Le régime iranien intensifie la répression : 65 prisonniers du soulèvement de janvier détenus dans des conditions inhumaines, tandis que 23 personnes sont exécutées en quatre jours

le-regime-iranien-intensifie-la-repression-iran-csdhi

CSDHI – Les prisonniers politiques sont confrontés à la surpopulation carcérale, au refus d’accès à un avocat, à des soins médicaux insuffisants et à des condamnations à mort, tandis que le régime iranien intensifie la répression et exécute 23 prisonniers en seulement quatre jours.

Le régime iranien intensifie la répression contre les manifestants et les prisonniers politiques, combinant des conditions de détention particulièrement difficiles, le déni de droits juridiques fondamentaux et une vague d’exécutions qui s’accélère rapidement.

À la prison de Ghezel Hesar, 65 détenus arrêtés dans le cadre du soulèvement de janvier seraient détenus dans des conditions inhumaines au quartier 37, unité 3. Dans le même temps, le régime a exécuté 23 prisonniers à travers l’Iran au cours des quatre premiers jours de Shahrivar, du 23 au 26 août — soit une moyenne de près d’une exécution toutes les quatre heures.

Pris dans leur ensemble, ces développements témoignent d’une politique systématique d’intimidation et de répression visant à contenir la colère croissante de la population et à empêcher la reprise de manifestations nationales.

65 prisonniers du soulèvement de janvier détenus dans des conditions inhumaines

Les 65 prisonniers du soulèvement de janvier détenus au quartier 37, unité 3 de la prison de Ghezel Hesar seraient incarcérés dans des conditions dépassant largement les capacités d’accueil de l’établissement.

La grave surpopulation prive les prisonniers de conditions de vie élémentaires adéquates. Ils seraient également privés de soins médicaux essentiels, ce qui aggrave encore les conditions déjà difficiles à l’intérieur de la prison.

Les détenus se voient refuser l’accès à un avocat, tandis que même les procédures judiciaires ordinaires seraient, selon les informations disponibles, ignorées dans leurs dossiers. La situation est particulièrement alarmante car plusieurs de ces prisonniers encourent la peine de mort.

Les 65 prisonniers qui seraient détenus dans cette unité sont :

Yaser Rezaeifar, Shahab Zohdi, Abbas Jalili, Amir Tahamtan Arashi, Hossein Amiri, Amir Abbasi, Mohammad Reza Avazi, Seyyed Morteza Haj-Aghamiri, Navid Taherianpour Judi, Mohammad Reza Mohammadi, Shayan Zahrabi, Seyyed Masoud Mahmoudi, Faramarz Asiabi, Barsham Parvati, Mohsen Rezaeizadeh, Behnam Yaser, Salar Jalilvand, Hassan Khedmati, Amir Hossein Taherzadeh, Mohammad Reza Doroudian, Mehran Yaghoubi, Mojtaba Nazari, Houshmand Elyasvand, Yousef Jalili, Fazel Moradi, Fazel Mousapour, Abolfazl Akhavan Estanjin, Reza Ebrahimi Moghaddam, Bijan Aghaei, Ali Allahverdi, Abdolreza Sajedi, Omid Sabili, Jamshid Ebrahim-Doust, Mohammad Moazzami, Ali Shahriari Aghbolagh, Mehrdad Kazem Haghighi, Saeed Safari, Mohsen Afshari, Saber Yousefzadeh, Siavash Nazarpour, Ali Asghar Karimi, Omid Ali Teymouri, Hojjat Ramezani, Seyyed Ali Mirmohammad, Masoud Ghandrou, Mohammad Maskani, Abolfazl Habibollahi, Kamran Fathi, Mohammad Allahdini, Morteza Mohammadi Pouyani, Hossein Esmailzadeh, Ahmad Reza Abbasi, Hossein Shabani, Reza Noorollahi, Amir Abbas Moradi, Saeed Jadidi, Seyran Shabani, Mohammad Reza Tabari, Kamran Vakil, Mohammad Reza Feiz-Faraji, Keyvan Vahedi, Mohammad Mehdi Dalakabadi, Sadegh Hosseini, Morteza Kangarloo et Amir Ali Hosseini.

Les conditions rapportées sont d’autant plus préoccupantes que le régime continue de recourir à la peine de mort contre des manifestants et des prisonniers politiques.

23 exécutions en quatre jours

La situation à Ghezel Hesar intervient alors qu’une nouvelle vague d’exécutions se déroule dans tout l’Iran.

