CSDHI – Les autorités iraniennes ciblent les artistes, les écrivains et les poètes dans le cadre d’une répression qui s’intensifie
Ces dernières semaines, des acteurs du monde culturel ont été arbitrairement arrêtés, détenus au secret, poursuivis en justice et emprisonnés pour des chansons, des poèmes, des peintures, des livres, des activités sur les réseaux sociaux et d’autres formes d’expression pacifique. Ces personnes sont prises dans un système où les accusations liées à la sécurité nationale, les détentions prolongées, les aveux extorqués sous la contrainte et les procès simulacres peuvent avoir des conséquences catastrophiques.
La répression est particulièrement intense parmi les membres des communautés ethniques iraniennes, notamment les Arabes ahwazis, les Kurdes et les Lors, dont l’expression culturelle constitue souvent un moyen pacifique d’évoquer les problèmes auxquels ces communautés marginalisées sont confrontées depuis longtemps.
Certaines personnes ont même été arrêtées pour des œuvres ayant reçu une autorisation officielle. Les forces de sécurité ont perquisitionné des domiciles sans mandat et emmené des personnes vers des lieux tenus secrets, laissant leurs familles sans information sur leur lieu de détention ou leur situation.
« Ces arrestations doivent être comprises comme faisant partie d’une campagne de répression plus vaste et de plus en plus violente en Iran, qui vise à réduire la dissidence au silence et à intimider des communautés entières », a déclaré Esfandiar Aban, directeur de la recherche au Centre pour les droits humains en Iran (CHRI).
« Lorsqu’un artiste, un poète ou un militant culturel est arrêté pour une chanson, un poème ou une peinture, il est livré à un système judiciaire dans lequel les accusations liées à la sécurité nationale peuvent conduire à la torture, à des aveux forcés, à des procès simulacres et à des années d’emprisonnement, voire, dans certains cas, à la peine de mort. »
« Pour les membres des communautés ethniques marginalisées d’Iran, l’expression culturelle est souvent indissociable de la possibilité de parler des discriminations, de la pauvreté et des conditions de vie de leurs communautés », a poursuivi Esfandiar Aban. « Les autorités le savent. Elles veulent supprimer les moyens pacifiques par lesquels des communautés entières peuvent exprimer leurs revendications, à un moment où le gouvernement répond à la dissidence par une force extraordinaire. »
Principales conclusions
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L’expression culturelle est criminalisée. Les tribunaux utilisent des chansons, des poèmes, des livres et des peintures comme éléments à charge dans des affaires liées à la sécurité nationale.
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Les œuvres littéraires et artistiques sont sanctionnées par des peines d’emprisonnement, des flagellations, des interdictions de voyager et des restrictions à l’exercice d’activités artistiques.
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Les autorités recourent aux détentions arbitraires et au secret. Des arrestations ont lieu sans mandat, des domiciles sont perquisitionnés et des effets personnels sont confisqués.
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Une autorisation officielle n’offre aucune protection. Des personnes ayant obtenu l’autorisation du ministère de la Culture et de l’Orientation islamique ont malgré tout été ciblées par les autorités des Gardiens de la révolution islamique (CGRI).
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Les communautés ethniques sont ciblées. Les affaires recensées concernent des militants culturels arabes ahwazis, kurdes et lors, notamment dans des régions marginalisées comme le Khouzistan et le Kurdistan.
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Les artistes sont également sanctionnés pénalement pour avoir enfreint des restrictions fondées sur le genre.
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La répression ne se limite pas aux artistes connus. Les autorités s’en prennent aussi à de petits groupes littéraires, à des clubs de lecture, à des cercles de poésie et de musique, à des initiatives de promotion des langues maternelles et à d’autres activités locales.
« Les autorités iraniennes ont montré à maintes reprises comment une affaire politique ou culturelle pouvait être transformée en poursuites pour atteinte à la sécurité nationale », a déclaré Esfandiar Aban. « Compte tenu du recours de l’Iran à des sanctions draconiennes contre les personnes condamnées pour des motifs politiques, la communauté internationale ne doit pas attendre qu’elles sortent de détention après avoir subi des aveux forcés et des condamnations prononcées à l’issue de procès simulacres pour agir. »
Le CHRI appelle les gouvernements et les organismes des Nations unies à :
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Exiger la libération immédiate des personnes emprisonnées pour avoir exercé leur liberté d’expression et la communication du lieu de détention ainsi que de la situation juridique de toutes les personnes détenues.
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Soulever directement les cas individuels auprès des autorités iraniennes et par l’intermédiaire de déclarations des ministères des Affaires étrangères et des missions diplomatiques.
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Veiller à ce que les préoccupations relatives aux droits humains soient soulevées lors de tous les échanges bilatéraux avec l’Iran.
