Cas de prisonniers politiques condamnés à mort en Iran : Ehsan Faridi, étudiant de 22 ans, menacé d’exécution

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CSDHI – Ehsan Faridi, né en 2003-2004 et étudiant en génie de production à Tabriz, a été arrêté le 18 juin 2024 alors qu’il se présentait au parquet de Tabriz. La troisième chambre du tribunal révolutionnaire de Tabriz l’a condamné à mort pour le chef d’accusation qui lui est reproché d’efsad-e fel-arz (« corruption sur Terre »). La Cour suprême a confirmé la condamnation et rejeté sa demande de réexamen. Il est détenu à la prison centrale de Tabriz et présente un risque très élevé d’exécution.

Informations essentielles sur l’affaire

Catégorie Informations
Nom complet Ehsan Faridi
Date de naissance 2003-2004 ; date exacte inconnue
Âge 22 ans selon le dernier rapport publié
Profession avant son arrestation Étudiant en génie de production, Université de Tabriz
Situation familiale Inconnue
Date et lieu de l’arrestation 18 juin 2024, parquet de Tabriz ; première arrestation le 8 mars 2024
Chefs d’accusation Efsad-e fel-arz (« corruption sur Terre ») ; les qualifications précédemment utilisées comprenaient notamment « tentative de moharebeh », moharebeh (« inimitié envers Dieu ») et propagande contre l’État
Tribunal Troisième chambre du tribunal révolutionnaire de Tabriz ; Cour suprême
Juge Hassan Fathpour ; des rapports antérieurs divergeaient quant à la chambre et au juge
Avocat Mahmoud Behzadi-Rad ; l’accès complet au dossier aurait été restreint
Condamnation Peine de mort ; confirmée par la Cour suprême ; demande de réexamen rejetée
Lieu actuel de détention Prison centrale de Tabriz

Parcours personnel et contexte

Ehsan Faridi est originaire de Tabriz et est né au cours de l’année iranienne 1382, correspondant à 2003-2004. Avant sa détention, il étudiait le génie de production à la faculté technique de l’Université de Tabriz. Il était âgé de 22 ans selon les derniers rapports disponibles, bien que sa date exacte de naissance soit inconnue.

Arrestation, procès et condamnation

Il a été arrêté une première fois le 8 mars 2024 et libéré sous caution le 18 mars. Dans le cadre de cette détention, il avait été accusé de « propagande contre l’État » et condamné à six mois de prison. Le 18 juin 2024, alors qu’il se présentait à la 15e chambre du parquet de Tabriz, Faridi a de nouveau été arrêté et transféré à la prison centrale de Tabriz.

La qualification des faits qui lui étaient reprochés a changé à différents stades de la procédure, passant de « tentative de moharebeh » et moharebeh (« inimitié envers Dieu ») à efsad-e fel-arz (« corruption sur Terre »). Les premiers rapports faisaient également état d’une prétendue appartenance à l’Organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran. Les informations publiées ultérieurement ont toutefois identifié l’efsad-e fel-arz comme fondement de la condamnation à mort.

La troisième chambre du tribunal révolutionnaire de Tabriz, présidée par le juge Hassan Fathpour, a prononcé la peine de mort. Selon son avocat, les défenseurs n’ont pas bénéficié d’un accès complet au dossier et les éléments sur lesquels repose le jugement n’ont pas été rendus publics.

La Cour suprême a confirmé la condamnation le 9 octobre 2025. Une demande ultérieure de réexamen a été rejetée. Mahmoud Behzadi-Rad a déclaré que cette demande avait été rejetée dans un délai très court.

Aucune des informations disponibles ne fait état d’un homicide intentionnel imputé à Ehsan Faridi.

Déclarations depuis la prison ou de la famille

Après une période de silence qui aurait été provoquée par des pressions des autorités de sécurité, la mère de Faridi, Parvin Hayati, a déclaré publiquement :

« Pendant deux années entières, j’ai gravi les marches du parquet et du tribunal dans la peur, dans l’espoir que l’innocence de mon fils soit établie, et je suis restée silencieuse… mais à partir d’aujourd’hui, je ne resterai plus silencieuse, car je considère que garder le silence face à l’injustice est une trahison. »

Elle a appelé l’opinion publique et les institutions internationales à agir afin de sauver la vie de son fils.

Réponse des autorités et comportement des services de l’État

Selon les informations disponibles, le service du renseignement de Tabriz aurait fait pression sur la famille afin qu’elle ne rende pas l’affaire publique.

En octobre 2025, Faridi aurait été transféré temporairement dans un centre de détention du service du renseignement avant d’être reconduit dans la section générale de la prison le 21 octobre.

Des informations font état de pressions physiques et psychologiques, de restrictions concernant l’accès à l’avocat choisi et de tentatives visant à obtenir des aveux sous la contrainte.