Au cours des quatre premiers jours de Shahrivar — du 23 au 26 août — le régime a exécuté 23 prisonniers, dont trois femmes. Le rythme atteint près d’une exécution toutes les quatre heures.

Le mercredi 26 août, trois prisonniers ont été exécutés : Mostafa Vosoughi à la prison centrale de Khorramabad, ainsi que Masoud Hemmati et Esmail Ajami à la prison centrale de Sari.

Le mardi 25 août, six prisonniers ont été exécutés. Parmi eux figuraient deux frères, Saeed et Hamid Najafi, à la prison de Ghezel Hesar ; Zahra Azizpour et Hedayat Jamalzadeh à la prison de Lakan, à Rasht ; Ali Asghar Salarzehi à la prison centrale de Yazd ; et Omid (Ali Akbar) Shahoozehi à la prison centrale de Zahedan.

Le lundi 24 août, six prisonniers ont été exécutés : Arezoo Rastad, 23 ans, Saleh Zeidabadi, son neveu Meraat Zeidabadi, et Amir Danaei à Ispahan ; Bahram Keshavarzi à Chiraz ; et un prisonnier identifié sous le nom de Mosayeb à la prison de Mashhad.

Le dimanche 23 août, outre le prisonnier du soulèvement de janvier Majid Adineh, sept autres prisonniers ont été exécutés : Fatemeh Kamal-Zare à Karaj, Ardalan Sabzi à Maku, Mohammad Ali Kafashi et Hamed Emami à Semnan, Mahmoud Talebi et Hossein Hesari à la prison de Vakilabad, à Mashhad, et Navid Mohammadpour à la prison centrale de Dehdasht.

L’exécution de Majid Adineh est particulièrement significative car elle établit un lien direct entre la dernière vague d’exécutions et le traitement réservé par le régime aux personnes arrêtées lors du soulèvement de janvier.

Les exécutions comme instrument de répression politique

La combinaison des arrestations massives, des conditions de détention dégradantes, du refus de représentation juridique, des condamnations à mort et de l’accélération des exécutions constitue bien davantage qu’une série de violations isolées au sein du système carcéral iranien.

Le régime a régulièrement utilisé les exécutions comme un instrument destiné à instaurer la peur. En condamnant des manifestants à mort et en procédant à des exécutions dans un contexte de mécontentement social généralisé, il cherche à augmenter le coût de la contestation et à dissuader la population de descendre dans la rue.

Le traitement réservé aux 65 prisonniers du soulèvement de janvier illustre l’autre aspect de cette même stratégie. Maintenir un grand nombre de détenus dans des conditions de surpopulation et d’insuffisance médicale, tout en limitant leur accès aux avocats et aux garanties d’une procédure régulière, soumet les prisonniers à une pression considérable et rend particulièrement vulnérables ceux qui encourent la peine de mort.

Le moment choisi est également significatif. Alors que les difficultés économiques et les revendications sociales continuent d’alimenter la colère de la population, le recours du régime aux exécutions et à la répression semble destiné à empêcher cette colère de se transformer en un nouveau soulèvement national.

Une action internationale est urgente

La Résistance iranienne a de nouveau appelé à l’envoi d’une mission internationale d’établissement des faits dans les prisons du régime et à des rencontres avec les prisonniers politiques et les manifestants détenus, en particulier ceux incarcérés dans l’unité 3 de la prison de Ghezel Hesar.

Elle a également appelé à une action internationale immédiate afin de mettre fin aux condamnations à mort et d’obtenir la libération des prisonniers politiques.

La communauté internationale et les organismes des Nations unies devraient enquêter d’urgence sur les conditions de détention des détenus et des prisonniers menacés d’exécution et exiger l’accès aux prisons iraniennes pour des observateurs indépendants.

L’accélération du rythme des exécutions rend une telle action de plus en plus urgente. Vingt-trois exécutions en seulement quatre jours, auxquelles s’ajoutent les informations faisant état de 65 prisonniers du soulèvement de janvier détenus dans des conditions inhumaines, témoignent de l’ampleur de la répression.

Pour le régime, les exécutions et les abus commis dans les prisons servent le même objectif : instaurer la peur dans une société où la colère de la population continue de croître.

Pour la communauté internationale, le message devrait être tout aussi clair. Les relations avec un régime qui entretient un vaste appareil d’exécution et de répression ne peuvent être considérées comme une affaire courante alors que des manifestants et des prisonniers politiques restent exposés à la torture, aux condamnations à mort et à l’exécution.