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Imposer des sanctions ciblées aux responsables impliqués dans les détentions arbitraires et la répression de la liberté d’expression.
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Exiger la fin des châtiments corporels, notamment de la flagellation.
Des artistes, poètes et militants culturels arabes arrêtés pour une chanson
Ces dernières semaines, plusieurs militants culturels de différentes villes de la province du Khouzistan ont été arrêtés par les services de renseignement des Gardiens de la révolution islamique (les pasdarans), tandis que d’autres ont été convoqués par les autorités judiciaires. Le lieu de détention et la situation de plusieurs d’entre eux restent inconnus.
Les informations recueillies par le CHRI indiquent que plusieurs de ces militants culturels et artistes ont été arrêtés dans le cadre d’une même affaire portant sur la création et l’interprétation d’une chanson, puis sa publication sur YouTube, alors même qu’ils disposaient d’une autorisation légale.
Mehdi Naseri, responsable de l’Association de poésie arabe du comté de Shush, et Aref Naseri, militant culturel, ont été
dans le cadre de l’affaire liée à la chanson Du Karoun à l’olivier, produite avec l’autorisation officielle du département de la Culture et de l’Orientation islamique d’Ahvaz.
Après sa publication sur YouTube, les services de renseignement des pasdarans sont intervenus et ont fait retirer la chanson. Ses interprètes, Hossein Ahvazi et Mehdi Zaeri, ont également été convoqués et menacés.
Mohammad Kaabi, également connu sous le nom d’« Abu Idris », et Mehdi Khaledi, cinéaste arabe et militant culturel originaire de Shushtar, ont eux aussi été arrêtés dans le cadre de cette affaire.
Source : « Ce comportement découle de la crainte des autorités de voir éclater des manifestations, en particulier dans les régions défavorisées et parmi les citoyens économiquement vulnérables. »
Selon la source qui s’est entretenue avec le CHRI, les agents du renseignement des pasdarans ont minutieusement fouillé le domicile de Mehdi Naseri lors de son arrestation, traumatisant les membres de sa famille et ses enfants.
La source a ajouté que les militants culturels et les artistes concernés avaient toujours mené leurs activités avec une autorisation officielle et n’étaient pas des artistes clandestins.
« Concernant les militants culturels qui ont été arrêtés ou convoqués dans cette affaire, il est important de souligner qu’ils ont toujours exercé leurs activités avec une autorisation officielle. Autrement dit, ce n’étaient pas des artistes clandestins. Comme d’habitude, ils avaient obtenu l’autorisation du ministère de la Culture et de l’Orientation islamique pour produire et diffuser cette chanson.
« Lors d’une réunion, des responsables du ministère avaient insisté pour que les paroles évoquent directement la Palestine. Bien que ces personnes aient effectivement abordé la question palestinienne dans leur texte, la chanson portait avant tout sur les problèmes et les difficultés auxquels sont confrontés les habitants du Khouzistan. C’est ce qui a poussé les autorités à agir.
« Presque toutes les personnes ayant participé à la création et à la production de cette œuvre ont été arrêtées. Même la personne qui avait filmé la vidéo a été arrêtée et, à ce jour, nous ne disposons d’aucune information sur le lieu où elles sont détenues. Les familles de ces personnes subissent également des pressions et des menaces. Beaucoup d’entre elles, même lorsqu’elles disposent d’informations, n’ont jusqu’à présent rien révélé. »
La source a expliqué que la chanson critiquait explicitement la situation existante, ce que les institutions gouvernementales et les services de sécurité jugent inacceptable. Elle a ajouté que les arrestations de militants culturels au Khouzistan, notamment dans les petites villes économiquement défavorisées de la province, continuaient de se multiplier.
« Ces opérations de répression et ces arrestations ont considérablement augmenté dans les petites villes. Cela s’explique par l’influence de ces activités sur la population, qui inquiète les autorités. Le nombre d’arrestations, particulièrement ces derniers mois, a augmenté dans toutes les catégories de la société. Ce comportement découle de la crainte des autorités de voir éclater des manifestations, en particulier dans les régions défavorisées et parmi les citoyens économiquement vulnérables.
