une question essentielle : quelle place accordons-nous, en France, à la défense des droits humains lorsque des considérations diplomatiques semblent prendre le pas sur la liberté de dénoncer les crimes d’un régime autoritaire ?

La lutte contre les exécutions et pour les droits fondamentaux ne devrait jamais être reléguée au second plan. Les prisonniers politiques iraniens, leurs familles et tous ceux qui résistent à la dictature ont besoin que leur voix continue d’être entendue.

 

Malgré tout, ils étaient là

Le samedi 20 juin, en fin de matinée, des milliers de personnes ont convergé vers la Place Vauban malgré l’interdiction. Selon la préfecture de police elle-même, 2 500 personnes étaient présentes au plus fort du rassemblement.

Plusieurs interpellations ont eu lieu. Des blessés ont été signalés parmi les participants.

Celles et ceux qui étaient là portaient des drapeaux, des pancartes, des portraits. Ils scandaient « Ni chah, ni mollah ! », « À bas la dictature en Iran !

 

 

 

 

L’histoire ne s’est pas arrêtée le 20 juin.

Le CSDHI poursuit son engagement avec la même détermination. Nous continuons à documenter les violations des droits humains, à sensibiliser les responsables politiques et les médias, à soutenir les familles des condamnés à mort et à lancer des campagnes d’urgence lorsqu’une exécution est imminente.

Car chaque mobilisation, chaque conférence, chaque rencontre avec un élu, chaque article publié et chaque campagne de sensibilisation peut contribuer à sauver une vie. Les régimes autoritaires cherchent à imposer le silence. Notre responsabilité est de faire exactement l’inverse.

Le 20 juin restera comme une date marquante pour notre association. Non pas parce qu’un rassemblement a été empêché, mais parce qu’il a démontré l’immense solidarité qui existe, en France et en Europe, envers le peuple iranien et celles et ceux qui refusent la dictature.

 

Cette solidarité est aujourd’hui plus nécessaire que jamais.

Le combat continue.

Et il a besoin de chacun d’entre nous.

Comment agir ?

Vous pouvez soutenir notre action en :

Ensemble, nous pouvons continuer à porter la voix de celles et ceux que le régime iranien tente de réduire au silence.