Majid Adineh, un philanthrope, exécuté par la République islamique d’Iran

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CSDHI – L’exécution de Majid Adineh, un manifestant arrêté lors des manifestations nationales de janvier 2026 à Mohammadshahr, à Karaj, a été confirmée.

Il a été exécuté le 23 août 2026, sous l’accusation d’« opérations bénéficiant au régime sioniste, aux États-Unis et à des groupes hostiles », en vertu de l’article 1 de la Loi portant renforcement des peines pour espionnage et coopération avec le régime sioniste et les États hostiles contre la sécurité et les intérêts nationaux.

Mais qui était Majid Adineh ?

Selon une source proche de Majid Adineh, celui-ci était depuis de nombreuses années un bienfaiteur et un défenseur des enfants et des familles défavorisés. Son dossier judiciaire était marqué par d’importantes ambiguïtés concernant les éléments de preuve ; il a été soumis à la torture et sa famille n’a été informée de son exécution que quelques heures avant celle-ci.

Dans un témoignage écrit consacré à Majid Adineh, une personne qui le connaissait rapporte notamment les éléments suivants :

  • Vingt années consacrées à la philanthropie au service des enfants et des familles vulnérables :

Majid a consacré 20 années de sa vie au soutien des orphelins, des enfants issus de familles dysfonctionnelles, des familles démunies et des personnes sans domicile. Il a d’abord fondé l’institution « Fadak » dans la région de Sarasiab, à Fardis, puis l’association caritative « Abshar-e Sabz-e Atefeha » (« Cascade verte de l’affection ») à Mohammadshahr, en utilisant ses fonds personnels. Soutenues par plusieurs donateurs, ces organisations apportaient à environ 50 familles de la nourriture, des fournitures scolaires et les produits de première nécessité. Par ailleurs, Majid a organisé et financé, à deux reprises, des cérémonies de mariage pour un total de 10 couples en situation de handicap et atteints de trisomie 21, dans le but de favoriser leur inclusion sociale et d’aider des couples à faibles revenus à commencer leur vie commune.

  • Des cours éducatifs, artistiques et sportifs pour les enfants :

Au sein des institutions qu’il soutenait, Majid organisait différents cours extrascolaires pour les enfants, notamment des cours de langues étrangères, de soutien scolaire, de sport, de natation, d’informatique, de peinture, de théâtre, de récitation du Shahnameh, ainsi que de guitare, de santour et de daf. Par ailleurs, grâce à la coordination avec un bienfaiteur installé aux États-Unis, les enfants admis dans des formations médicales ou paramédicales bénéficiaient d’une prise en charge financière complète de leurs études supérieures.

C’est le véritable portrait de Majid Adineh : un philanthrope exécuté par la République islamique d’Iran.

Arrestation arbitraire, menaces contre sa famille et torture en détention

Majid avait participé aux manifestations populaires du 9 janvier 2026 et avait été arrêté le 10 janvier. Les agents de sécurité ont saisi une scie électrique — entreposée dans le local de son association caritative pour des travaux de jardinage — ainsi qu’une arme à feu lui appartenant, présentée comme élément de preuve dans le dossier, alors même que cette arme n’avait jamais été utilisée ni tirée. Sa famille a souligné que Majid ne disposait d’aucun véhicule le 9 janvier, ce qui rendait matériellement impossible le transport d’outils lourds, tels qu’une tronçonneuse, vers les lieux de manifestation.

Après son arrestation, la famille de Majid a fait l’objet de harcèlement et de menaces continus de la part des forces de sécurité, limitant fortement la possibilité de rendre publiquement compte de sa situation. Pendant sa détention, Majid a été soumis à de graves actes de torture physique, qui lui ont causé d’importantes blessures à l’épaule.

Graves violations des droits humains et du droit iranien

Bien que Majid Adineh ait bénéficié de l’assistance d’un avocat, sa famille n’a été informée de la décision définitive de l’exécuter que le matin même de son exécution. Cette notification de dernière minute a considérablement réduit la possibilité pour sa famille et son avocat d’engager des recours urgents ou de demander la suspension de l’exécution.

Le prononcé et l’exécution de la peine de mort contre Majid Adineh constituent une violation manifeste tant du droit iranien que des obligations juridiques internationales de l’Iran :

  • Du point de vue du droit interne :

Au regard du droit national, les allégations de torture, les ambiguïtés entourant les éléments de preuve du dossier et les interrogations concernant le plein respect des droits de la défense sont notamment pertinentes au regard des articles 37 (présomption d’innocence), 38 (interdiction de la torture) et 39 (interdiction de porter atteinte à la dignité des personnes détenues et des prisonniers) de la Constitution de la République islamique d’Iran.

  • Du point de vue du droit international :

L’exécution d’une personne à l’issue d’une procédure judiciaire entachée d’allégations crédibles de torture, d’aveux forcés et de restrictions sévères à l’exercice effectif des droits de la défense constitue une violation directe des articles 6 (droit à la vie), 7 (interdiction de la torture et des traitements inhumains), 9 (interdiction de la détention arbitraire) et 14 (droit à un procès équitable) du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP), auquel l’Iran est partie.

Conclusion

L’exécution de Majid Adineh, prononcée sur la base d’accusations liées à la sécurité nationale, est intervenue dans un contexte marqué par de graves préoccupations concernant l’intégrité de la procédure judiciaire, des éléments de preuve potentiellement fabriqués, une procédure entachée par la torture, la suppression de l’information à la famille et un déni complet des garanties d’une procédure régulière. Son cas illustre de manière particulièrement frappante les préoccupations internationales plus larges concernant le recours à la peine de mort par l’État contre des manifestants et des personnes poursuivies dans des affaires liées à la sécurité en Iran.

En conséquence, nous appelons le Rapporteur spécial des Nations unies sur la situation des droits de l’homme en République islamique d’Iran, le Rapporteur spécial des Nations unies sur les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires, le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme ainsi que les mécanismes internationaux de défense des droits humains à ouvrir une enquête indépendante sur le cas de Majid Adineh et à exiger que toute la lumière soit faite sur sa détention, son procès et son exécution.

Nous exhortons également les gouvernements étrangers et les organisations internationales à faire du droit à la vie, de l’arrêt immédiat des exécutions liées aux manifestations, du respect des normes relatives à un procès équitable et de la mise en place de mécanismes structurels de responsabilisation concernant les violations des droits humains des priorités dans l’ensemble de leurs engagements diplomatiques et politiques avec la République islamique d’Iran. La documentation minutieuse de tels cas et l’engagement de poursuites au niveau international demeurent des étapes essentielles pour prévenir de futures violations, protéger le droit à la vie et faire respecter la justice internationale.