« Dans un contexte de conditions économiques extrêmement difficiles et de problèmes généralisés de subsistance, le risque de manifestations populaires est important, notamment dans les villes frontalières et les régions touchées par la guerre. C’est pourquoi la répression brutale de la population, en particulier celle des minorités arabes, comme les militants qui ont été arrêtés, s’est intensifiée. Dans la chanson en question, par exemple, ils critiquent ouvertement la situation, ce qui est totalement inacceptable pour les autorités gouvernementales et les services de sécurité. »
Décrivant les activités culturelles des minorités arabes dans le sud de l’Iran et les petites villes, la source a ajouté :
« Les petits clubs de lecture, les groupes de musique, de poésie et de littérature, ainsi que les groupes pratiquant des activités religieuses, notamment les groupes religieux sunnites, font l’objet d’une surveillance et d’une répression étendues. De nombreuses personnes engagées dans la promotion de leur langue maternelle ont également subi des pressions et des menaces ces derniers mois. Cette situation perdure dans ces régions, en particulier pour les citoyens sunnites. »
Un militant culturel arabe arrêté sans mandat et détenu au secret
Le 26 septembre 2026, Asad Halfi, un militant culturel arabe de 37 ans, a été arrêté après une perquisition de son domicile par les forces de sécurité, dans le quartier de Goldasht à Ahvaz. Il a ensuite été transféré vers un lieu tenu secret.
Selon l’Organisation des droits humains du Karoun, des agents du renseignement des CGRI sont arrivés à son domicile vers 4 heures du matin, sans présenter de mandat. Ils sont entrés dans la maison, ont fouillé les lieux et confisqué des effets personnels avant de l’arrêter.
Asad Halfi est marié et père de deux enfants. Il a auparavant dirigé le studio Qaisar et travaillé dans la photographie et la réalisation cinématographique. Il avait déjà été arrêté environ neuf ans plus tôt en raison de ses activités culturelles et avait passé un certain temps en détention.
Après sa libération sous caution, il avait poursuivi ses activités de manière indépendante, mais n’avait plus mené d’activités formelles ces dernières années.
À la date de publication, les autorités n’avaient fourni aucune information sur les motifs de son arrestation, les éventuelles charges retenues contre lui ou le lieu où il était détenu.
Un écrivain condamné à quatre ans et huit mois de prison pour ses activités sur Instagram
Le 14 septembre 2026, Nima Saffar, poète et écrivain originaire de Gorgan, déjà arrêté par le passé en raison de ses activités, a été condamné par contumace par la première chambre du tribunal révolutionnaire de Bandar Abbas à quatre ans et huit mois d’emprisonnement.
Aux termes du jugement, il a été condamné à huit mois de prison pour « propagande contre l’État » et à quatre ans pour « participation à des activités éducatives ou promotion d’activités déviantes ou contraires à la loi sacrée de l’islam ».
Une source bien informée a déclaré à HRANA que les activités de Saffar en ligne, notamment le fait de suivre certaines pages ou d’aimer des publications, avaient été citées dans le dossier constitué contre lui.
Selon cette source, l’affaire portait également sur la gestion par Saffar d’une page Instagram liée à une personne poursuivie pour des motifs politiques à Bandar Abbas.
Nima Saffar a un long passé d’arrestations liées à ses écrits et à son militantisme, qui remonte à 2012.
Un poète condamné à une peine de prison pour ses activités dans les médias
Le 6 septembre 2026, Vahid Alizadeh Razazi, poète et traducteur, a été convoqué à la prison du Grand Téhéran afin de commencer à purger une peine de 75 jours d’emprisonnement discrétionnaire.
Cette convocation lui a été notifiée après qu’il s’est présenté devant la première chambre du bureau d’exécution des peines pénales du parquet général et révolutionnaire du 33e arrondissement, Shahid Moghaddas.
Alizadeh Razazi avait déjà été arrêté par les forces de sécurité pendant la guerre, le 23 mars 2026. Il avait passé environ un mois à l’isolement avant d’être temporairement libéré sous caution.
Les forces de sécurité avaient également perquisitionné son domicile et confisqué des effets personnels ainsi que des appareils électroniques.
À la fin du mois de juillet, la 23e chambre du tribunal révolutionnaire de Téhéran l’a condamné à 75 jours de prison et à une interdiction de trois ans d’exercer des activités dans les médias et sur les réseaux sociaux. Les chefs d’accusation retenus étaient « atteinte à la sécurité nationale » et « trouble de l’opinion publique ».
Parmi les œuvres publiées par Alizadeh Razazi figurent le recueil de poésie Je suis un Esfandi et S’il vous plaît, brûlez-moi comme de la rue sauvage !. Il a également traduit en persan Le Gaucho insupportable, de l’écrivain chilien Roberto Bolaño.
Un écrivain condamné à plus de quatre ans de prison pour ses écrits
Le 2 septembre 2026, Rouzbeh Gilasian, écrivain originaire de Gorgan, a été condamné par la première chambre du tribunal révolutionnaire de Bandar Abbas à quatre ans et huit mois de prison.
Le tribunal l’a condamné à huit mois d’emprisonnement pour « propagande contre l’État » et à quatre ans pour « participation à des activités éducatives ou promotion d’activités déviantes ou contraires à la loi sacrée de l’islam ».