Des accusations de corruption et une demande de pot-de-vin auraient également été formulées à l’encontre de l’enquêteur chargé de préparer l’acte d’accusation. Celui-ci aurait ensuite été écarté de la magistrature.

Toutes ces allégations nécessitent une enquête indépendante.

Réactions de la société civile et des étudiants

Le 2 novembre 2025, 537 militants azéris engagés dans la défense des droits nationaux et civiques ont appelé à l’annulation de la condamnation à mort.

Le 8 décembre, un groupe d’étudiants de l’Université des sciences médicales de Tabriz a également exprimé son inquiétude concernant la procédure judiciaire, le rôle de l’enquêteur et le rejet rapide de la demande de réexamen.

Les documents examinés ne contiennent aucune déclaration spécifique concernant cette affaire de la part des Nations unies, de la Mission internationale indépendante d’établissement des faits ou d’Amnesty International.

Situation actuelle et risque d’exécution

Selon les dernières informations disponibles, Ehsan Faridi demeure détenu à la prison centrale de Tabriz.

La confirmation de la peine de mort par la Cour suprême et le rejet de sa demande de réexamen ont considérablement accru le risque d’exécution.

L’absence d’informations officielles transparentes concernant la mise en œuvre de la condamnation, conjuguée aux pressions qui auraient été exercées sur sa famille, rend cette affaire urgente.

Analyse au regard des droits humains et du droit à un procès équitable

Droit à la vie : l’article 6 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP) limite le recours à la peine de mort, dans les États qui ne l’ont pas abolie, aux « crimes les plus graves », entendus comme les infractions impliquant un homicide intentionnel.

Les informations disponibles ne font état d’aucun homicide intentionnel imputé à Faridi. La condamnation à mort soulève donc de graves préoccupations au regard de l’article 6.

Droit à un procès équitable : la modification répétée des chefs d’accusation, les restrictions qui auraient été imposées à l’accès des avocats au dossier, le recours à des rapports des services de sécurité non divulgués, l’absence d’éléments de preuve accessibles au public et le rejet rapide de la demande de réexamen soulèvent de graves préoccupations au regard de l’article 14 du Pacte.

Ces éléments concernent notamment le droit d’être informé de manière adéquate des charges, de disposer du temps et des moyens nécessaires à la préparation de sa défense, d’avoir effectivement accès à un avocat et d’être jugé par un tribunal indépendant et impartial.

Interdiction de la torture et des aveux obtenus sous la contrainte : les informations faisant état de pressions physiques et psychologiques, de restrictions des contacts et de tentatives visant à obtenir des aveux sous la contrainte seraient, si elles étaient confirmées, incompatibles avec l’article 7 du Pacte ainsi qu’avec l’interdiction d’utiliser des déclarations obtenues sous la contrainte.

Ces allégations doivent faire l’objet d’une enquête indépendante et toute déclaration obtenue sous la contrainte doit être exclue de la procédure.

Conclusion

Ehsan Faridi est confronté à la peine irréversible de mort malgré des chefs d’accusation qui ont évolué au cours de la procédure, des éléments de preuve non divulgués, des restrictions qui auraient été imposées à sa défense et le rejet de sa demande de réexamen.

L’absence de toute accusation d’homicide intentionnel ainsi que les graves préoccupations relatives à la procédure judiciaire exigent une suspension immédiate de toute exécution et un réexamen indépendant de l’affaire.

Appel urgent

Les organismes des Nations unies, la Mission internationale indépendante d’établissement des faits, les rapporteurs spéciaux, Amnesty International, les gouvernements et les organisations internationales de défense des droits humains sont invités à agir immédiatement afin de protéger le droit à la vie d’Ehsan Faridi ainsi que son droit à un procès équitable et d’empêcher son exécution.

  • Suspendre immédiatement toute mesure pouvant conduire à l’exécution et rendre officiellement public l’état d’avancement de la mise en œuvre de la condamnation.
  • Annuler la condamnation à mort et accorder un réexamen effectif et indépendant de l’affaire.
  • Garantir immédiatement et de manière confidentielle l’accès à l’avocat choisi ainsi qu’à l’intégralité du dossier.
  • Publier le jugement, les éléments de preuve et le fondement juridique de la condamnation, et expliquer les modifications successives des chefs d’accusation.
  • Enquêter de manière indépendante sur les allégations de torture, d’aveux obtenus sous la contrainte, de corruption judiciaire et de pressions exercées sur la famille.
  • Garantir que tout nouveau procès se déroule devant un tribunal indépendant et impartial, sans recours à la peine de mort.
  • Garantir des contacts réguliers avec la famille et le protéger contre toute pression ou tout mauvais traitement.