Parmi les éléments retenus contre lui figurait la gestion d’une chaîne Telegram comptant environ 100 membres, sur laquelle il partageait plusieurs de ses livres et écrits publiés.
Une source bien informée a déclaré à HRANA :
« Plusieurs citoyens de Bandar Abbas ont été arrêtés à la suite de la guerre de douze jours. Au cours des procédures engagées dans leurs affaires, le nom et les écrits de M. Gilasian ont attiré l’attention des services de sécurité. Il a ensuite été arrêté à son tour et inculpé en lien avec les activités de cette chaîne et ses œuvres. »
Rouzbeh Gilasian avait déjà été emprisonné et poursuivi en justice en raison de ses écrits. Il avait été arrêté par les forces de sécurité à Gorgan en août 2025, puis libéré sous caution.
Un militant littéraire et culturel kurde arrêté sans mandat et détenu au secret
Le 23 septembre 2026, Yousef Rahimi, militant littéraire et culturel et responsable de l’Association culturelle et littéraire Hajeh à Baneh, a été arrêté dans une rue de Baneh, dans la province du Kurdistan, par des agents du ministère du Renseignement. L’arrestation a eu lieu sans mandat.
Les agents ont également perquisitionné le domicile familial et saisi plusieurs effets personnels.
À la date de publication, aucune information n’était disponible sur les raisons de l’arrestation de Yousef Rahimi, les charges retenues contre lui ou le lieu de sa détention.
Un peintre de 66 ans condamné à une peine de prison pour ses tableaux et ses publications critiques
Rahim Molaeian, peintre et sculpteur de 66 ans originaire de Babol, dans la province du Mazandaran, a été condamné le 13 septembre 2026 à six mois de prison par la première chambre du tribunal révolutionnaire de Babol pour « propagande contre l’État ».
Selon les informations rapportées, les autorités ont retenu ses tableaux et ses publications critiques sur Instagram comme éléments à charge.
En mai 2026, les forces de sécurité avaient fouillé son bureau, son atelier et son domicile, et saisi 28 de ses tableaux pendant 48 heures. Elles l’avaient également interrogé à trois reprises, chaque séance durant quatre heures.
La cour d’appel confirme une peine de 74 coups de fouet contre une chanteuse ayant chanté seule sans voile
À la fin du mois de septembre, une cour d’appel de la ville de Qom a confirmé la peine de flagellation prononcée contre Parastoo Ahmadi, chanteuse iranienne, ainsi que contre huit membres de son équipe de production et musiciens, à la suite d’un concert virtuel devenu viral au cours duquel la chanteuse s’était produite sans porter le voile obligatoire.
En Iran, les femmes n’ont pas le droit de chanter en solo et sont tenues de respecter le code vestimentaire obligatoire.
En juin 2026, le tribunal pénal de la province de Qom les avait condamnés à 74 coups de fouet, à une interdiction de voyager à l’étranger pendant deux ans et à une interdiction d’exercer des activités artistiques pendant deux ans.
Les accusations portées contre les prévenus comprenaient notamment le fait d’avoir « porté atteinte à la décence publique par la production et la publication de contenus vulgaires et immoraux sur des plateformes du cyberespace ».
L’affaire remonte à une performance organisée en décembre 2024, au cours de laquelle Parastoo Ahmadi et plusieurs musiciens avaient donné un concert symbolique retransmis en direct, sans public, au caravansérail de Deir Gachin, à Qom.
Après que la vidéo a enregistré des millions de vues sur YouTube, les autorités ont brièvement arrêté Parastoo Ahmadi et plusieurs membres de son groupe, puis ouvert une procédure judiciaire à leur encontre.
Une artiste arrêtée et transférée à la prison d’Adelabad
Sheida Saberi, artiste originaire de Yasuj et résidant à Chiraz, a été arrêtée par des agents de la police de sécurité le 20 septembre 2026, puis transférée à la prison d’Adelabad.
À la date de ce rapport, aucune information n’avait été communiquée sur les raisons de son arrestation ou les accusations portées contre elle.
Sheida Saberi avait déjà été arrêtée et poursuivie en justice en raison de ses activités pacifiques. Le 8 octobre 2022, pendant les manifestations nationales du mouvement « Femme, Vie, Liberté », elle avait été arrêtée par les forces de sécurité à Yasuj, puis libérée sous caution.
« Ces affaires ne sont que des points d’entrée dans un système beaucoup plus vaste de répression étatique violente », a déclaré Esfandiar Aban, du CHRI.
« Les autorités iraniennes utilisent les arrestations, les interrogatoires, la détention, les poursuites judiciaires et l’emprisonnement pour intimider des communautés entières et les réduire au silence. La répression culturelle devient de plus en plus un instrument d’une campagne étatique beaucoup plus large visant à empêcher les Iraniens de parler de la réalité qu’ils vivent. »


